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Giro d’Italia (15) – L’impressionnante échappée de Quinten Hermans

À la veille de l’étape reine du Tour d’Italie (2.UWT), le peloton faisait escale ce dimanche à la frontière italo-slovène, pour une quinzième étape longue de 147 kilomètres. Après un départ depuis la lagune de Grado en Frioul Vénétie-Julienne, le peloton s’est dirigé vers la Slovénie pour rencontrer l’unique difficulté de la journée, l’ascension de Gornje Cerovo (1.1 km à 8,1%), à parcourir à trois reprises. 16 kilomètres séparaient le dernier passage au sommet de l’arrivée désignée à Gorizia.

Cette étape a d’abord connu un faux départ, avec une chute massive à l’arrière du peloton qui venait à peine de quitter Grado. Les organisateurs ont décidé de neutraliser temporairement la course, et permettre à l’ambulance de panser les plaies. Aucun coureur de Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux n’a été impliqué dans l’accident. 

Une fois le cours normal de l’étape retrouvé, une échappée de 15 coureurs s’est constituée. Le Belge Quinten Hermans, actif depuis les premiers jours du Giro, faisait partie du groupe de tête. Le peloton leur a rapidement accordé une avance conséquente, celle-ci culminant à 12 minutes à 75 kilomètres de l’arrivée. À nouveau sur ce Tour d’Italie, les coureurs dirigés par Valerio Piva et Steven De Neef avaient donc réussi à intégrer l’échappée qui allait se disputer la victoire d’étape. 

Les premières accélérations entre les hommes de tête ont démarré à 30 kilomètres de l’arrivée. Trois coureurs ont anticipé la dernière ascension de Gornje Cerovo, prenant rapidement 30 secondes d’avance. Hermans, le plus fort de la poursuite, a accéléré dans les pentes les plus raides de la montée longue de 1100 mètres. Il s’est ensuite engagé tambour battant dans la descente rendue dangereuse par une soudaine pluie torrentielle. 

Campenaerts (Qhubeka) et Riesebeek (Alpecin), les deux hommes en tête, ont finalement résisté au retour du groupe Hermans, et le premier cité est sorti vainqueur d’un sprint à deux. Quinten Hermans, qui dispute son premier Grand Tour, a franchi la ligne à Gorizia en cinquième position, à 7 secondes de Campenaerts. 

Quinten Hermans :
«Nous avons reçu dix généreuses minutes de la part du peloton, et à partir de là, je savais que certains coureurs de l’échappée commenceraient à en garder sous la pédale. Avec une avance plus faible, chacun aurait accompli sa part de travail et aurait moins calculé. J’ai trouvé cela dommage car cela a permis à certains coureurs d’arriver plus frais dans la finale. En cours de route, j’avais décidé de tout miser sur la dernière ascension de Gornje Cerovo. Là, j’ai réalisé un bel effort, mais Campenaerts et Riesebeek étaient déjà hors de portée. J’avais de bonnes sensations dans les montées mais je n’ai pas reçu beaucoup d’aide. Je tire mon chapeau aux deux hommes qui se sont disputés la victoire. La semaine prochaine, je me vois bien essayer quelque chose dans l’étape qui mène à Stradella. Mais avant, il faudra survivre à l’étape de demain. »

Etape 15 :
1. Victor Campenaerts
2. Oscar Riesebeek
3. Nikias Arndt +7
5. Quinten Hermans
53. Rein Taaramäe +17:21
93. Andrea Pasqualon
105. Simone Petilli +17:39
120. Riccardo Minali
126. Wesley Kreder
131. Jan Hirt
141. Taco van der Hoorn +17:52

Classement général provisoire :
1. Egan Bernal
2. Simon Yates +1:33
3. Damiano Caruso +1:51
18. Rein Taaramäe +16:04
32. Jan Hirt +48:13
46. Quinten Hermans +1:03:41  
62. Simone Petilli +1:27:44
91. Andrea Pasqualon +2:00:06
107. Taco van der Hoorn +2:17:03
145. Wesley Kreder +2:56:30
154. Riccardo Minali +3:12:12

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Giro d’Italia (4) : Rein Taaramäe et Quinten Hermans assurent le show

Au lendemain d’une journée historique pour Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, le Tour d’Italie (2.UWT) reprenait ses droits avec une quatrième étape qui, comme la veille, a pris son départ dans des conditions dantesques, sous la pluie. Le peloton du Giro n’allait pas encore se rendre dans la haute montagne ce mardi, mais les 187 kilomètres entre Piacenza et Sestola avaient de quoi enclencher la bagarre pour le classement général.

Les 70 premiers kilomètres traversant Pontenure, Parme et Ciano D’Enza étaient dépourvus d’obstacles, en revanche la deuxième moitié du parcours affichait de nombreuses ascensions, seules trois étant répertoriées au classement de la montagne. Le sommet de la dernière montée, le Colle Passerino (4,3 km à 9,5%), trônait à un peu moins de 2 kilomètres de l’arrivée. 

Immédiatement après le départ officiel, le Belge Quinten Hermans faisait connaître ses intentions de faire la course. En duo avec Campenaerts (Qhubeka), il bataillera pendant une trentaine de kilomètres pour se détacher. Les deux hommes seront rejoints dans leur initiative par 23 autres coureurs, dont l’Estonien Rein Taaramäe, et l’échappée définitive avait pris forme. Pour la deuxième journée consécutive, les hommes de Valerio Piva et Steven De Neef assuraient la présence de l’équipe Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux à l’avant sur ce Tour d’Italie. 

Arrivés à la première ascension répertoriée de Castello di Carpenti (3 km à 7,8%), les hommes de tête comptaient près de 6 minutes d’avance. Taaramäe jouait les points au classement de la montagne, à la lutte avec Gavazzi (EOLO), coéquipier du détenteur du maillot bleu Albanese. Passé deuxième au sommet, l’Estonien marquait 4 points avant de s’engager dans la longue descente menant vers la vallée de Ponte Secchia. Il restait alors 70 kilomètres à parcourir.

C’est à ce moment précis que Hermans et Taaramäe ont pris les devants. Suivis par Juul Jensen (Bike-Exchange), les deux héros du jour se sont livrés corps et âme pour forcer la décision. Ils ont rapidement creusé sur la poursuite, comptant jusqu’à 2 minutes au moment d’aborder la montée raide de Montemolino (2 km à 11%), située à 40 kilomètres de l’arrivée. Hermans lâchait prise devant après s’être admirablement sacrifié pour son coéquipier. Taaramäe, vainqueur d’étape en 2016, marquait 9 autres points au classement de la montagne au sommet.

L’espoir d’une victoire d’étape était maintenant joint par l’espoir d’un maillot rose. Le déficit du peloton était de 5 minutes alors que l’on entrait dans les 30 derniers kilomètres de cette étape. À 53 secondes de Ganna (INEOS) au général, l’Estonien recevait finalement l’aide de Juul, mais l’écart avec les poursuivants restait aux alentours de la minute. 

C’est avec cette avance que les hommes de tête ont abordé la dernière ascension. Mais les 4 kilomètres à 10% de pente moyenne se sont révélés fatals à Taaramäe, qui sera repris par la poursuite à 4 kilomètres de l’arrivée. Il terminera neuvième de l’étape remportée par Dombrowski (UAE), au bout de 5 heures de combat sous la pluie. 

Rein Taaramäe :
«Quinten Hermans était très fort aujourd’hui, et avec lui nous étions dans une physionomie idéale dans l’échappée. À deux, nous avons attaqué au sommet du Castello di Carpineti, car l’idée était de provoquer la décision de loin sachant que le reste de l’étape n’avait plus aucune portion de plat. On a maintenu le rythme le plus possible, dans l’optique d’une victoire d’étape voire du maillot rose. J’ai certes manqué de peu la récompense mais j’ai récolté de précieux points au classement de la montagne, qui pourrait devenir un objectif. J’ai apprécié cette journée, et ce mauvais temps n’était pas pour me déplaire car j’adore la pluie. Mais ce que j’aime c’est me montrer offensif. Ce n’est que partie remise.”
  
Valerio Piva :
« Nous avions convenu de miser sur Rein Taaramäe et Quinten Hermans pour espérer intégrer une grosse échappée. Quinten est finalement celui qui a allumé la mèche. Rein était très attentif et il a su accrocher le bon coup. Ils se sentaient forts, et à 70 kilomètres ils se sont engagés dans un raid impressionnant. Dans les montées, Rein faisait forte impression et il semblait notre meilleur atout pour l’étape. Quinten s’est alors sacrifié de manière admirable, laissant de côté ses ambitions personnelles au profit du bien de l’équipe. Ce genre d’effort, qui prône l’altruisme au calcul individuel, me rend particulièrement fier. Notre équipe est unie autour du même objectif, celui d’honorer nos couleurs et de le faire avec l’esprit combatif. Et c’est dans cet esprit que Rein s’est battu jusqu’à l’arrivée. Nous avons tenté, et nous tenterons encore.  »

Etape 4 :
1. Joe Dombrowski
2. Alessandro De Marchi +13
3. Filippo Fiorelli +27
9. Rein Taaramäe +1:33
47. Jan Hirt +5:20
85. Andrea Pasqualon +13:55
87. Simone Petilli  
101. Quinten Hermans +18:07
159. Wesley Kreder +23:06
160. Taco van der Hoorn
174. Riccardo Minali 

Classement général provisoire :
1. Alessandro De Marchi
2. Joe Dombrowski +22
3. Louis Vervaeke +42
14. Rein Taaramäe +1:47
43. Jan Hirt +5:49
81. Andrea Pasqualon +14:22
87. Quinten Hermans +18:20  
115. Taco van der Hoorn +23:34
123. Simone Petilli +24:00
172. Wesley Kreder +37:53
179. Riccardo Minali +41:34

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