Une solide entame collective

Le Tour des Alpes, anciennement connu sous l’appellation de Tour du Trentin, a débuté ce lundi avec un premier acte très indécis vers San Martino di Castrozza. Au bout du profil très escarpé proposé, le peloton s’est au final fait piéger par Geoffrey Bouchard, ultime rescapé de l’échappée matinale. Michael Storer (9e) a lui été le premier des cinq coureurs de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ encore présents dans le groupe des favoris à franchir la ligne. Mardi, deux grands cols jalonneront la deuxième étape.

Ce n’est assurément pas la journée qui devait engendrer le plus de dégâts, mais la première étape du Tour des Alpes était bien celle qui comportait le plus de dénivelé positif de la semaine. Les coureurs présents au départ de Cles devaient ainsi s’en coltiner près de 3700 pour rejoindre San Martino di Castrozza, 160 kilomètres plus loin. À la suite d’une belle lutte sur les vingt premiers kilomètres, sept coureurs ont pu se glisser dans l’échappée du jour. Mieux que ça, Geoffrey Bouchard (AG2R-Citroën), Ben Zwiehoff (Bora-hansgrohe), Vinicius Rangel (Movistar), Mattia Bais (Drone Hopper-Androni Giocattoli), Asier Etxebarria (Euskaltel-Euskadi) et Emanuel Zangerle (Tirol-KTM) ont très vite disposé d’un matelas très confortable de huit minutes. « On voulait être vigilants en début de course. On savait que l’échappée avait une petite chance le premier jour car tout le monde allait se regarder dans un premier temps, indiquait Thierry Bricaud. Si on avait pu la prendre, on l’aurait prise, mais ça l’a pas fait. Et puis, sur une première étape d’une course aussi difficile, il est aussi compliqué de s’engager pleinement avec ce qui arrive derrière. Par la suite, on a complètement laissé la main car nous n’avons pas les grands favoris pour le général ». L’organisation de la chasse n’a donc pas été des plus promptes au sein du peloton, et son intensité n’a pas non plus été des plus fulgurantes. Si bien qu’au moment d’entamer la longue ascension en deux temps du Passo Brocon, à la mi-course, les fuyards comptabilisaient encore près de six minutes d’avance. L’écart s’est certes aminci au fil des kilomètres, mais il demeurait de 3’30 au sommet, soit à 45 kilomètres du but. Vingt bornes plus loin, Geoffrey Bouchard basculait en solitaire après la dernière montée répertoriée avec un avantage toujours supérieur aux deux minutes. 

« On y verra déjà plus clair demain », Thierry Bricaud

Dans le final, quelques formations ont tenté d’unir leurs forces pour boucher l’écart sur l’homme de tête, et des attaques sont même survenues dans une petite côte à trois kilomètres de l’arrivée. « On savait que ça allait bouger, il fallait être attentif, et c’est ce qu’a très bien fait Michael, ajoutait Thierry. Il était vigilant au cas où ça ressorte pour la gagne. Ça n’a pas suffi, mais c’était bien dans l’esprit ». Au final, Geoffrey Bouchard est parvenu à conserver une légère avance sur la ligne pour l’emporter, alors que Michael Storer et Attila Valter se sont respectivement octroyés les neuvième et dix-septième places à cinq secondes. Thibaut Pinot (21e), Reuben Thompson (37e) et Lenny Martinez (39e) ont terminé dans leur sillage, à neuf secondes. « Dans les derniers kilomètres, j’ai pu suivre le rythme dans la montée raide, ce qui m’a permis de sprinter pour une bonne place, relatait Michael. Je ne suis malheureusement pas le plus rapide donc neuvième était le mieux que je pouvais faire. On essaiera de saisir d’autres opportunités dans les jours à venir ». « Les mecs qui sont là ont des vraies qualités de grimpeurs, donc ce n’est pas étonnant de les voir présents devant, jugeait Thierry. Je pense même qu’on aurait pu en avoir six si Matteo n’avait pas été dans une mauvaise journée. Nous avons de bons grimpeurs sur cette épreuve, mais il y a aussi une belle concurrence et ça ne sera à coup sûr pas simple d’aller chercher une étape. Bouchard a montré l’exemple aujourd’hui, à nous de le suivre. Les jeunes de la Conti étaient à Liège il y a deux jours, ont fait le voyage hier et ont dû trouver leurs repères aujourd’hui. Ils n’étaient pas dans une journée exceptionnelle mais ils étaient quand même là. Thibaut se cherche lui encore un peu après ses mésaventures sur le Circuit de la Sarthe. Demain, le départ se fera au pied d’un col et on y verra déjà un peu plus clair. Il est possible qu’on retrouve une échappée avec pas mal de favoris au sommet de la première bosse. Il y a vraiment un beau terrain de jeu ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr