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Stefan Küng s’accroche à son maillot jaune

Malgré un final décousu, pour puncheurs, dans la deuxième étape du Tour de Suisse, Stefan Küng a tenu bon pour conserver son maillot jaune de leader acquis dimanche lors du chrono inaugural. Après un beau travail collectif tout au long de la journée, le rouleur helvète s’est arraché dans l’ultime difficulté et dans le final pour garder une petite seconde d’avance au classement général. Demain, il défendra à nouveau sa tunique bec et ongles en direction de Pfaffnau.

« Tous les deux kilomètres, j’apercevais une connaissance », Stefan Küng

La tâche s’annonçait ardue, mais elle valait la peine de s’y atteler. À domicile – presque littéralement -, Stefan Küng s’est présenté ce lundi au départ avec le maillot jaune de leader sur les épaules, et il n’avait aucune intention de le rendre sans se battre. « On voulait essayer de garder le maillot, ne serait-ce car c’est important pour Stefan, mais aussi car c’est tout de même une épreuve WorldTour, exposait Franck Pineau. On se devait donc de défendre le maillot, même si on savait que ça allait être compliqué dans le final avec un parcours malgré tout très accidenté, une pluie qui n’allait rien arranger et une concurrence extrêmement féroce. On a fait rouler deux garçons d’entrée de jeu, à savoir Alexys [Brunel] et Fabian [Lienhard], qui ont toujours maintenu l’écart à moins de six minutes ». L’échappée du jour, formée après une dizaine de kilomètres, n’a pas fait d’émules. Seulement quatre hommes s’y sont glissés : Tom Bohli (Cofidis), Matteo Dal-Cin, Nickolas Zukowsky (Rally Cycling), Claudio Imhof (Suisse). Bien que légèrement casse-pattes, les cent premiers kilomètres se sont effectués au train, ce qui a notamment permis à Stefan Küng de profiter pleinement de son tricot. « C’était incroyable aujourd’hui, sur mes routes d’entraînement, disait-il. J’avais beaucoup d’amis et de famille tout au long du parcours. Tous les deux kilomètres, j’apercevais une connaissance. C’était génial. La première partie de l’étape se déroulait vraiment à la maison, et vu que la course était plus calme à ce moment-là, j’ai eu le temps de regarder qui était là. Je n’ai pas pu me le permettre dans le final, où c’était plein gaz ! ».

À environ 70 kilomètres de la ligne, la formation Alpecin-Fenix de Mathieu van der Poel est venu apporter du soutien à la Groupama-FDJ en tête de peloton, et l’écart avec l’échappée s’est progressivement réduit. Si bien qu’après les deux premières ascensions de deuxième catégorie, à Ghöch et Oberricken, il n’était plus que de deux minutes. En raison de belles averses dans la descente d’Oberricken, justement, le peloton s’est alors scindé en plusieurs morceaux mais le maillot jaune n’a aucunement été inquiété. « Stefan n’a jamais bougé des quinze premières places toute la journée, donc il a forcément plus de chances d’être dans le bon coup lorsqu’il y a des cassures », précisait Franck. C’est donc un peloton d’une soixantaine d’unités à peine, comprenant Stefan Küng et Jake Stewart, qui s’est mis en chasse des fuyards. Le dernier d’entre eux, Claudio Imhof, a dû rendre les armes dès les premières pentes de l’ultime difficulté, situé à dix kilomètres de la ligne. Bien replacé par Jake Stewart au pied, Stefan Küng a dès lors fait son maximum sur les 2400 mètres de montée à 8,3% de moyenne pour rester au contact des meilleurs puncheurs, qui se sont livrés une vraie bagarre. Au sommet, le champion de Suisse parvenait à basculer avec seulement quinze secondes de retard sur les Alaphilippe, Van der Poel, Carapaz, Woods et autres Schachmann. La course ne s’est aucunement posée dans la descente ou la portion de plat menant à la ligne, et Stefan Küng a ainsi dû batailler en poursuite jusqu’au bout pour limiter la casse. Alors que Van der Poel s’adjugeait la victoire, le maillot jaune franchissait la ligne en 26e position à 22 secondes.

« Demain, on peut jouer sur deux tableaux », Franck Pineau

« On savait que c’était tendu pour le maillot jaune, racontait Franck. D’après nos calculs, ça pouvait le faire, mais il fallait attendre les résultats officiels. Avec la pluie qui tombait à l’arrivée, Stefan a d’ailleurs préféré aller au bus, quitte à revenir ». Après quelques moments d’attente, le verdict est finalement tombé, et le maillot jaune est revenu à « King Küng » pour une petite seconde devant Schachmann, et deux sur Alaphilippe. « Stefan avait la conviction qu’il pouvait passer aujourd’hui, mais ce n’était vraiment pas simple, ajoutait Franck. Il s’est beaucoup donné, et ça l’a fait pour une petite seconde. C’est le principal et l’objectif est atteint ». « Je me sentais bien aujourd’hui, exposait l’intéressé. J’avais dit que tout dépendrait de la façon dont mes concurrents feraient la montée. Ils y ont été fort, mais j’ai donné tout ce que j’avais et sur le plat j’ai essayé de boucher le trou au plus. Heureusement, j’ai pu limiter tout juste et je suis heureux de garder le maillot un jour de plus. Je remercie l’équipe pour son travail formidable aujourd’hui. Maintenant, on continue ! Une seconde d’avance, ce n’est pas beaucoup mais je ferai de mon mieux pour le conserver demain. Ce devrait être plus facile. La dernière montée n’est pas aussi dure que celle d’aujourd’hui. Je m’attends à un sprint en petit peloton ». « Demain, on peut conserver le maillot et faire le sprint avec Jake, ponctuait Franck. Les gars ont le bon état d’esprit et on va pouvoir jouer sur les deux tableaux ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Olivier Le Gac s’accroche dans l’Alto da Foia

À l’instar de la saison passée, Olivier Le Gac profite du Tour d’Algarve pour se tester dans les ascensions. Ce jeudi, à l’occasion de la première arrivée au sommet de l’épreuve, à l’Alto da Foia, le Breton a ainsi accroché le premier peloton jusqu’à quatre kilomètres de la ligne. Il a finalement rallié l’arrivée avec un peu plus d’une minute de retard sur le vainqueur du jour, Ethan Hayter. Vendredi, un sprint est attendu à Tavira.

Comme lors de la première étape, la bataille pour l’échappée aura été de courte durée ce jeudi, à l’occasion du second acte du Tour d’Algarve, davantage destiné aux grimpeurs. Le bon groupe s’est ainsi extirpé après seulement huit kilomètres et comprenait huit hommes : Damien Touzé (AG2R-Citroën), Kenny Molly (Bingoal Pauwels Sauces WB), Clément Carisey (Delko), Xabier Azparren (Euskaltel-Euskadi), Fábio Costa (Efapel), Joseph Laverick (Hagens Berman Axeon), Marvin Scheulen (LA Aluminios-LA Sport) et Samuel Caldeira (W52-FC Porto). « On avait la volonté de s’y joindre seulement s’ils étaient nombreux, à savoir plus de dix, et surtout si de grosses équipes étaient représentées », indiquait plus tard Frédéric Guesdon. L’échappée du jour a très vite pris sept minutes d’avance sur le peloton, mais celui-ci s’est progressivement mis en marche. « À partir de là, l’objectif était vraiment de rester au chaud et d’attendre le final, ajoutait Frédéric. Les gars avaient pour consigne de rester autour de Kevin et Olivier, qui étaient nos coureurs protégés pour l’étape du jour. Il y avait un enchaînement de trois belles bosses dans les trente derniers kilomètres, et les moins bons grimpeurs ont fait le travail pour bien les placer ».

« J’ai eu quelques crampes », Olivier Le Gac

Au pied de la première des trois difficultés du final, l’écart avec l’échappée est passé sous les trois minutes tandis que l’écrémage a commencé à s’effectuer par l’arrière. Au moment d’entamer la deuxième bosse, il n’y avait même plus qu’une trentaine d’hommes au sein d’un peloton également décimé par des chutes et cassures dans la descente d’Alferce. Pour le compte de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, Olivier Le Gac était encore présent, et il a donc pu entamer, quelques minutes plus tard, l’ascension finale de l’Alto da Foia (7,7 km à 5,8%) au sein du groupe de tête. « L’enchainement a rendu le final très difficile, relatait Frédéric. Olivier s’est accroché au maximum. Il avait envie de se donner à fond et de faire le meilleur résultat possible sur l’étape pour ne pas avoir de regrets ». Le Breton a finalement été distancé lorsque les grandes offensives ont débuté, à quatre kilomètres du sommet. Il a alors rejoint la ligne avec une minute et cinq secondes de retard sur le vainqueur Ethan Hayter. « Les jambes répondaient plutôt bien, mais j’ai eu quelques crampes dans le final, disait l’intéressé. J’ai subi un petit coup de chaud hier, ça a peut-être joué aujourd’hui. Après un mois sans compétition, c’est en tout cas plutôt encourageant. Je suis assez satisfait de ma journée ».

Olivier Le Gac occupe ainsi la 22e place du classement général ce jeudi soir, à 1’05 du maillot jaune. « Toute l’équipe a bien couru aujourd’hui, on était bien ensemble, ajoutait-il. C’était plutôt une bonne journée. On va essayer de continuer dans ce sens-là jusqu’à dimanche ». Vendredi, c’est un profil relativement plat qui attend les coureurs en direction de Tavira. « Ça peut être un peu plus ouvert, explique Frédéric. Certains essaieront peut-être d’aller dans l’échappée. Ce sera certainement compliqué d’aller au bout, mais il faut bien essayer. Suivant le déroulé du final, on essaiera peut-être de s’articuler autour de Marijn [van den Berg], mais les sprints sont tout de même houleux ici et il ne faudra pas prendre de risques inutiles sachant que nous n’avons pas non plus le coureur le plus rapide du plateau ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr