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David Gaudu retourne au charbon

David Gaudu a repris le Tour de France ce mardi de la même façon qu’il l’avait suspendu avant la journée de repos : à l’offensive. Après son échappée vers Andorre-la-Vieille dimanche, soldée par une septième place, le jeune grimpeur breton a de nouveau réussi à intégrer le bon coup lors de la seizième étape vers Saint-Gaudens. Néanmoins à contretemps face au vainqueur Patrick Konrad, il a dû se contenter de la neuvième place du jour au sein d’un groupe de poursuivants. Auteur de son troisième top-10 dans ce Tour de France, le leader de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est par ailleurs hissé au onzième rang du général et lorgne déjà les prochaines opportunités.

« David avait tout le monde sur le dos », Frédéric Guesdon

Au lendemain de la seconde journée de repos, le Tour de France reprenait ce mardi son périple à travers les Pyrénées, entamé dimanche vers la principauté d’Andorre. C’est d’ailleurs de cette même région que les coureurs repartaient pour cette seizième étape, les rapatriant en France du côté de Saint-Gaudens, à travers les Cols de Port, de la Core et du Portet-d’Aspet. Le profil de la journée laissait de nouveau entrevoir la victoire d’une échappée, qui comme de coutume sur ce Tour 2021, a tardé à voir le jour. Kasper Asgreen a lancé les hostilités de bonne heure mais l’offensive du Danois et de quelques autres était annihilée dans la descente du Col de Port, après une soixantaine de kilomètres. « Le départ a été très rapide et ça a duré un bon moment, confirmait Frédéric Guesdon. Le bon coup est finalement parti juste après la descente du premier col ». Un trio composé de Fabien Doubey, Christopher Juul-Jensen et Jan Bakelants a ainsi pris les commandes, puis un groupe de poursuite d’une dizaine de coureurs s’est extirpé à un second échelon. Parmi eux se glissait David Gaudu. « Je voulais m’économiser un peu au début et éventuellement prendre l’échappée si ça allait bien, confiait le Breton. J’ai réussi à flairer le bon coup et j’ai été parmi les derniers à sortir, en compagnie de Skujins, Wright et Aranburu ».

Toutefois, c’est avec un débours d’environ quarante-cinq secondes que le groupe de chasse a entamé le long Col de la Core (13km à 6,6%). Dès les premières pentes, Patrick Konrad a attaqué en solitaire pour établir la jonction tandis que David Gaudu préférait temporiser. « Ça tournait plutôt bien, j’avais de bonnes jambes, assurait-il. Quand Konrad est parti tout seul, je me suis dit que ça faisait quand même vraiment loin de l’arrivée. Au final, c’est peut-être lui qui avait raison, car j’ai été obligé de relancer sur le sommet car mon groupe ne montait pas si vite ». À l’avant, Konrad a substitué Juul-Jensen dans le trio de tête, mais celui-ci n’a basculé dans la descente qu’avec une quinzaine de secondes de marge. La jonction semblait imminente, et pourtant. « On a relancé, on est presque rentrés, mais la collaboration est alors devenue moins bonne, relatait David. Peut-être avaient-ils un peu peur de moi dans le Portet-d’Aspet ». L’écart a de nouveau gonflé à plus de trente secondes et le jeune Français s’est retrouvé sur une corde fine. « Il était très surveillé car il était sur le papier le meilleur grimpeur avec Konrad, expliquait Frédéric. Il avait tout le monde sur le dos. Konrad, son adversaire numéro 1, avait lui pris un coup d’avance et a fait la course parfaite. David a couru après lui mais il n’a jamais pu boucher le trou et n’a pas reçu trop d’aide extérieure ».

« J’espère que je pourrai encore être offensif », David Gaudu

Dans les plus forts pourcentages du Col du Portet-d’Aspet, le double vainqueur d’étape sur la Vuelta a logiquement tenté le tout pour le tout en intensifiant clairement le tempo. « J’ai remis ça et on a cette fois-ci fait la différence avec Colbrelli, poursuivait David. On est revenus à une vingtaine de secondes au sommet, mais on n’a finalement jamais pu rentrer. Konrad a fait un énorme numéro. On a eu beau passer des relais à bloc et se mettre au sprint pour reprendre les roues, on n’arrivait pas à boucher, donc bravo à lui ». « David était un peu isolé, et peut-être que le parcours n’était pas assez dur pour lui aujourd’hui », ajoutait encore Frédéric. Patrick Konrad n’a donc jamais été revu et a franchi la ligne en vainqueur quarante-cinq secondes avant un groupe de poursuite qui s’est disputé les places d’honneur. Bien présent dans ce sprint en petit comité, David Gaudu a été légèrement gêné et a dû se contenter de la neuvième place. « Il est déçu et nous aussi, car seule la victoire compte sur le Tour, commentait Frédéric. Il a tenté, ça n’a pas marché. C’est dommage car je pense qu’il avait les jambes pour. Je suis persuadé qu’il aura encore une chance d’en remporter une d’ici la fin du Tour ». Auteur d’un rapproché au général (désormais onzième, ndlr) grâce aux treize minutes reprises au peloton, David Gaudu concluait sur une note positive : « C’est tout de même de bon augure. J’avais de bonnes sensations et je sentais que j’avais de la force. Il va maintenant falloir récupérer. Il reste deux étapes pour faire le maximum et j’espère que je pourrai encore être offensif ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr