Entradas

Stefan Küng cède son bien

Stefan Küng n’a pas failli dans la troisième étape du Tour de Suisse ce mardi. Il a pourtant dû se séparer de son maillot jaune au profit de Mathieu van der Poel, qui a en effet engrangé dix secondes de bonification grâce à sa victoire au sprint à Pfaffnau. Après avoir logiquement roulé de manière conservatrice ces deux derniers jours, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ adoptera un état d’esprit plus offensif sur le reste de la semaine pour décrocher de nouveaux résultats.

« Un poil dur pour Jake », Franck Pineau

Au départ de Lachen ce mardi, le maillot jaune de Stefan Küng ne tenait qu’à un fil. Alors, dans une étape de nouveau destinée aux puncheurs, le plan d’attaque était clair pour les troupes de Franck Pineau et Benoît Vaugrenard. « On a essayé de contrôler au début, mais ce n’était pas à nous de ramener le peloton sur l’échappée, exposait ainsi le leader de l’épreuve. Avec Alaphilippe et Van der Poel si proches au général, et au vu du final annoncé, on savait que ça risquait d’être chaud pour le maillot en raison des bonifications. On a donc laissé l’écart grimper à sept minutes, puis les équipes intéressées par la victoire d’étape ont commencé à rouler ». En tête de course, Mathias Frank (AG2R-Citroën), Benjamin King (Rally Cycling), Claudio Imhof (Suisse) et Rémy Rochas (Cofidis) ont ainsi vu leur avance fondre dans la deuxième partie de course, très accidentée, et comptaient ainsi moins de quatre minutes d’avance au premier passage sur la ligne à environ 45 kilomètres du but. Un peu plus loin, les coureurs se sont présentés au pied de la dernière difficulté répertoriée du jour (3,5 km à 6%), présentant plusieurs rampes à 10% susceptibles de faire le ménage. « Une nouvelle fois, Stefan n’a pas quitté les premières places de la journée, bien aidé par tout son groupe, relevait Franck Pineau. Jusqu’au pied de cette dernière bosse, il a été placé royalement. Benjamin Thomas a notamment passé le dernier relais pour qu’il soit bien positionné au plus dur de la côte. Il n’y a rien à redire, le boulot a été fait comme il fallait ».

À plus de vingt-cinq kilomètres de la ligne, les grands noms, à commencer par Mathieu van der Poel et Julian Alaphilippe, sont sortis de leur réserve et ont alors fait exploser le peloton. Cela a notamment été fatal à Jake Stewart, qui espérait jouer sa carte aujourd’hui. « Ça s’est fait à la pédale, il n’y a pas de secret, confiait Franck. C’est dommage car Jake marche très bien, mais c’était un poil dur pour lui. Il ne lui manquait pas grand-chose. Ceci dit, il n’y avait plus beaucoup de monde au sommet, et quasiment aucun sprinteur. C’est dommage mais on ne peut pas lui en vouloir, c’est monté très vite ». Le maillot jaune en personne confirmait ces dires. À la défense de sa tunique, Stefan Küng s’est battu pour conserver sa place dans un peloton d’une petite cinquantaine d’unités qui s’est finalement recomposé malgré de nombreuses offensives. « Le final était comme on l’avait imaginé : vraiment rapide, insistait le Suisse. La dernière bosse a été montée plein gaz. Je me suis senti bien jusqu’en haut mais j’ai ensuite commencé à avoir des crampes. Je ne pouvais plus rien tenter, simplement suivre ». Dans les dix derniers kilomètres, Ivan Garcia Cortina a tenté de rallier l’arrivée en solitaire mais a été revu peu après la flamme rouge et un sprint en petit comité s’est donc profilé.  

« Le Tour de Suisse n’est pas fini », Stefan Küng

« La seule chose que je pouvais faire était d’espérer que quelqu’un batte Van der Poel et Alaphilippe, ajoutait Küng. Finalement, Van der Poel va chercher le maillot à la pédale et il le mérite. Je n’ai aucun regret car nous n’avons pas fait d’erreurs et je me suis bien défendu ». Le champion des Pays-Bas et le champion du Monde, respectivement premier et troisième de l’étape, ont ainsi dépassé le champion de Suisse au classement général par le simple jeu des bonifications. « Il n’y a pas de déception, assurait encore Franck. On a donné le meilleur de nous-mêmes. Avec une telle arrivée et de tels concurrents, on savait que ça allait très compliqué. On s’est battu avec nos armes, tous les coureurs ont rempli leur mission et Stefan continue de confirmer sa belle forme du moment. C’est super intéressant pour la suite ». « C’était un plaisir de passer ces deux jours en jaune, ajoutait Stefan. Le Tour de Suisse n’est pas fini, et à partir de demain j’arborerai le maillot de champion de Suisse, ce qui n’est pas mal non plus. Demain, il y a peut-être quelque chose à tenter avec Jake, mais tout dépendra du scénario de course ». Dans une fin de semaine présentant beaucoup de reliefs, l’offensive primera désormais sur la défensive. « On va aller dans les échappées, travailler pour la suite et essayer de se faire plaisir, concluait Franck. Avant de prendre un peu de congés, ce sera l’occasion pour certains de s’exprimer. Je veux évidemment que les garçons aillent de l’avant, mais je veux aussi qu’on le fasse intelligemment ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Stefan Küng s’accroche à son maillot jaune

Malgré un final décousu, pour puncheurs, dans la deuxième étape du Tour de Suisse, Stefan Küng a tenu bon pour conserver son maillot jaune de leader acquis dimanche lors du chrono inaugural. Après un beau travail collectif tout au long de la journée, le rouleur helvète s’est arraché dans l’ultime difficulté et dans le final pour garder une petite seconde d’avance au classement général. Demain, il défendra à nouveau sa tunique bec et ongles en direction de Pfaffnau.

« Tous les deux kilomètres, j’apercevais une connaissance », Stefan Küng

La tâche s’annonçait ardue, mais elle valait la peine de s’y atteler. À domicile – presque littéralement -, Stefan Küng s’est présenté ce lundi au départ avec le maillot jaune de leader sur les épaules, et il n’avait aucune intention de le rendre sans se battre. « On voulait essayer de garder le maillot, ne serait-ce car c’est important pour Stefan, mais aussi car c’est tout de même une épreuve WorldTour, exposait Franck Pineau. On se devait donc de défendre le maillot, même si on savait que ça allait être compliqué dans le final avec un parcours malgré tout très accidenté, une pluie qui n’allait rien arranger et une concurrence extrêmement féroce. On a fait rouler deux garçons d’entrée de jeu, à savoir Alexys [Brunel] et Fabian [Lienhard], qui ont toujours maintenu l’écart à moins de six minutes ». L’échappée du jour, formée après une dizaine de kilomètres, n’a pas fait d’émules. Seulement quatre hommes s’y sont glissés : Tom Bohli (Cofidis), Matteo Dal-Cin, Nickolas Zukowsky (Rally Cycling), Claudio Imhof (Suisse). Bien que légèrement casse-pattes, les cent premiers kilomètres se sont effectués au train, ce qui a notamment permis à Stefan Küng de profiter pleinement de son tricot. « C’était incroyable aujourd’hui, sur mes routes d’entraînement, disait-il. J’avais beaucoup d’amis et de famille tout au long du parcours. Tous les deux kilomètres, j’apercevais une connaissance. C’était génial. La première partie de l’étape se déroulait vraiment à la maison, et vu que la course était plus calme à ce moment-là, j’ai eu le temps de regarder qui était là. Je n’ai pas pu me le permettre dans le final, où c’était plein gaz ! ».

À environ 70 kilomètres de la ligne, la formation Alpecin-Fenix de Mathieu van der Poel est venu apporter du soutien à la Groupama-FDJ en tête de peloton, et l’écart avec l’échappée s’est progressivement réduit. Si bien qu’après les deux premières ascensions de deuxième catégorie, à Ghöch et Oberricken, il n’était plus que de deux minutes. En raison de belles averses dans la descente d’Oberricken, justement, le peloton s’est alors scindé en plusieurs morceaux mais le maillot jaune n’a aucunement été inquiété. « Stefan n’a jamais bougé des quinze premières places toute la journée, donc il a forcément plus de chances d’être dans le bon coup lorsqu’il y a des cassures », précisait Franck. C’est donc un peloton d’une soixantaine d’unités à peine, comprenant Stefan Küng et Jake Stewart, qui s’est mis en chasse des fuyards. Le dernier d’entre eux, Claudio Imhof, a dû rendre les armes dès les premières pentes de l’ultime difficulté, situé à dix kilomètres de la ligne. Bien replacé par Jake Stewart au pied, Stefan Küng a dès lors fait son maximum sur les 2400 mètres de montée à 8,3% de moyenne pour rester au contact des meilleurs puncheurs, qui se sont livrés une vraie bagarre. Au sommet, le champion de Suisse parvenait à basculer avec seulement quinze secondes de retard sur les Alaphilippe, Van der Poel, Carapaz, Woods et autres Schachmann. La course ne s’est aucunement posée dans la descente ou la portion de plat menant à la ligne, et Stefan Küng a ainsi dû batailler en poursuite jusqu’au bout pour limiter la casse. Alors que Van der Poel s’adjugeait la victoire, le maillot jaune franchissait la ligne en 26e position à 22 secondes.

« Demain, on peut jouer sur deux tableaux », Franck Pineau

« On savait que c’était tendu pour le maillot jaune, racontait Franck. D’après nos calculs, ça pouvait le faire, mais il fallait attendre les résultats officiels. Avec la pluie qui tombait à l’arrivée, Stefan a d’ailleurs préféré aller au bus, quitte à revenir ». Après quelques moments d’attente, le verdict est finalement tombé, et le maillot jaune est revenu à « King Küng » pour une petite seconde devant Schachmann, et deux sur Alaphilippe. « Stefan avait la conviction qu’il pouvait passer aujourd’hui, mais ce n’était vraiment pas simple, ajoutait Franck. Il s’est beaucoup donné, et ça l’a fait pour une petite seconde. C’est le principal et l’objectif est atteint ». « Je me sentais bien aujourd’hui, exposait l’intéressé. J’avais dit que tout dépendrait de la façon dont mes concurrents feraient la montée. Ils y ont été fort, mais j’ai donné tout ce que j’avais et sur le plat j’ai essayé de boucher le trou au plus. Heureusement, j’ai pu limiter tout juste et je suis heureux de garder le maillot un jour de plus. Je remercie l’équipe pour son travail formidable aujourd’hui. Maintenant, on continue ! Une seconde d’avance, ce n’est pas beaucoup mais je ferai de mon mieux pour le conserver demain. Ce devrait être plus facile. La dernière montée n’est pas aussi dure que celle d’aujourd’hui. Je m’attends à un sprint en petit peloton ». « Demain, on peut conserver le maillot et faire le sprint avec Jake, ponctuait Franck. Les gars ont le bon état d’esprit et on va pouvoir jouer sur les deux tableaux ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Stefan Küng règne sur ses terres

En ouverture du Tour de Suisse ce dimanche, Stefan Küng s’est offert un succès particulier à plus d’un titre. Avant toute chose, le rouleur helvète s’est imposé chez lui, à seulement un kilomètre de son domicile, dans le contre-la-montre d’environ onze kilomètres tracé autour de Frauenfeld. Qui plus est, le champion d’Europe de la discipline s’est adjugé sa toute première victoire dans un chrono au niveau WorldTour depuis son arrivée au sein de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. Une nouvelle case cochée, et sa troisième victoire personnelle de l’année.

« Je me suis toujours senti en contrôle », Stefan Küng

À l’inverse du Critérium du Dauphiné, qui s’est ce dimanche conclu sous le soleil, le Tour de Suisse s’est élancé sous un temps quelque peu maussade dans le canton de Thurgovie, au nord du pays. De fait, les conditions météorologiques pouvaient potentiellement influencer le classement d’un contre-la-montre relativement technique, comprenant une bonne dizaine de virages. « Il y avait une petite ouverture au niveau de la météo, selon les prévisions, et beaucoup d’équipes avaient choisi le même créneau pour leur coureur protégé, indiquait Franck Pineau. Au final, néanmoins, quasiment tout le monde a disputé le chrono sous la pluie et sur une chaussée mouillée ». Naturellement désigné comme l’un des favoris pour l’épreuve, Stefan Küng s’est élancé peu avant 16 heures. Le meilleur temps appartenait alors à son compatriote Stefan Bissegger, lauréat du chrono de Paris-Nice et auteur d’une marque de 12’04. La barre était certes haute, mais pas inatteignable. Aussi fallait-il fructifier toutes les portions possibles du parcours. « Stefan est passé tellement vite dans les virages, s’exclamait Franck Pineau. J’ai rarement été aussi vite sous la pluie. Vraiment, c’était super rapide. Il m’a fait un peu peur, mais il semblait vraiment en maitrise. On avait l’impression que le vélo était collé à la route pour ne pas glisser ».

« Honnêtement, je n’ai pas l’impression d’avoir pris beaucoup de risques aujourd’hui, assurait Stefan. Je me suis toujours senti en contrôle. Je n’ai jamais eu l’impression de dépasser les limites. J’avais bien analysé le parcours. Je savais exactement où il y avait une plaque d’égout, où je pouvais passer les lignes blanches plus vite… J’étais en contrôle, je me sentais lié à mon vélo et j’ai pu me concentrer à appuyer sur les pédales. Dans un chrono de dix kilomètres avec tellement de virages, on sait que ça va se jouer à peu ». Extrêmement fluide dans ses trajectoires et très véloce dans son coup de pédale, le champion d’Europe a semblé tel un poisson dans l’eau. « En temps normal, il ne laisse déjà rien au hasard, poursuivait Franck. Il est toujours très méticuleux dans la reconnaissance. Il regarde tout, il passe et repasse… Il a fait exactement pareil cette fois-ci, sauf qu’il avait une petite motivation supplémentaire : il était chez lui ». Une somme de nombreux facteurs a ainsi conduit Stefan Küng à s’emparer du meilleur temps, pour quatre secondes, à l’arrivée. Il a ensuite dû patienter une bonne heure avant de pouvoir célébrer son succès. « Aujourd’hui, j’avais un plan et je l’ai parfaitement exécuté, se félicitait l’intéressé. Evidemment je connaissais les routes, mais on ne passe pas les ronds-points à gauche quand il y a du trafic… J’étais confiant dans mes forces, à la fois physiquement et techniquement. J’ai fait exactement ce que je voulais faire, et j’ai pu faire la différence comme ça ».

« On est libérés, on ne va pas calculer », Franck Pineau

Sa troisième victoire de la saison, après le chrono et le général du Tour de Valence, avait une saveur toute particulière. « Je suis vraiment content de gagner aujourd’hui, car je suis à la maison, j’habite à tout juste un kilomètre d’ici, commentait-il. Ce sont les routes sur lesquelles je m’entraîne tous les jours. Je connaissais toutes les personnes de l’organisation, mes amis et ma famille étaient là le long de la route. Cela rend cette victoire très spéciale. De plus, je n’aurais jamais imaginé être assis ici (dans le siège de leader) il y a deux semaines. Je commençais à bâtir ma forme et je n’étais pas au top sur mes premières sorties de chrono. Néanmoins, j’ai senti que je m’améliorais au fil des jours et j’étais finalement plutôt confiant au départ ». Non seulement prophète en son pays, Stefan Küng s’est aussi imposé pour la toute première fois dans sa discipline de prédilection, au niveau WorldTour, depuis son arrivée dans l’équipe en 2019. « C’est une vraie performance, soulignait Franck Pineau. Ce n’est pas une surprise de le voir gagner, mais ce n’était pas du tout joué d’avance avec ces nombreux virages et la pluie. Je veux aussi saluer la performance des mécanos. Quand ça se joue à la seconde, un grain de sable peut tout mettre à terre. Tous les clignotants étaient au vert et je veux féliciter l’ensemble du staff ».

Qui dit première étape dit forcément maillot jaune. Un paletot que Stefan Küng avait déjà pu endosser il y a trois ans. « Je pense que ça va être dur de le garder demain, indiquait le Suisse. Tout dépend si les autres coureurs mettent le feu dans la dernière ascension, assez raide. Je pense que ma forme est bonne et on verra ce que ça donne. Le plus important était néanmoins de gagner une étape. Si je ne garde le maillot jaune qu’un jour, qu’il en soit ainsi, mais je ferai de mon mieux pour le défendre ». Avec une victoire d’étape en poche, le Tour de Suisse de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ est quoiqu’il en soit parfaitement lancé. « Sur le papier, notre plus grande chance se situait sur ce chrono, concluait Franck. On a concrétisé, et tant mieux. Maintenant, on a une très belle équipe qui veut aussi se montrer tous les jours. On est libérés, on ne va pas calculer, on va se faire plaisir et aller de l’avant. Quand on démarre une course WorldTour de cette manière, on est forcément plus serein pour la suite. Je veux qu’on saisisse toutes les opportunités qui se présenteront ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr