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Giro d’Italia (4) : Rein Taaramäe et Quinten Hermans assurent le show

Au lendemain d’une journée historique pour Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, le Tour d’Italie (2.UWT) reprenait ses droits avec une quatrième étape qui, comme la veille, a pris son départ dans des conditions dantesques, sous la pluie. Le peloton du Giro n’allait pas encore se rendre dans la haute montagne ce mardi, mais les 187 kilomètres entre Piacenza et Sestola avaient de quoi enclencher la bagarre pour le classement général.

Les 70 premiers kilomètres traversant Pontenure, Parme et Ciano D’Enza étaient dépourvus d’obstacles, en revanche la deuxième moitié du parcours affichait de nombreuses ascensions, seules trois étant répertoriées au classement de la montagne. Le sommet de la dernière montée, le Colle Passerino (4,3 km à 9,5%), trônait à un peu moins de 2 kilomètres de l’arrivée. 

Immédiatement après le départ officiel, le Belge Quinten Hermans faisait connaître ses intentions de faire la course. En duo avec Campenaerts (Qhubeka), il bataillera pendant une trentaine de kilomètres pour se détacher. Les deux hommes seront rejoints dans leur initiative par 23 autres coureurs, dont l’Estonien Rein Taaramäe, et l’échappée définitive avait pris forme. Pour la deuxième journée consécutive, les hommes de Valerio Piva et Steven De Neef assuraient la présence de l’équipe Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux à l’avant sur ce Tour d’Italie. 

Arrivés à la première ascension répertoriée de Castello di Carpenti (3 km à 7,8%), les hommes de tête comptaient près de 6 minutes d’avance. Taaramäe jouait les points au classement de la montagne, à la lutte avec Gavazzi (EOLO), coéquipier du détenteur du maillot bleu Albanese. Passé deuxième au sommet, l’Estonien marquait 4 points avant de s’engager dans la longue descente menant vers la vallée de Ponte Secchia. Il restait alors 70 kilomètres à parcourir.

C’est à ce moment précis que Hermans et Taaramäe ont pris les devants. Suivis par Juul Jensen (Bike-Exchange), les deux héros du jour se sont livrés corps et âme pour forcer la décision. Ils ont rapidement creusé sur la poursuite, comptant jusqu’à 2 minutes au moment d’aborder la montée raide de Montemolino (2 km à 11%), située à 40 kilomètres de l’arrivée. Hermans lâchait prise devant après s’être admirablement sacrifié pour son coéquipier. Taaramäe, vainqueur d’étape en 2016, marquait 9 autres points au classement de la montagne au sommet.

L’espoir d’une victoire d’étape était maintenant joint par l’espoir d’un maillot rose. Le déficit du peloton était de 5 minutes alors que l’on entrait dans les 30 derniers kilomètres de cette étape. À 53 secondes de Ganna (INEOS) au général, l’Estonien recevait finalement l’aide de Juul, mais l’écart avec les poursuivants restait aux alentours de la minute. 

C’est avec cette avance que les hommes de tête ont abordé la dernière ascension. Mais les 4 kilomètres à 10% de pente moyenne se sont révélés fatals à Taaramäe, qui sera repris par la poursuite à 4 kilomètres de l’arrivée. Il terminera neuvième de l’étape remportée par Dombrowski (UAE), au bout de 5 heures de combat sous la pluie. 

Rein Taaramäe :
«Quinten Hermans était très fort aujourd’hui, et avec lui nous étions dans une physionomie idéale dans l’échappée. À deux, nous avons attaqué au sommet du Castello di Carpineti, car l’idée était de provoquer la décision de loin sachant que le reste de l’étape n’avait plus aucune portion de plat. On a maintenu le rythme le plus possible, dans l’optique d’une victoire d’étape voire du maillot rose. J’ai certes manqué de peu la récompense mais j’ai récolté de précieux points au classement de la montagne, qui pourrait devenir un objectif. J’ai apprécié cette journée, et ce mauvais temps n’était pas pour me déplaire car j’adore la pluie. Mais ce que j’aime c’est me montrer offensif. Ce n’est que partie remise.”
  
Valerio Piva :
« Nous avions convenu de miser sur Rein Taaramäe et Quinten Hermans pour espérer intégrer une grosse échappée. Quinten est finalement celui qui a allumé la mèche. Rein était très attentif et il a su accrocher le bon coup. Ils se sentaient forts, et à 70 kilomètres ils se sont engagés dans un raid impressionnant. Dans les montées, Rein faisait forte impression et il semblait notre meilleur atout pour l’étape. Quinten s’est alors sacrifié de manière admirable, laissant de côté ses ambitions personnelles au profit du bien de l’équipe. Ce genre d’effort, qui prône l’altruisme au calcul individuel, me rend particulièrement fier. Notre équipe est unie autour du même objectif, celui d’honorer nos couleurs et de le faire avec l’esprit combatif. Et c’est dans cet esprit que Rein s’est battu jusqu’à l’arrivée. Nous avons tenté, et nous tenterons encore.  »

Etape 4 :
1. Joe Dombrowski
2. Alessandro De Marchi +13
3. Filippo Fiorelli +27
9. Rein Taaramäe +1:33
47. Jan Hirt +5:20
85. Andrea Pasqualon +13:55
87. Simone Petilli  
101. Quinten Hermans +18:07
159. Wesley Kreder +23:06
160. Taco van der Hoorn
174. Riccardo Minali 

Classement général provisoire :
1. Alessandro De Marchi
2. Joe Dombrowski +22
3. Louis Vervaeke +42
14. Rein Taaramäe +1:47
43. Jan Hirt +5:49
81. Andrea Pasqualon +14:22
87. Quinten Hermans +18:20  
115. Taco van der Hoorn +23:34
123. Simone Petilli +24:00
172. Wesley Kreder +37:53
179. Riccardo Minali +41:34

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