Entradas

Arnaud Démare déjà tout proche de la victoire d’étape

Le troisième acte du Tour d’Italie 2022, le dernier sur le seul hongrois, constituait le premier grand objectif de l’épreuve pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. Arnaud Démare pouvait ainsi compter sur le soutien de l’ensemble de ses coéquipiers pour ce qui devait être un sprint massif à Balatonfüred. Au terme d’une très longue journée, le train s’est donc mis en place pour le Picard, qui a réussi à se faire sa place dans l’emballage et qui n’a, finalement, été devancé sur la ligne que par Mark Cavendish. Le parfum de la victoire se fait déjà sentir. 

Pour les véritables sprinteurs, le Giro débutait réellement ce dimanche, à l’occasion de la dernière journée de course en Hongrie, avant de rejoindre la Sicile lundi. La troisième étape, sans difficultés et longue de 201 kilomètres, était supposée se terminer par un emballage royal. Le peloton n’a qui plus est pas été mis en difficulté par l’échappée du jour, constituée après cinquante mètres de course par trois coureurs transalpins : Mattia Bais, Filippo Tagliani (Drone Hopper-Androni Giocattoli) et Samuele Rivi (Eolo-Kometa). Leur avantage a certes flirté avec les six minutes mais a très rapidement été contenu. Après soixante-dix kilomètres, Arnaud Démare est aussi allé se mêler au sprint intermédiaire, dont il a pris la cinquième place. Quelques minutes plus tard, son coéquipier Clément Davy s’est positionné en tête de peloton pour participer à la poursuite derrière le trio de tête. Une position que le Mayennais a tenu pendant plus de cent kilomètres. Lorsque Bais et Rivi, les derniers rescapés de l’échappée, ont été revus à trente bornes du terme, le jeune Français figurait encore en tête du train Groupama-FDJ. « Clément a fait un très bon travail à la poursuite des échappés, et il s’est également bien accroché dans le final, jusqu’à l’unique bosse répertoriée »indiquait Sébastien Joly.Dans les dix derniers kilomètres, il a alors cédé sa place à Attila Valter, encore une fois acclamé tout au long de la journée. « J’ai beaucoup souri aujourd’hui et j’ai beaucoup profité de cette étape, commentait l’ancien maillot rose. Je pense que c’était une très belle journée pour clôturer cette parenthèse hongroise qui m’a offert les meilleurs souvenirs de ma vie »« Il fallait aussi qu’Attila se reconcentre sur la course, c’était important pour le collectif, pointait Sébastien. On est huit au départ et on a besoin des huit. Il était bien dans le match et il nous a permis de soulager un peu les équipiers et le train dans le final ». 

« Un départ convenable », Arnaud Démare

Pendant une poignée de kilomètres, le héros national a ainsi permis à Arnaud Démare et ses lanceurs de demeurer aux avant-postes du peloton. Tobias Ludvigsson a par la suite pris le relais jusqu’aux quatre derniers kilomètres, où la tension est montée d’un cran. « Ça allait très vite, et on s’y attendait cartout le monde était très frais, relatait alors Arnaud. Notre placement était bon, mais il était difficile de rester ensemble.J’ai perdu les gars à un peu plus d’un kilomètre, mais j’ai réussi à revenir dans la roue de Jacopo à environ 600 mètres. J’ai vu le train avec Cavendish passer, et j’ai fait le forcing pour me jeter dans sa roue. J’étais vraiment content de pouvoir être là ». L’ancien champion de France s’est donc retrouvé en très bonne posture avant le sprint final, déclenché justement par le Britannique à environ 250 mètres de la ligne. « Il lancé fort, de loin, et a il tenu longtemps, expliquait Arnaud. C’était impressionnant. Il n’y avait pas grand-chose à faire. J’ai tout de suite lancé mon sprint à côté de lui, mais avec le recul, je pense que j’aurais dû rester un peu dans la roue et attendre le dernier moment pour essayer de passer ».Si le sprinteur de la Groupama-FDJ n’a donc pu remonter à la hauteur de Cavendish, vainqueur, il n’a toutefois vu personne le passer non plus. C’est donc une solide deuxième place qui a ouvert le Giro d’Arnaud Démare et de ses collègues. « Je suis quand même déçu, je suis là pour gagner, confiait-il à l’arrivée, mais il y a plein d’autres opportunités qui arrivent.Ça reste un départ convenable pour l’équipe. Physiquement, ça va bien, il ne me manque pas grand-chose. Les gars ont fait du bon boulot, il faut encore ajuster le timing et rester ensemble. On fait deuxième, ça aurait pu être pire, ça aurait pu être mieux aussi, mais au moins ça lance vraiment le Giro »« Il y a eu des bonnes choses, d’autres un peu moins bonnesmais qui peuvent aussi s’expliquer, concluaitSébastien Joly. L’enseignement de la journée est qu’on est dans le match. On peut gagner, mais il va falloir améliorer quelques petites choses. On ne peut pas dire qu’on estsatisfaits ce soir, car on est là pour gagner ».

« La meilleure expérience de ma vie », Attila Valter

Pour Attila Valter, c’est une parenthèse enchantée qui s’est refermée ce dimanche, et le jeune Hongrois n’était pas avare de superlatifs pour relater son expérience sur ses terres. « Ces trois jours ont été incroyables, c‘est à coup sûr l’une des semaines les plus mémorables de ma vie, glissait-il avec émotion. Cela équivaut largement les trois jours en rose de l’an passé. C’était peut-être une sensation encore plus belle. Aujourd’hui, on m’a encore énormément encouragé, encore plus que lorsque j’avais le maillot rose l’an dernier. C’était tout simplement incroyable. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour que les gens m’aiment autant, mais j’en suis vraiment heureux. Quand je repenserai à cette semaine à l’avenir, ce sera avec beaucoup de fierté. Ce pays a vraiment montré qu’il était prêt pour le cyclisme. Il y avait vraiment beaucoup de monde, beaucoup plus que ce qu’on voit habituellement sur le Giro. Tous les autres coureurs du peloton étaient vraiment contentsNous avons montré que ce beau pays était vraiment un super endroit pour faire du vélo. Je ne sais plus quoi dire, c’était vraiment la meilleure expérience de ma vie. Je porterai ce souvenir tout au long de ma carrière. J’espère vraiment ressentir cela à nouveau dans ma vie. Si ce n’est pas le cas, je m’y ferai, car ce n’est pas quelque chose qui arrive à tout le monde. C’est avec un énorme sourire que je m’envolerai vers la Sicile ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

La confiance, ça fait tout

Impliqué dans la grosse chute survenue dans le sprint de la première étape des 4 Jours de Dunkerque, Stanislaw Aniolkowski a, malgré ses brûlures, continué à y croire. Il lui a manqué quelques centimètres pour remporter son premier succès de la saison vendredi, dans la quatrième étape remportée par Lionel Taminiaux.

Stan Aniolkowski. « Je me sentais déjà très bien dans le sprint de la première étape mais, malheureusement, j’ai été enfermé à 150 mètres de la ligne d’arrivée; j’ai toutefois pu relancer… avant de chuter lourdement. Le lendemain n’a pas été une trop mauvaise journée, même si je ressentais encore les séquelles de la chute de la veille, après une assez mauvaise nuit à cause des brûlures. Mais j’ai continué à y croire et l’équipe m’a fait entière confiance, ça fait beaucoup! Vendredi, nous avons donné le maximum et je remercie mes co-équipiers pour leur travail,, notamment Ludovic Robeet qui a pris une nouvelle fois l’échappée. Je sens que nous progressons de jour en jour. Je suis passé tout près de la première place à Aire-sur-La-Lys. Vendredi, c’était l’anniversaire de notre manager, Christophe Brandt, et nous voulions lui faire un beau cadeau. »

Résultats des 4 Jours de Dunkerque

 

— eric to www.wbca.be

« Juste besoin que tout s’aligne »

Maillon historique et indispensable du train d’Arnaud Démare, Ramon Sinkeldam sera tout naturellement aux côtés de l’ancien champion de France, vendredi, au départ du premier Grand Tour de la saison. Sur le Giro, le Néerlandais et ses compères n’ont qu’une envie. Celle de retrouver, par l’intermédiaire du leader picard, le chemin d’une victoire qui leur échappe depuis le début d’année, sans que cela n’ait toutefois affecté leur confiance ou leur détermination.

Ramon, comment te sens-tu à l’approche de ce Giro 2022 ?

Physiquement, je ressentais encore un peu de fatigue en début de semaine suite à notre stage en altitude. Je me suis également entraîné dur le week-end dernier, mais j’ai pu profiter de quelques jours de récupération depuis et je devrais être complètement opérationnel pour le début du Giro. Tout le monde dans l’équipe est impatient d’y être, car le début de saison n’a pas été à la hauteur de ce que nous souhaitions, de nos objectifs. On doit, et on veut, performer et gagner. Il y a de l’excitation, comme toujours avant un Grand Tour, mais aussi un peu de nervosité car nous avons des objectifs à remplir. Je pense que c’est l’état d’esprit de chacun.

« C’était du boulot, pas des vacances »

Si l’on se remémore le retentissant Giro 2020 de l’équipe, quel souvenir en gardes-tu ?

D’un point de vue personnel, ça a été l’une de mes plus grandes déceptions. J’ai souffert de problèmes d’estomac avant et pendant le Giro, et cela a affecté ma capacité de récupération. Je m’étais reposé avant la course, et je me sentais fort et en forme, mais étant donné que je ne récupérais pas de mes efforts, j’ai vite plongé. Arnaud gagnait, l’équipe était super, pendant que je luttais avec moi-même. C’était vraiment frustrant. Bien sûr que tu es heureux pour tes coéquipiers, mais d’un autre côté, tu sais que tu es inutile. C’était un moment difficile pour moi, même si les gars étaient désolés pour moi et ne me reprochaient absolument rien. J’ai disputé quelques Grands Tours où j’ai pu accomplir beaucoup de choses avec mon équipe, mais sur ce Giro 2020, toute l’équipe marchait fort, sauf moi. Cela me laisse un goût d’inachevé.

Quel objectif vous êtes-vous fixé sur le Giro à venir ?

Il nous faut au moins gagner une étape, mais en même temps, il n’y a que quatre véritables étapes de sprint. On n’a pas huit chances comme cela peut être le cas d’autres années. C’est un Giro difficile pour les sprinteurs, selon moi. Il y a, il est vrai, quelques étapes difficiles où un sprint est possible, mais ce sera le cas avec un peloton bien réduit. Je pense qu’Arnaud sera assez fort pour être là, mais moi sans doute pas. Pour le train en lui-même, il faudra tout donner sur ces quatre vrais sprints attendus.

Tu as passé deux semaines avec Arnaud sur l’Etna. C’était comment ?

Il n’y avait effectivement qu’Arnaud et moi. Miles est tombé malade avant, et Kono a fait un stage en altitude en Sierra Nevada. Sur l’Etna, nous avions aussi avec nous un entraîneur, un kiné et un nutritionniste pendant cinq jours. C’était un stage très réduit. C’est clairement différent que lorsqu’on se retrouve à trente pendant l’hiver à Calpe. On en a bien profité néanmoins, et on savait pourquoi on était là. On s’est entraînés tout autour de l’Etna, mais on dormait au sommet, là où sera d’ailleurs jugée l’arrivée de mardi. On a fait beaucoup de dénivelé, des efforts soutenus, des sprints… L’entraînement sur le plat n’est pas vraiment possible là-bas, mais je pense que nous avons réalisé un bon programme complet. On était vraiment concentrés sur l’entraînement. L’ambiance était très bonne, mais c’était du boulot, pas des vacances. Quand tu es deux semaines au sommet d’une montagne où il n’y a rien à faire, et sans ta famille, ce n’est clairement pas pour te détendre.

« On n’a jamais été super bons tous ensemble, le même jour »

Travail était donc le maître mot…

L’objectif de ce stage en altitude était d’être aussi prêt que possible physiquement pour le Giro. Je pense que désormais, on a besoin de ce genre de stage pour arriver en forme. Le niveau est d’ailleurs si élevé que tout le monde le fait. Si on n’y va pas, on prend du retard. On attend maintenant d’en voir les effets. Lundi, je ne me sentais pas extrêmement frais, mais un repos de quatre jours devrait suffire pour retrouver la bonne stimulation. On dit que ça survient généralement une semaine environ après le stage.  

Que peux-tu nous dire sur le début de saison du groupe sprint autour d’Arnaud ?

Je ne dirais pas que c’était un signal d’alarme au printemps, car cela voudrait dire qu’on dormait. Ce n’était pas le cas. Simplement, nous n’avons pas réussi à gagner des courses comme on aurait dû le faire. Toute la saison printanière a été assez frustrante pour nous. On sait qu’on est capables de gagner, il n’y a pas de débat de ce point de vue. On n’a ni perdu la foi, ni la confiance. Cela n’a juste pas fonctionné comme on l’aurait souhaité. Peut-être que nous n’avons pas été assez agressifs à certains moments, mais cela se joue aussi à de si petits détails dans le final des courses… Il faut que tout s’aligne au bon moment.

Quels étaient ces petits détails ?

On sait de quoi on est capables, et de quoi Arnaud est capable, mais on sait aussi comment il doit être emmené pour s’exprimer pleinement. De fait, on ne peut pas le lâcher à deux kilomètres de l’arrivée, lui souhaiter bonne chance et s’attendre à ce qu’il gagne. Nous avons besoin que le travail collectif soit parfait pour viser la victoire. Cela dépendait donc aussi de nous, et nous n’étions pas toujours à la hauteur. Parfois, j’étais super bon, et certains gars ne l’étaient pas. Parfois, les autres gars étaient super bons, et c’est moi qui les laissais tomber… On n’a jamais été super bons tous ensemble, le même jour. Chaque fois, nous avons commis une petite erreur, et le niveau est maintenant si élevé qu’une petite erreur est déjà une erreur de trop. La seule fois où l’on a emmené parfaitement, c’était sur Tirreno-Adriatico, et Arnaud a été battu par Caleb Ewan. On peut être battu par plus rapide ou plus fort à l’arrivée, ça arrive. Cependant, notre objectif est de le mettre dans la meilleure position possible. Si on n’y parvient pas, alors notre travail n’est pas bien fait. Si on le place dans la meilleure position et qu’il ne gagne pas, on peut malgré tout être satisfaits de notre travail.

« Nous sommes tous convaincus que nous pouvons le faire »

Comment le groupe va-t-il renverser la vapeur ?

On a parlé de ce qui n’a pas marché, et je pense qu’on le fera à nouveau dans les prochains jours afin que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Ceci étant, je crois qu’en parler sans cesse ne résout rien. On n’a pas besoin d’une spirale négative qui nous rabaisse… On a juste besoin que tout s’aligne, et cela peut arriver sur n’importe quelle étape. Si Arnaud avait remporté le sprint contre Ewan, la roue aurait pu tourner. Et de la même manière si je n’avais pas fait d’erreur dans l’un ou l’autre final sur Tirreno. Chaque course est une nouvelle opportunité. On a juste besoin de retrouver la bonne dynamique.

L’expérience aide-t-elle dans ce type de situation ?

Complètement. J’ai vu passer une statistique la semaine dernière qui faisait état que j’avais, dans ma carrière, participé à cent victoires au sprint, et Jacopo également. Évidemment, nous en avons perdu beaucoup également, mais on a pris part à tellement de finals et de préparations de sprints… Cela ne veut pas dire qu’on est assurés de gagner de nouveau, mais cela montre quand même qu’on s’y connait un peu en la matière. Et je ne compte même pas le nombre de sprints qu’Arnaud a gagnés dans sa vie. Comme je l’ai dit, nous sommes pleinement focalisés sur le Giro. Nous avons coché les étapes que nous voulons gagner, et on doit y parvenir ! C’est aussi simple que ça. Nous sommes tous convaincus que nous pouvons le faire dans les prochaines semaines.

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr