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Jake Stewart encore sur le podium !

Les week-ends se suivent et se ressemblent pour Jake Stewart. Une semaine après deux troisièmes places sur les 4 Jours de Dunkerque, le jeune Britannique est de nouveau monté sur la boîte ce samedi, en Bretagne cette fois-ci. Sur le Grand Prix du Morbihan, huitième manche de la Coupe de France FDJ, il s’est montré parmi les plus forts dans un final pour costauds à Grand-Champ. Sur la ligne, il n’a été devancé que par Julien Simon, victorieux après avoir anticipé, et Alexander Kristoff. Il disposera d’une nouvelle occasion de briller ce dimanche sur les ribinoù du Tro Bro Leon. 

Sous un grand soleil, la Coupe de France de cyclisme reprenait ses droits ce samedi pour un week-end 100% breton. Avant d’aller affronter les chemins empierrés dimanche, les coureurs avaient donc rendez-vous sur le circuit bien connu de Grand-Champ pour le Grand Prix du Morbihan. Le final s’annonçait musclé, mais le scénario a lui été limpide :Samuel Leroux (Go Sport-Roubaix Lille Métropole), Jesse De Rooij (Bike Aid), Peio Goikoetxea (Euskaltel-Euskadi), Carson Miles (Premier Tech U23 Cycling Project), Paul Hennequin (Nice Métropole Côte d’Azur) et Alex Jaime Fernandez (Equipo Kern Pharma) ont immédiatement pris le large. « Ils sont partis à six après la première accélération et il n’y a pas eu de réaction du peloton, indiquait Marc Madiot, à la tête des troupes. Deux-trois équipes ont par la suite pris le contrôle du peloton et c’est progressivement revenu à l’approche du circuit final ». L’avantage de l’échappée a atteint un maximum de six minutes, mais était ramené à deux minutes à l’entame du second « grand tour » de circuit autour de Grand-Champ, à 80 kilomètres du terme. Quelques minutes plus tard, la course s’est relancée dans cette phase de transition avant les sept circuits « locaux », longs de huit kilomètres. « On n’a pas spécialement bougé, assurait Marc, mais on suivait les coups ». La donne a légèrement évoluépuisque l’échappée matinale a été avalée dans la première boucle du circuit final, et un nouveau duo s’est isolé en tête : Harrison Sweeny (Lotto-Soudal) et Ivo Oliveira (UAE Team Emirates). C’est alors derrière ces deux hommes que le peloton s’est organisé en chasse. « Ça a été une course en mode rouleau-compresseur toute la journée, expliquait encore Marc. Ça s’est surtout écrémé par l’arrière ». 

« Je suis dans une bonne phase », Jake Stewart

Dans la dernière heure de course, l’échappée a compté jusqu’à une minute d’avance mais le paquet est toujours resté à portée de fusil. Matthieu Ladagnous a notamment contribué à la chasse, tandis que ses coéquipiers Eddy Le Huitouze et Anthony Roux n’ont pas été des plus vernis. « Ils ont chuté à environ quarante kilomètres et se sont retrouvés hors-jeu, précisait Marc. Anthony est d’ailleurs bien amoché et il y a un point d’interrogation pour demain ». Réduite à quatre unités, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est recentrée sur son puncheur anglais. « À 35-40 kilomètres, ils m’ont dit qu’ils misaient tout sur Jakeet c’est ce qu’ils ont fait », glissait Marc. Après avoir laissé la main à d’autres en poursuite, le groupe est parfaitement remonté dans le dernier tour de circuit. C’est même elle qui a mis un terme définitif à l’échappée peu après la flamme rouge. « C’était une très belle course, mais c’était aussi vraiment dur dans le final, racontait Jake. On a patienté pour le sprintOn avait reconnu l’arrivée hier et j’avais pu constater que c’était le type de final qui me convenait bienL’équipe était très forte, Lada et Sam ont bien travaillé jusqu’au dernier kilomètre puis Bram m’a bienemmené jusqu’à 500 mètres de l’arrivée ». Dans cette arrivée en côte d’un kilomètre à 4% de moyenne, le jeune Britannique a donc été idéalement positionné. Presque trop. « Au final, on était devant un peu tôt, ajoutait Jake. J’ai attendu trop longtemps pour sprinter et Julien Simon a anticipé sur la droite à 400 mètres. On a un peu hésité derrière et j’ai ensuite disputé le sprint aux côtés de Kristoff »

Piégé pour la victoire, Jake Stewart s’est alors battu pour accrocher une solide troisième place. « C’est un bon résultat, mais on préfère toujours gagner, soufflait-il. C’est dommage mais j’engrange encore de la confiance après cette course. La condition est bonne, j’ai bien récupéré depuis Dunkerque et ilest clair que je suis dans une bonne phase. J’ai hâte d’être au Tro Bro Leon demain »« Simon est bien sorti, il a bien anticipé et on fait deuxième derrière Kristoff. On n’a pas de quoi rougir, c’est très correct, mais j’espère qu’on fera encore mieux demain », concluait Marc.

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Jake Stewart meilleur jeune et sur le podium final

Les 4 Jours de Dunkerque sont arrivés à leur terme ce dimanche, à Dunkerque justement, mais au bout de six joursde course, de manière moins évidente. C’est un sprint massif qui a bouclé cette semaine de compétition dans le Nord, et Jake Stewart s’est montré un peu court dans l’emballage final au lendemain de sa belle étape vers Cassel. Le Britannique, dixième du jour, n’a donc pu récolter de bonifications, se contentant de fait d’une très bonne troisième place au classement général, agrémentée du maillot blanc de meilleur jeune. 

Pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, la course se jouait en partie dès les quarante premiers kilomètres ce dimanche, dans la sixième et dernière étape des 4 Jours de Dunkerque. Les hommes de Frédéric Guesdon lorgnaient en effet les sprints bonifications situés après vingt-six et quarante-un kilomètres.« J’étais juste à cinq secondes du leader au départ ce matin,rappelait Jake Stewart. On savait que jétais plus rapide que mes deux principaux concurrentson voulait donc tenter le coup »« On avait prévu de faire les bonifs, c’était l’idée au départ, affirmait son directeur sportif, mais on s’est fait un peu piéger. Un groupe de quatre est parti, on a relancé derrière mais certains ont fait la cassureFabian s’est retrouvé avec six coureurs en têteSon groupe s’est bien entendu même si lui ne roulait pas, et ceux qui ont voulu boucher le trou dans le peloton n’ont pas réussi On craignait aussi un peu la deuxième partie de course, qui se disputait sur des portions découvertes, donc on ne voulait pas tout donner dans la première partie pour se faire contrerensuiteOn a alors laissé faire en espérant que la course se relance pour pouvoir disputer la dernière bonification, qui était à l’entrée du circuit de Dunkerque. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme ça ». Par conséquent, sans le vouloir, Fabian Lienhard a accompagné ce qui s’est avérée être l’échappée du jour. L’avance de celle-ci a atteint un maximum de trois minutes, mais à l’entrée sur le circuit final, à soixante-dix kilomètres de l’arrivée, le peloton n’était déjà plus qu’à une minute. 

« Ça me donne confiance pour la suite », Jake Stewart

Les formations intéressées par le sprint final se sont ainsi organisées au fil des tours pour revoir l’échappée. Fabian Lienhard a capitulé à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée alors que les deux derniers rescapés du jour ont rendu les armes à neuf kilomètres du but, au son de cloche indiquant le dernier tour. La Groupama-FDJ s’est alors remise en ordre de marche autour de Jake Stewart, et le train est parfaitement remonté à cinq bornes du terme. « Bram a bien compris que la priorité était que Jake essaie de faire premier ou deuxième, prenne des bonifications, et remporte le général, relatait Frédéric. Malheureusement, ils se sont un petit peu perdus dans le dernier kilomètre et Jake ressentait un peu la fatigue d’hier. Il n’avait pas les jambes pour faire podiumaujourd’hui, mais ils ont quand même fait le maximum, il n’y a donc pas spécialement de regrets ». Malgré un solide travail de Bram Welten dans les derniers hectomètres, le Britannique n’a pu faire mieux que dixième d’un sprint remporté par Gerben Thijssen. « La journée ne s’est pas forcément déroulée comme on l’espérait, mais je me ressentais un peu de ma chute d’hier, commentait Jake. J’étais en bonne position dans le sprint final, j’ai été bien emmené, mais je n’avais pas les jambes pour conclure ». Ce dimanche soir, la troisième place du général suffisait donc amplement à son bonheur. « Je suis content de m’être prouvé que j’avais de nouveau le niveau, soufflait Jake. Après tout ce qui m’est arrivéc’est une bonne chose de revenir au niveau qui est le mienFaire podium sur ma deuxième course de l’année, c’est pas malC’était une très bonne semaine pour moi, j’ai beaucoup travaillé pour revenir, et c’est rassurant de voir que ça paie. Cela me donne confiance pour la suite, et je vais avoir beaucoup d’opportunités dans le mois à venir. Je suis très impatient »« On aurait aimé ramener une victoire d’étape, mais c’est tout de même un bilan plutôt positif avec ce podium au général et le maillot blanc de Jake, ponctuait Frédéric. Samuel s’est aussi montré, on avait un effectif jeune mais qui a répondu présent. C’était une bonne semaine au global ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Jake Stewart sur le podium à Cassel après une belle course d’équipe

L’Équipe cycliste Groupama-FDJ a fait le show, ce samedi, sur l’étape reine des 4 Jours de Dunkerque, en direction du célèbre Mont Cassel. Constamment à l’offensive dans la deuxième partie de course, elle a cette fois-ci été récompensée par le beau finish de Jake Stewart. Le jeune Britannique s’est ainsi octroyé la troisième place du jour, au terme d’un dernier kilomètre serré, et en profite pour remonter sur le podium du classement général à la veille de l’arrivée finale.

Malgré un sacré morceau au programme des cent derniers kilomètres de l’étape du jour, avec pas moins de seize montées autour de Cassel, le départ a été relativement dynamique ce samedi à l’occasion du cinquième acte des 4 Jours de Dunkerque. Il a ainsi fallu attendre une vingtaine de kilomètres pour voir enfin l’échappée se former autour de six hommes, les suivants : Max Poole (DSM), Maurice Ballerstedt (Alpecin-Fenix), Louis Blouwe (Bingoal Pauwels Sauces WB), Andrea Mifsud (Nice Métropole Côte d’Azur), Léo Danès (Team U Nantes Atlantique) et Alex Colman (Sport Vlaanderen-Baloise). Le peloton a tranquillement laissé faire dans un premier temps en leur accordant plus de cinq minutes d’avance. L’ambiance a toutefois drastiquement changé à l’approche du circuit final de Cassel, abordé après environ soixante-dix kilomètres de course. « La pluie s’est invitée sur les premiers tours, racontait Frédéric Guesdon. J’avais dit aux gars de courir devant. C’est crucial sur un circuit comme celui-là, avec les pavés. L’expérience de Matthieu a alors parlé. Dans le deuxième tour, il était bien placé avec Jake, et ils ont fait une descente rapide. Ça n’a pas suivi, ils se sont alors retrouvés avec seulement deux coureurs d’Alpecin-Fenix et se sont tout de suite entendus. Pour nous, ça commençait bien. On en avait deux devant, dont Jake en vue du général. On avait un coup d’avance dans le cas où un groupe ressortait ». Le quatuor issu du peloton a ainsi parfaitement collaboré et a d’abord rejoint l’échappée matinale à environ soixante kilomètres du terme. Le peloton pointait alors à 1’30.

« Plus dans la tête que dans les jambes », Jake Stewart

« Malheureusement, Jake est tombé un peu plus tard, et ça a un peu changé nos plans », reprenait Frédéric. Après une glissade dans un virage mouillé, le Britannique a en effet dû abandonner sa place à l’avant. « En me relevant, je savais qu’il serait compliqué de revenir seul sur l’échappée, commentait l’Anglais. Je ne me suis pas affolé, j’ai pris mon temps, j’ai vérifié que tout allait bien et j’ai attendu le peloton. Je suis resté calme et j’ai essayé de refaire le plein d’énergie. On était quand même dans une bonne situation dans le peloton. En ayant Matthieu devant, on pouvait en profiter et rester tranquilles, sans avoir à chasser ». Pour autant, Jake Stewart mais aussi Sam Watson et Laurence Pithie n’ont pas compté leurs efforts pour couvrir leur coéquipier tricolore. « Jake est resté dans le match et a été super, tout comme Sam, reprenait Frédéric. Les gars ont sauté sur tout ce qui bougeait, peut-être parfois trop. Je craignais un peu qu’on se fasse contrer dans le final, mais ils ont réussi à être présents tout du long ». Grâce au travail de neutralisation des jeunes pousses de la Groupama-FDJ, le groupe de tête comprenant Matthieu Ladagnous a même pu flirter avec les deux minutes d’avance à trente kilomètres du terme. À la faveur des différentes bosses, l’écart s’est toutefois réduit à quarante secondes à vingt bornes de l’arrivée. De nouvelles attaques ont émané du peloton, et Sam Watson a parfaitement accompagné celle de Dimitri Claeys (Intermarché-Wanty Gobert). Le duo s’est isolé et a rejoint ce qu’il restait de l’échappée à tout juste dix kilomètres du but.

Matthieu Ladagnous s’est alors sacrifié pour son jeune coéquipier qui a filé seul quelques instants plus tard, dans l’avant-dernière ascension du jour. Le peloton, bien que réduit à peau de chagrin, ne pointait toutefois qu’une dizaine de secondes derrière. Le jeune Britannique a bataillé, mais n’a pu empêcher le regroupement final à trois kilomètres du terme, au pied de la dernière montée – pavée – du Mont Cassel. « Il nous restait alors une carte, Jake, et il a parfaitement assumé », lançait Fred. « Je savais que ça pouvait se regrouper, donc j’ai tout fait pour être en bonne position pour jouer le final, expliquait le Britannique. J’avais mal aux jambes au pied de la dernière montée, mais ça se jouait plus dans la tête que dans les jambes à ce stade. Je me suis simplement dit que j’étais capable de le faire ». Parfaitement dans le rythme sur les premiers hectomètres de montée, le Britannique était au premier rang pour voir les choses se décanter à 1,5 kilomètre de l’arrivée. « J’ai essayé de suivre Gilbert, mais je n’ai pas pu répondre à son attaque et quelques mecs m’ont dépassé, reprenait Jake. Une fois au sommet, je savais que je devais tout mettre pour essayer de revenir. J’y suis presque parvenu, mais il y avait juste une ou deux secondes de trop… J’ai réussi à revenir pour prendre la troisième place et empocher des bonifications pour le général, mais ça aurait été bien de pouvoir vraiment jouer la victoire. Si je n’avais pas brièvement hésité au sommet, j’aurais peut-être pu le faire ».

« On aurait signé de suite », Frédéric Guesdon

Malgré un retour tonitruant dans le dernier kilomètre, le jeune Britannique a été devancé de très peu sur la ligne par Gianni Vermeersch et Oliver Naesen, devant donc se contenter de la troisième place. « Il avait fait beaucoup d’efforts auparavant, je me suis dit que ça n’allait pas être évident de suivre, mais si, il a parfaitement assumé son rôle, saluait Frédéric. Cela prouve qu’il marche bien. Il ne manque pas grand-chose pour gagner, mais il manque quelque chose. C’est une journée positive. On avait toujours un coup d’avance, et c’est ce qu’on souhaitait. Même si on savait que Jake et Sam pouvaient accompagner sur le final, on voulait être offensifs et ne pas avoir de regrets. Toute l’équipe a fait une belle course, Jake termine tout de même troisième et il ne faut pas oublier d’où il revient. Il commence à peine sa saison. Si on nous avait dit au départ qu’il viendrait faire troisième à Cassel et serait troisième du général à la veille de la dernière étape, en étant toujours en capacité de gagner l’épreuve, on aurait signé de suite. Il faut voir le positif et continuer dans ce sens. On n’a peut-être pas gagné aujourd’hui, mais les 4 Jours de Dunkerque ne sont pas finis non plus… » À la veille de l’arrivée, Jake Stewart a donc grimpé au troisième rang du général, à simplement cinq secondes du maillot rose Philippe Gilbert. Tout reste encore à faire, mais le Britannique avait quoi qu’il en soit de quoi être satisfait. « Ma forme est bonne, j’ai travaillé dur après ma maladie, concluait-il. J’avais coché l’étape du jour depuis quelque temps, et j’aurai encore d’autres opportunités de lever les mains ces prochaines semaines. Ces derniers jours de course m’ont en tout cas donné confiance ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Thibaut Pinot termine sur une très bonne note

Le Tour de Romandie 2022 s’est refermé ce dimanche après-midi à l’issue d’un contre-la-montre en bosse entre Aigle et Villars. Sur les quinze kilomètres du tracé, dont dix d’ascension, Thibaut Pinot a signé une très belle performance pour venir clôturer sa semaine de course. Le grimpeur franc-comtois a ainsi pris la sixième place de l’épreuve chronométrée, remontant par la même occasion à la treizième place du classement général remporté par Aleksandr Vlasov. Dans ce dernier jour de course, Sébastien Reichenbach a lui glissé au quinzième rang du classement.

« Ça donne beaucoup d’envie », Thibaut Pinot

C’était une deuxième arrivée au sommet consécutive qui était au programme du Tour de Romandie, ce dimanche, en guise de clôture de l’épreuve. Cette fois-ci, en revanche, c’est en solitaire que les coureurs devaient la rejoindre, après quinze kilomètres de course, dont dix de montée à 8% de pente moyenne, vers la commune de Villars. Ce chrono en bosse devait ainsi établir la hiérarchie finale au classement général, mais il était aussi un bon test à affronter pour Thibaut Pinot. Après Anthony Roux, Matteo Badilatti, et Quentin Pacher, mais avant les deux hommes les mieux placés au général, Rudy Molard et Sébastien Reichenbach, c’est donc le coureur de Melisey qui s’est élancé à 14h22. Un peu moins de vingt minutes plus tard, il s’est emparé du meilleur temps au point l’intermédiaire, situé dans la partie initiale de l’ascension. Au sommet, c’est finalement avec dix-sept secondes d’avance qu’il s’est provisoirement installé aux commandes du contre-la-montre. Son « règne » n’aura toutefois duré que très peu de temps puisque Steven Kruijswijk est venu le détrôner pour une poignée de secondes dans la foulée. Au bout du compte, néanmoins, seuls cinq coureurs du plateau auront réussi à arrêter le chronomètre plus rapidement que le récent vainqueur d’étape au Tour des Alpes, qui a alors devancé bon nombre de favoris. L’étape est finalement revenue à Aleksandr Vlasov, 1’07’’ plus rapide que Thibaut Pinot ce dimanche.

« Les sensations étaient plutôt bonnes, je l’ai fait à fond et je n’ai pas regret, commentait dans un premier temps le Haut-Saônois. Il était aussi important de me rassurer sur le contre-la-montre. Qui plus est, les chronos en côte sont assez rares, donc c’était une bonne opportunité de me mesurer aux autres. Je suis satisfait de ma journée, ça fait longtemps que je n’avais pas performé sur un chrono comme ça. Je suis monté en puissance au fur et à mesure de la course. J’ai trouvé le début de semaine assez long, je pensais vraiment à ce week-end. Hier, j’étais assez serein sur l’étape de montagne, mais j’aurais aimé que ce soit plus dur pour voir ce que j’aurais été capable de faire. Aujourd’hui, le chrono confirme que je suis en forme. C’est super de finir cette première partie de saison comme ça. C’est positif pour la suite, et ça donne beaucoup d’envie pour préparer le reste de la saison ». Grâce à sa très bonne performance du jour, Thibaut Pinot est remonté au treizième rang du général, devançant finalement son coéquipier Sébastien Reichenbach (15e), un peu plus en retrait ce dimanche. « C’était un effort très violent, je me sentais bien et j’ai fait ce que j’ai pu, confiait le local. Je ne suis pas déçu, j’ai tenu mes zones cibles tout le long. Je pense que je suis à ma place, il y a des spécialistes pour ce genre d’efforts. Au global, je pense avoir fait un bon Tour de Romandie, j’ai pu me faire plaisir ».

« Thibaut se rapproche petit à petit de son meilleur niveau », Philippe Mauduit

Leader du classement par équipes samedi soir, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a finalement glissé en troisième position au terme du week-end. Elle ne repart malheureusement pas non plus du territoire helvète avec un top-10 au général ou une victoire d’étape. « On espérait un peu mieux pour Seb et Rudy aujourd’hui, mais on sait aussi que l’un et l’autre ont beaucoup couru récemment, déclarait Philippe Mauduit. C’était la dernière course de leur première partie de saison, il est maintenant l’heure de recharger les batteries. Pour Thibaut, c’est plutôt encourageant. On s’aperçoit surtout qu’il est régulier dans son niveau de performance. Il se rapproche petit à petit de son meilleur niveau. C’est un bon enseignement. On voit qu’il y a une continuité dans sa progression. Certains pouvaient dire que le Tour des Alpes n’était pas WorldTour, or le Tour de Romandie l’est. Pouvoir terminer à trois secondes de la quatrième place d’un chrono comme celui-là est signe d’un très beau niveau de performance. Tout ne se traduit pas encore par de grands résultats, mais il y a dans ce qu’il produit des indicateurs qui ne trompent pas. Au global, cela reste une semaine mitigée, avec du bon et du moins bon. Les garçons s’attendaient, il est vrai, à une course plus difficile. Nous aussi, pour être honnêtes. Ils s’en seraient mieux sortis si ça avait été le cas, mais il ne faut pas se cacher derrière ça. On doit mieux faire ! »

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

La grande escapade de Bruno Armirail sur La Doyenne

Il a remis ça. Pas rassasié d’avoir déjà pris part à l’échappée sur la première des deux Ardennaises mercredi, Bruno Armirail est reparti de l’avant ce dimanche à l’occasion de la plus prestigieuse d’entre elles : Liège-Bastogne-Liège. Sorti après une poignée de kilomètres, le coureur occitan a même été le dernier rescapé de l’échappée du jour. Repris par le vainqueur Remco Evenepoel à vingt kilomètres du but, il ne lui a ensuite pas manqué grand-chose pour suivre les autres favoris dans la côte de la Roche-aux-Faucons. Si bien qu’il a été le premier coureur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ à franchir la ligne, à une valeureuse seizième position, clôturant ainsi une belle journée. Rudy Molard (18e) et Quentin Pacher (20e) ont également accroché le top-20.

C’est ce dimanche sous le soleil wallon que la campagne des Classiques printanières 2022 arrivait à son terme. Comme de coutume, c’est la « Doyenne » et ses côtes atroces, entre Liège et Bastogne, qui faisaient office d’ultime rendez-vous. Au départ de ce quatrième Monument de la saison, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ se présentait avec certaines ambitions, et notamment la volonté d’ajouter un onzième top-10 de rang sur les Classiques WorldTour, malgré l’absence de David Gaudu, troisième l’an passé. Rudy Molard, Quentin Pacher et Valentin Madouas avaient tous trois le champ libre dans le final, mais au préalable, Bruno Armirail avait aussi la possibilité de s’engager dans une course offensive. Ce qu’il n’a pas manqué de faire. Après seulement cinq kilomètres, le spécialiste du contre-la-montre faisait ainsi le trou avec quatre autres concurrents. « On avait cette option d’anticiper la bagarre en partant dans l’échappée, et j’ai réussi à la prendre, comme sur la Flèche, commentait Bruno. Je me sentais d’ailleurs mieux que mercredi ». Après une heure de bagarre avec le peloton, six hommes supplémentaires ont finalement rejoint le groupe de tête pour porter l’échappée à onze coureurs, qui ont compté jusqu’à six minutes d’avance dans la première moitié du parcours. Sur le retour vers Liège, et particulièrement à l’amorce de l’enchaînement des difficultés, à 90 kilomètres de l’arrivée, le peloton s’est en revanche rapproché à 3’30 du roule-toujours occitan et de ses collègues de fuite.

« J’aurais probablement signé pour ça ce matin », Bruno Armirail

Au fil des côtes, la sélection a commencé à s’opérer à l’arrière, mais elle s’est aussi faite naturellement à l’avant. Le coureur de la Groupama-FDJ n’était donc plus accompagné que de cinq hommes après la côte de la Haute-Levée. Ensemble, ceux-ci ont entretenu leur collaboration et abordé la côte de Desnié, à quarante-deux kilomètres du but, avec 2’30 d’avance sur le peloton. Au sein de celui-ci, les premières tentatives d’anticipation ont émergé, mais les hommes de Philippe Mauduit et Marc Madiot étaient toujours prompts à réagir. Cela a toutefois eu pour conséquence de réduire l’écart d’une minute avant la fameuse côte de la Redoute. Dès les premières pentes, Bruno Armirail s’est alors dressé sur les pédales et a quasi-instantanément pris ses distances. « J’étais content de mes sensations, mais je savais qu’il fallait gérer au maximum, indiquait l’intéressé. J’avais prévu de partir dans la Redoute pour aller le plus loin possible. J’ai attaqué au pied, ou presque, et il le fallait. J’ai vu qu’ils étaient tous un peu limite et il ne fallait pas que je perde trop de temps en restant avec eux. Il fallait y aller à ce moment-là. Je me sentais bien, donc c’est ce que j’ai fait ». À près de trente bornes du but, le vice-champion de France du chrono s’est donc isolé et son principal poursuivant s’est, quelques minutes plus tard, nommé Remco Evenepoel. Le jeune Belge s’est pour sa part détaché du peloton au sommet de la Redoute et a progressivement comblé l’écart avec le Français.

La jonction entre les deux hommes a finalement été réalisée à vingt-et-un kilomètres du but, et Bruno Armirail n’avait dès lors plus d’autres choix que d’essayer d’accrocher la roue. « C’était dur, souriait-il. Quand j’ai su qu’il revenait, je me suis relevé et je l’ai attendu. Malheureusement, il est très aérodynamique et je suis un peu trop grand, donc ça n’a pas été facile de garder sa roue. J’ai essayé de suivre autant que je le pouvais, mais il est monté fort dès le pied de la côte de la Roche-aux-Faucons, et compte tenu de ma journée à l’avant, je n’ai pas pu suivre ». Le duo a débuté l’ultime difficulté du jour avec une trentaine de secondes d’avance sur le groupe des favoris, où l’équipe comptait encore ses trois représentants. Toutefois, lorsque les grandes manœuvres se sont initiées, Valentin Madouas, Quentin Pacher et Rudy Molard ont tour à tour été distancés. Bruno Armirail, lui, a vu le retour des « gros » au sommet de la bosse. À l’arrachée, il s’est agrippé au groupe, mais la remontée vers Boncelles dans la foulée lui a été fatale. « Je pète dans la deuxième partie de la bosse, c’est dommage, mais j’étais à fond », lâchait-il. En tête, Remco Evenepoel est parvenu à conclure son récital, alors que l’Occitan est arrivé à un troisième échelon pour finalement obtenir la seizième place du jour. « Si on m’avait dit ce matin que j’allais faire seizième en étant échappé toute la journée, j’aurais probablement signé, concluait Bruno. C’est une bonne journée. Il y avait une sacrée ambiance dans la Redoute. C’est exceptionnel d’y passer seul et en tête. J’en avais des frissons, même si l’objectif était d’attaquer pour aller chercher un résultat ».

« Une belle campagne de Classiques », Philippe Mauduit

« Bruno a fait un solide Liège-Bastogne-Liège, et c’est à tout son honneur, saluait Philippe Mauduit. C’est une vraie belle course de sa part. Derrière, il ne nous a pas manqué grand-chose pour avoir un coureur dans le groupe qui arrive pour la deuxième place. Les autres étaient très bien jusqu’à la Redoute mais ils ont tous un peu coincé dans la Roche-aux-Faucons. Ça ne se joue pas à grand-chose. Rudy et Quentin basculent à 50 mètres, mais 50 mètres, c’est trop loin sur une course comme celle-ci. C’était un Liège-Bastogne-Liège difficile ». Avec Rudy Molard (18e) et Quentin Pacher (20e), ce sont finalement trois coureurs qui entrent dans le top-20 du Monument belge. « Au global, c’est tout de même une belle campagne de Classiques, ponctuait Philippe. À l’exception d’aujourd’hui, on a fait des top-10 sur toutes les courses. Ce dimanche, on a encore vu un solide collectif. À chaque départ, tout le monde était motivé et avait envie de tout donner pour le meilleur résultat possible. Au bout du compte, c’est ce qui est important ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Un podium de prestige pour Stefan Küng sur la Reine des Classiques

Le groupe des Classiques a, en ce dimanche de Pâques, parachevé sa campagne de la plus belle des manières. Sur l’Enfer du Nord, c’est son leader naturel Stefan Küng qui a d’ailleurs mis un point d’honneur à ponctuer son printemps en beauté. Malgré un scénario longtemps peu avantageux, le rouleur suisse a pu compter sur le soutien de ses coéquipiers avant de s’affirmer parmi les plus forts concurrents de cette édition « sèche » de Paris-Roubaix. Dans le final, seul Dylan van Baarle a pu résister en solitaire, et Stefan Küng s’est alors assuré une splendide troisième place sur le vélodrome de Roubaix, soit son meilleur résultat sur un Monument. Il établit également le meilleur résultat de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ sur l’épreuve depuis 1997, et permet de porter à neuf le nombre de Classiques WorldTour consécutives achevées dans le top-10 cette saison.

« On a fait une grosse erreur, il fallait donc assumer », Olivier Le Gac

Les éditions de Paris-Roubaix se suivent, mais ne se ressemblent pas nécessairement. À la pluie et la boue abondante de l’an passé se substituaient en effet un grand soleil et une température quasi-estivale ce dimanche matin à Compiègne. Avec un vent plutôt favorable toute la journée, les conditions étaient donc réunies pour assister à un grand spectacle. Pourtant, la journée a plutôt mal débuté en ce qui concerne l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. Clément Davy tapait ainsi violemment le bitume après quelques kilomètres, et à la suite d’une grosse bagarre pour l’échappée, des bordures piégeaient la majeure partie du groupe après une cinquantaine de kilomètres. Seul Lewis Askey apparaissait dans le premier peloton, Stefan Küng était lui pris au piège. « Presque tous les favoris étaient derrière à ce moment-là, et je revenais personnellement d’une petite pause naturelle, expliquait le Suisse. J’ai voulu remonter le peloton, mais quand j’ai soudain regardé devant, je me suis aperçu qu’une soixantaine de mecs étaient déjà partis. Ensuite, tout le monde s’est regardé pour savoir qui allait rouler. Quand on a finalement réussi à s’organiser, il y avait déjà une minute d’écart. Dans une course difficile et longue comme Paris-Roubaix, on sait toutefois qu’il est toujours possible de renverser la situation ». Les hommes de Frédéric Guesdon se sont alors mis en ordre de marche pour défendre les intérêts du troisième de l’E3 Saxo Bank Classic. « On a fait une grosse erreur, il fallait donc assumer, ajoutait Olivier Le Gac. On était là pour faire un résultat donc il fallait rouler derrière. L’objectif était de maintenir l’écart, de sorte que ça n’augmente pas trop, en espérant que Stefan puisse faire le jump à un moment donné Tout le monde a donné le maximum, comme sur le reste des Classiques, et on peut être content de ce qu’on a fait ».

À la suite des premiers secteurs pavés, abordés aux environs du centième kilomètre, l’écart s’est progressivement réduit, mais il a encore fallu une bonne heure d’efforts intenses pour finalement raccrocher le bon wagon. « On a été à contre-temps sur toute la première partie de course, et Lewis a aussi perdu sa place à l’avant après une chute, disait Frédéric. Il y a eu un léger moment de panique, mais on sait aussi qu’il peut se passer beaucoup de choses sur Paris-Roubaix. Évidemment, la situation n’était pas idéale, mais on s’est mis en position de rectifier le tir. Il a en revanche fallu sacrifier nos coureurs pour maintenir Stefan dans le jeu. Il ne fallait pas forcément revenir le plus vite possible, mais au meilleur moment possible. Le but était de ramener Stefan et Valentin dans les billes à l’approche de la Trouée d’Arenberg. C’est ce qu’il s’est produit ». Les deux principaux pelotons se sont exactement retrouvés à 103 kilomètres du but, avant le secteur 20 d’Haveluy à Wallers. À cet instant, ils n’étaient plus que cinq à ouvrir la route, dont le vainqueur de Milan-Sanremo Matej Mohoric. Quelques minutes plus tard, dans la terrifiante Trouée d’Arenberg, le peloton s’est comme attendu disloqué et Stefan Küng a été le seul à pouvoir tenir la roue de Filippo Ganna. Un temps de répit a néanmoins été observé dans la foulée, permettant au peloton de se reconstituer. À 85 kilomètres du but, le leader de la Groupama-FDJ pouvait encore compter sur le soutien d’Olivier Le Gac, Lewis Askey et Valentin Madouas. En tête, l’échappée s’est bientôt réduite aux seuls Mohoric et Tom Devriendt alors que le peloton s’est nettement remis en marche après avoir accusé jusqu’à deux minutes de retard. Le plus gros de la sélection s’est finalement opéré sur la section d’Orchies, à une cinquantaine de kilomètres de la ligne.

« J’ai enfin pu montrer ce dont j’étais capable », Stefan Küng

Une douzaine d’hommes se sont isolés, dont Stefan Küng, qui a par la suite été l’unique coureur à emboîter le pas de Wout Van Aert et Mathieu van der Poel dans le passage de Mons-en-Pévèle. Le groupe des favoris s’est reconstitué un instant, mais les attaques ont fusé dans une partie bitumée précédant le secteur n°7. « On a essayé de faire la différence à Mons-en-Pévèle mais ça s’est ensuite un peu joué tactiquement et trois gars en ont profité pour s’en aller, racontait Stefan. Tout le monde était à la limite. Il y a eu beaucoup d’attaques à ce moment-là, j’y suis moi-même allé plusieurs fois, mais il est impossible de sauter sur tout le monde ». Yves Lampaert, Matej Mohoric et Dylan van Baarle ont ainsi pris un coup d’avance, rejoint Devriendt en tête, et réussi à prendre une demi-minute sur leurs concurrents. « Je savais qu’il fallait qu’on accélère quelque part, et j’ai vu que Wout était très fort, reprenait Stefan. On a réussi à s’échapper ensemble, puis j’ai dû boucher un écart sur lui dans le Carrefour de l’Arbre après que ma roue s’est dérobée. Physiquement je me sentais vraiment bien, et on a pu rattraper les intercalés pour tout de même jouer le podium ». Après s’être détaché de ses rivaux à vingt bornes du but, Dylan van Baarle est lui bientôt apparu inatteignable alors que Stefan Küng et Wout Van Aert ramenaient Tom Devriendt et Matej Mohoric dans le rang avant les cinq derniers kilomètres. Le rouleur suisse a tenté de se défaire de ses concurrents avant le vélodrome de Roubaix, mais c’est bel et bien dans cette enceinte mythique que se sont jouées les places sur le podium.

« On était tous au bout du rouleau, confiait encore Stefan. J’ai regardé leurs visages et je pouvais dire qu’ils étaient aussi fatigués que moi. Je me suis alors dit que j’allais tenter de loin dans le vélodrome. J’ai quand même pas mal pratiqué la piste lors de mes premières années professionnelles et dans ma jeunesse. Je suis donc arrivé de l’arrière avec de l’élan, et c’était aussi une bataille mentale. Je n’ai pas réussi à faire craquer Van Aert mais ça a suffi pour finir sur le podium ». Au terme d’un long mais ultime effort, Stefan Küng est alors parvenu à s’emparer d’une magnifique troisième place sur la Reine des Classiques, qui suffisait amplement à son bonheur dimanche. « C’était le maximum qu’il m’était possible de faire aujourd’hui, assurait-il. Dylan mérite cette victoire, il a fait une sacrée course. Il n’y avait évidemment pas grand-chose à faire face à Wout dans le sprint, alors je suis content d’accrocher le podium. Je suis quand même fier de ma course aujourd’hui, et je veux dire un grand merci à mon équipe qui m’a permis de renverser la situation. Les gars ont fait un super boulot, alors un grand bravo à eux et à toute l’équipe. Personnellement, j’ai fait une très bonne campagne de Classiques, mais monter sur le podium ici sur Paris-Roubaix, c’est quand même quelque chose de spécial. C’est un grand accomplissement. C’est une course mythique et l’une de mes favorites. J’ai aussi eu mon lot de coups durs par le passé, mais j’ai continué de dire que c’était ma course préférée, et j’ai enfin pu montrer ce dont j’étais capable. Je vais mettre ce petit pavé dans mon salon, mais quand j’y jetterai un œil, je me rappellerai qu’il y a encore son grand frère à aller chercher ».

« On avait revu les ambitions à la hausse », Frédéric Guesdon

Grâce à la performance de son double champion d’Europe du contre-la-montre sur l’édition la plus rapide de l’histoire, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a ainsi accroché son meilleur résultat sur l’épreuve depuis un certain Frédéric Guesdon, vainqueur en 1997. Par ailleurs, l’équipe cumule désormais au moins un podium sur chaque Monument depuis 2016. « On avait débuté cette campagne « flandrienne » en disant qu’on voulait au moins un podium, mais quand on a vu la manière avec laquelle on l’a débutée, on a revu les ambitions à la hausse, concluait le directeur sportif breton. Une fois qu’on en a obtenu un, on en voulait un deuxième, et une fois qu’on en a eu deux, on en voulait un troisième. On pouvait légitimement espérer un tel résultat car le groupe marchait fort et les courses correspondaient à nos leaders, et à Stefan en particulier. Ce n’est finalement pas une surprise d’être sur le podium aujourd’hui au vu de ce qu’on a produit depuis trois semaines. En réalité, on aurait été déçus de ne pas faire un résultat aujourd’hui. Finir notre campagne sur un podium à Roubaix, c’est beau ! J’espère maintenant que ça va continuer comme ça, et j’ai bon espoir que ce soit le cas. On a un excellent leader, de très bons jeunes, on est donc en droit de rêver pour les années futures ». « Il manque certes une grande victoire dans notre belle campagne, mais si ça continue comme ça, je suis sûr qu’on y arrivera bientôt », ponctuait Stefan au moment de se projeter sur une période de repos ô combien méritée.  

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Cap sur des journées plus opportunes

Les grands favoris du Tour d’Espagne ont de nouveau eu le dernier mot, ce jeudi, lors de la dernière grande étape de montagne de cette édition 2021. Au sommet de l’inédit Altu d’El Gamoniteiru, Miguel Angel Lopez a ainsi ravi la victoire du jour devant le maillot rouge Primoz Roglic. Plus tôt, Olivier Le Gac était encore parvenu à intégrer l’échappée du jour, qui n’aura toutefois pas fait le poids face aux prétendants du général. Les deux prochaines étapes pourraient offrir davantage d’opportunités.

« C’était histoire de se faire plaisir », Olivier Le Gac

Étrangement, il n’aura pas fallu patienter bien longtemps pour voir une échappée se développer ce jeudi, à l’occasion de la dernière grande journée de montagne de la Vuelta. Si le bon coup est parti de bonne heure, c’est aussi qu’il comprenait l’essentiel des équipes intéressées. Pas moins de trente-deux coureurs se sont en effet glissés à l’avant après une poignée de minutes, et Olivier Le Gac y représentait les intérêts de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ au lendemain de son escapade vers les Lacs de Covadonga. « Je suis reparti motivé aujourd’hui, et quand j’ai vu le gros groupe sortir, j’ai fait l’effort pour boucher le trou », expliquait le Breton. « C’était de nouveau une étape compliquée avec 4500 mètres de dénivelé, reprenait Franck Pineau. Elle n’était donc pas spécialement faite pour nous, surtout depuis qu’on a perdu Rudy sur chute. Malgré tout, les garçons qui sont encore là sont extrêmement courageux. Olivier, notamment, était déjà échappé hier et s’est fait violence pour être devant encore aujourd’hui malgré le mal de jambes. C’est tout à son honneur, je lui tire mon chapeau ». En tête de course, l’ancien champion du monde Juniors a retrouvé pléiade de grimpeurs confirmés alors que la formation Bahrain-Victorious, aux manettes dans le peloton, ne permettait pas l’écart de s’envoler.

Alors, au pied du Puerto de San Llaurienzu (9,9km, 8,6%) après quarante kilomètres de course, le rythme demeurait intense à tous les niveaux de la course. Si bien qu’Olivier Le Gac abandonnait momentanément sa place dans l’échappée. « Ils ont monté plein pot au pied et je savais que je ne pouvais pas aller très loin comme ça, expliquait-il. J’ai donc géré le pied, et j’ai bien fait, car ça s’est finalement calmé et quelques coureurs qui ont fait l’effort pour rester au contact n’ont eux jamais pu rentrer ». « Il avait encore les toxines d’hier dans les jambes, disait Franck. Il a essayé de gérer ces montées comme il a pu sachant que, de toute manière, la victoire était difficile à aller chercher dans ces circonstances de course. Il a géré, mais le groupe des favoris a finalement revu tout le monde ». Définitivement décroché de l’échappée dans l’Altu de la Corbertoria, le coureur de 28 ans a finalement été englouti par le « peloton » à environ cinquante kilomètres de la ligne. « Compte tenu que c’était une arrivée au sommet aujourd’hui, c’était juste histoire de se faire plaisir devant et de passer la journée dans l’échappée, ajoutait l’intéressé. Il y avait des clients avec moi, mais l’échappée n’est même pas allée au bout. C’est quand même une bonne journée et c’est toujours agréable d’être devant ».

« Zéro souci avec les délais », Franck Pineau

Dernier rescapé de l’échappée, la future recrue de la Groupama-FDJ Michael Storer a été revu dans l’ascension finale, sans répit, de l’Altu d’El Gamoniteiru (14,5 km à 10%). « J’étais large pour les délais, donc j’ai tout fait pour garder le plus d’énergie possible pour cette dernière montée, ajoutait Olivier. Mais il fallait quand même grimper là-haut, et c’était horrible ! » Le Breton a finalement passé la ligne trente-cinq minutes après le vainqueur Miguel Angel Lopez alors que Kevin Geniets a été le premier coureur de l’équipe à atteindre le sommet, un quart d’heure après le Colombien. « On a zéro souci avec les délais, même avec nos moins bons grimpeurs, complétait encore Franck. Arnaud choisit presque le gruppetto dans lequel il veut finir. Ramon gère aussi très bien son affaire. On n’a eu aucun problème à ce niveau. Maintenant, pour gagner, c’est plus compliqué… » Ce vendredi, le terrain de jeu sera moins accidenté dans la dix-neuvième étape, mais le premier quart de course présentera tout de même quelques bosses censées permettre à l’échappée de s’extraire. « Ça peut nous correspondre davantage demain et après-demain, assurait Franck jeudi soir. Ce sont des étapes où l’on peut espérer faire une belle performance. Mais avant d’y penser, on va bien se reposer et bien dormir ». « Il y a quand même beaucoup de fatigue, confirmait Olivier. Il va falloir bien récupérer ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr