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Stefan Küng redonne de l’allant

Au lendemain d’une journée à effacer des mémoires, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est remise sur les bons rails, dès ce jeudi, lors de la douzième étape du Tour de France. Grâce à son rouleur helvète Stefan Küng, elle a ainsi été représentée dans la bonne échappée du jour, formée dans les bordures du début de course. Le champion d’Europe du contre-la-montre a même joué les tous premiers rôles dans le final avant de prendre la quatrième place à l’arrivée. La dynamique est relancée.

« Mon corps était juste à bout », Stefan Küng

Moins de vingt-quatre heures après une pénible étape sur les pentes du Mont Ventoux, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ ne présentait certes que quatre coureurs au départ de Saint-Paul-Trois-Châteaux ce jeudi. Mais quatre coureurs combatifs. « Le scénario de course d’hier a rebattu les cartes de notre côté, mais on repart avec autant de motivation, assurait ainsi Valentin Madouas. Toutes les étapes seront des courses d’un jour, on est tous ambitieux et on veut tous une étape ». Cela commençait dès ce douzième acte, légèrement vallonné en direction de Nîmes, mais surtout balayé par des bourrasques dans les premiers kilomètres. « Au briefing, on avait prévenu les garçons qu’il y avait une forte probabilité que l’échappée aille au bout, exposait Yvon Madiot. C’était très nerveux avec le vent au départ mais Stefan est vraiment resté placé et les coureurs qui se sont retrouvés devant étaient ceux qui étaient présents dans la première bordure. Ça s’est fait à la pédale et au courage pour sortir ». Le peloton était ainsi encore éparpillé en plusieurs morceaux lorsqu’un groupe de treize costauds s’est formé après quinze kilomètres de course. Au sein de celui-ci, Stefan Küng retrouvait quelques uns des coureurs qu’il a l’habitude de fréquenter sur les Classiques printanières. Le peloton a dès lors rapidement abdiqué et les coureurs échappés ont compris après seulement quelques minutes que la victoire du jour reviendrait à l’un d’entre eux.

Le champion d’Europe du contre-la-montre n’a, dans un premier temps, pas été avare d’efforts pour créer la brèche décisive. Lorsque les choses se sont animées en tête de course à cinquante kilomètres du but, il a en revanche tenté d’être plus économe, mais parvenait malgré tout à accrocher le bon wagon de quatre coureurs à quarante bornes du terme, en compagnie d’Imanol Erviti (Movistar), Nils Politt (Bora-hansgrohe) et Harry Sweeny (Lotto-Soudal). La bonne collaboration a ensuite permis au groupe de reléguer le reste de l’échappée à une minute, mais les espoirs de victoire se sont volatilisés pour Stefan Küng dans l’ultime bosse de la journée, à quinze bornes du terme. « Après seulement trente kilomètres aujourd’hui, j’ai senti que j’étais un peu vidé, avouait Stefan. Je me suis dit que c’était peut-être le cas de tout le monde, mais sur la fin je n’avais plus rien dans les jambes. J’étais au bout de moi-même. Je n’avais simplement pas assez de réserves aujourd’hui pour pouvoir jouer la gagne. Je me suis accroché, j’ai tout donné et j’ai vraiment tout essayé. Je me suis très bien alimenté pendant l’étape, mais si les réserves sont déjà vides au départ, ça n’est pas bon signe. J’ai commencé à avoir des crampes et mon corps était juste à bout. Je ne pouvais pas faire plus. On a des limites et mon corps me l’a rappelé ».

« Une quatrième place encourageante », Yvon Madiot

Dans l’incapacité de suivre ses trois collègues échappés, Stefan Küng a malgré tout su résister au groupe de contre pour accrocher la quatrième place d’une étape remportée par Nils Politt. « Il a géré au mieux, mais il lui a manqué un peu d’énergie dans les dix derniers kilomètres, relevait Yvon. Il a beaucoup travaillé pour le groupe tous les jours, et il l’a un peu payé aujourd’hui. C’est un peu dommage car c’était une belle occasion, mais il a fait une belle course et on ne peut rien lui reprocher. La fatigue a finalement pris le dessus. C’est tout de même une quatrième place encourageante »« J’aurais bien aimé gagner aujourd’hui, complétait Stefan. Malheureusement, je n’avais pas assez récupéré des derniers jours. Il ne faut pas oublier qu’on est au douzième jour d’un Tour particulier et dur comme je n’en ai jamais connu. Je savais que ça pouvait être une bonne étape pour l’échappée, alors je me suis mis à la planche, mais en réalité j’étais vidé ». Il a, quoiqu’il arrive, donné le ton pour les neuf étapes à suivre. « Je ne cesserai pas de me battre pour gagner une étape, concluait Stefan. On a perdu nos espoirs pour le général, mais le Tour n’est pas fini. Pour moi, il y a bien évidemment le chrono l’avant-dernier jour. On va réessayer, mais je crois qu’il va d’abord me falloir quelques jours pour récupérer ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr