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Une réaction d’orgueil ponctuée par un podium de Valentin Madouas

Au lendemain d’une journée compliquée à Vitré, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a parfaitement renversé la tendance ce samedi lors de la Classic Loire-Atlantique. Dans une course extrêmement mouvementée, et de nouveau marquée par des conditions climatiques difficiles, Valentin Madouas et ses coéquipiers ont largement pesé sur le scénario du jour. Le Breton est même allé accrocher la deuxième place sur la ligne d’arrivée tandis que Miles Scotson s’est doté de la quatrième. La victoire manque à l’appel, mais la manière était elle bien présente.

En se dirigeant 150 kilomètres plus au sud, en direction de La Haye-Fouassière, le groupe de Thierry Bricaud espérait sans doute connaître des conditions plus clémentes qu’à Vitré, ce samedi. Il n’en a rien été. Dès le départ de la Classic Loire Atlantique, la pluie a fait son apparition sur le parcours, et le vent s’est également invité à la fête. Malgré une météo pour le moins capricieuse, la Groupama-FDJ avait un objectif clair ce matin : corriger sa prestation de la veille. « Il fallait se remettre en question, tout simplement, indiquait Thierry. Le vrai problème est que nous avons eu des conditions climatiques apocalyptiques ces deux derniers jours. Or, quand tu n’es pas impliqué à 100%, tu sors rapidement de la course et tu n’es de fait pas acteur. On devait se remettre dans le match ». Le message est visiblement bien passé puisqu’au terme du premier des onze tours (16,8 km) du circuit, Valentin Madouas et Tobias Ludvigsson sont parvenus à se glisser dans une échappée de quatorze coureurs. Un vrai mano a mano s’est alors installé avec les équipes piégées dans le peloton, et l’écart a longtemps oscillé entre quarante-cinq secondes et une minute.

« Ça s’est fait à la fraîcheur », Valentin Madouas

« On voulait être en surnombre à chaque fois et on savait que la course pouvait être vite pliée, ajoutait Thierry. Ça n’a pas été le cas mais ça s’est joué à peu de choses. Ça a tout de même duré 80 kilomètres. Il n’a pas fallu grand-chose pour que le peloton cède. Le peloton a eu raison au final, mais on a toujours réussi à garder un coup d’avance ». Peu après la mi-course, le regroupement « général » s’est donc opéré, mais de nombreux coureurs avaient déjà quitté l’épreuve, et c’est alors Miles Scotson qui filait en tête avec Maxime Jarnet (Intermarché-Wanty Gobert). « Toutes les équipes étaient démunies et avaient perdu beaucoup d’éléments alors qu’on avait encore quasiment tout notre groupe dans un peloton d’une cinquantaine, relevait Thierry. Collectivement, ils ont pu peser sur la course, et ça a notamment permis à Miles d’aller loin. Même si on savait que c’était voué à l’échec, car très loin de l’arrivée (près de 90 km), ça permettait aux gars derrière de souffler et d’avoir un coup d’avance ». En tête, l’Australien a alors réalisé un joli numéro, se délestant par ailleurs de son compère de fuite à plus de cinquante kilomètres du terme. Il a entamé seul les deux derniers tours et a finalement vu le retour de quatre hommes de l’arrière à environ vingt kilomètres de l’arrivée. Une dizaine de minutes plus tard, c’est son propre coéquipier qui parvenait à faire le jump depuis un second groupe de poursuite pour venir se greffer à la tête de course.

À l’amorce du dernier tour, Dorian Godon opérait également la jonction, puis les six hommes n’ont pu se départager avant les ultimes kilomètres. Trois coureurs sont même rentrés avant la flamme rouge et c’est un sprint en petit comité qui a décidé du vainqueur. Alan Riou l’a ainsi emporté, d’une courte tête devant Valentin Madouas, Miles Scotson échouant lui au pied du podium. À l’arrivée, le Breton relatait avec ces mots ce final à suspense : « J’ai un peu payé mon effort pour rentrer. J’ai alors tout misé sur le sprint, que je connaissais bien. Je m’étais fait avoir sur le championnat de France 2019 sur ce même circuit. Je m’en voulais un peu à l’époque mais je savais du coup comment manœuvrer sur ce final un peu particulier, avec une petite cuvette et une arrivée difficile. J’ai attendu le dernier moment pour faire mon effort mais ça n’a pas suffi. Je n’ai pas de regrets car je suis tombé sur un coureur plus fort dans le sprint. J’ai mis toutes les chances de mon côté, mais ça s’est fait à la fraicheur et j’avais quand même réalisé pas mal d’efforts au préalable. Il m’a manqué ce petit quelque chose pour obtenir la première place mais je suis satisfait de ce podium. J’ai battu Godon au sprint, j’ai donné le maximum. C’est juste dommage de ne pas l’emporter car l’équipe a vraiment fait une course extraordinaire ».

« Ils ont tous été acteurs aujourd’hui », Thierry Bricaud

Après la déconvenue de la veille, Thierry Bricaud soulignait justement le comportement de ses hommes: « Au niveau de l’état d’esprit et de l’engagement, il n’y a rien à redire. On a fait la course qu’on devait faire. On est battu par un Riou plus fort dans le sprint, mais collectivement, les gars ont été bons. On était dans le vrai aujourd’hui. On était bien présents malgré la grosse course d’élimination toute la journée. La deuxième place est forcément frustrante car on ne se souvient que de la victoire, mais je retiens l’esprit collectif de mes sept coureurs. Ils ont certes subi hier, mais ils ont tous été acteurs aujourd’hui. Qu’on gagne ou qu’on perde au final, c’est le jeu, mais on se doit d’être impliqué collectivement et c’est ce qui a fait leur force aujourd’hui. C’est aussi une preuve que ça se joue avant tout dans la tête, surtout dans ces conditions ». Auteur de son sixième podium de l’année, Valentin Madouas tirait de bons enseignements quant à sa condition physique – « je suis dans le match », mais saluait lui aussi la réaction d’orgueil du groupe. « On a tous été présents, tout le monde s’est battu, relevait-il. On n’avait pas montré notre meilleur visage sur les dernières courses. On a réussi à bien se remotiver et on a pu montrer de belles choses aujourd’hui. C’est dommage de ne pas pouvoir concrétiser car l’équipe l’aurait mérité, mais on passe proche et c’est déjà une belle performance. C’est une belle revanche sur hier. Collectivement on a été très très bons et on a fait une très belle course. On voyait bien que tous les gars avaient la hargne malgré la course difficile avec la pluie et le vent. Il fallait vraiment en vouloir pour terminer aujourd’hui. Il y a eu une remise en question de tout le groupe, c’est une très bonne chose et c’est de bon augure pour les prochaines échéances ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

David Gaudu et la Groupama-FDJ sortent par la grande porte

Le Tour de Luxembourg s’est ce samedi achevé de la meilleure des façons pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. Dans les rues de la capitale, et après un final explosif, David Gaudu est ainsi parvenu à lever les bras en anticipant très intelligemment dans les derniers hectomètres. Le Breton permet non seulement à l’équipe de tirer un bilan très positif de son séjour dans le Grand-Duché, mais aussi de débloquer à la fois son compteur (3) et celui de l’équipe (22), respectivement bloqués depuis cinq et un mois. En somme, un succès qui fait le plus grand bien et qui laisse augurer de belles choses pour les prochaines échéances.

« Je ne voulais pas avoir de regrets », David Gaudu

Comme ce fût le cas tout au long de la semaine, le terrain était encore bien accidenté ce samedi, pour l’acte de clôture du Tour de Luxembourg. Près de 3300 mètres de dénivelé positif étaient même répartis sur les 183 kilomètres de course, et un circuit final usant autour de la capitale du Grand-Duché laissait entrevoir un final animé. Au préalable, un quatuor composé de Ben King (Rally Cycling), Otto Vergaerde (Alpecin-Fenix), Morten Hulgaard (Uno-X) et Kenny Molly (Bingoal-Pauwels Sauces WB) a joué son va-tout face au peloton et a d’ailleurs compté jusqu’à sept minutes d’avance. Un écart néanmoins ramené à deux minutes à trente-cinq bornes du but, soit peu avant l’entrée sur le circuit. « On avait imaginé durcir à ce moment-là de la course, mais d’autres équipes l’ont fait à notre place, donc on a laissé faire », expliquait Sébastien Joly. Dans le court mais abrupte Pabeierbierg (700m à 9%), la sélection s’est donc entamée. Le peloton a été réduit de moitié, et a encore perdu de nouveaux éléments un tour plus tard lorsque Sébastien Reichenbach a lancé un forcing dans cette même difficulté, à environ quinze kilomètres du but. Le même Reichenbach a plus tard initié une offensive à l’occasion de l’autre bosse du circuit, plus roulante. « C’était bien d’attaquer pour faire travailler les autres équipes, sans désorganiser, analysait Sébastien Joly. Cela nous a permis d’arriver dans de bonnes conditions au pied de la dernière bosse ». Une quarantaine d’hommes se sont donc présentés au pied de cette difficulté, dont le sommet n’était situé qu’à un kilomètre de la ligne d’arrivée.

Comme attendu, l’ascension a été extrêmement intense et Cosnefroy, Almeida et Hirschi parvenaient à atteindre le sommet avec quelques longueurs d’avance. « Quand Cosnefroy a attaqué, c’était très violent, y compris pour les trois meilleurs, expliquait Sébastien. Au sommet, ils ne regardent pas, ils sont à bout de souffle. Et c’est le moment que choisit David pour attaquer ». À un deuxième échelon dans le final de l’ascension, David Gaudu a d’abord établi la jonction avant d’anticiper, à 500 mètres de la ligne. Le principal intéressé racontait : « Depuis hier soir, j’avais dans la tête de ne pas attaquer dans la bosse. Je m’étais dit : ‘si tu attaques, tu n’en mets qu’une, dans le dernier kilomètre, quand tout le monde se regarde’. C’est ce qu’il s’est passé. C’était un final très difficile et je sentais que je n’étais pas le plus fort aujourd’hui. Si je voulais gagner, il fallait contrer. Je ne voulais pas avoir de regrets donc je me suis dit ‘lance et on verra bien’. J’ai réussi à prendre un peu d’avance, passé le dernier virage aussi vite que je le pouvais et j’ai tout donné jusqu’à la ligne d’arrivée. J’ai eu peur que le scénario du premier jour se répète. Je voyais le maillot jaune revenir petit à petit, mais j’ai tout donné dans le sprint et c’est passé ! ». Le jeune homme s’est ainsi offert la victoire du jour au nez et à la barbe de Joao Almeida et d’une dizaine de coureurs, dont Thibaut Pinot. « David a eu de la vista, saluait Sébastien. Il a ce côté coursier inné. C’est hyper inspirant pour tous, et c’est aussi ce que je retiens de cette journée. Déjà lors de la première étape, il avait attaqué au bon moment. Il sent les choses, et c’est avant tout ça être un coursier. C’est bien que ça ait souri aujourd’hui. Le terrain n’était sans doute pas assez dur pour nous sur le papier, mais c’est à nous de nous adapter. Et David s’est particulièrement bien adapté ».

« On sent qu’une belle énergie est en train de repartir », Sébastien Joly

L’équipe toute entière était d’ailleurs euphorique sur la ligne d’arrivée, signe d’une course collective menée à bien. « On mérite cette victoire, martelait Thibaut, treizième du jour et septième du général, soit un rang derrière David Gaudu. Toute l’équipe marchait très fort et on tournait autour lors des dernières courses. C’est très bien d’enfin mettre au fond ». « Je suis très heureux, et ça récompense la semaine de l’équipe, reprenait David. Depuis le début de l’épreuve, on est là, à l’attaque, et on essaie de faire les choses bien. Encore aujourd’hui, l’équipe a fait un grand travail toute la journée pour nous placer au pied des bosses et pour nous protéger du vent. On était à la recherche d’une victoire depuis un moment. C’est fait, donc on est heureux. Elle me fait du bien personnellement, mais je pense aussi qu’elle fait du bien à toute l’équipe ». « Elle fait effectivement du bien, d’autant que c’est une victoire sur une belle course Hors Catégorie, avec de grosses équipes et une grosse densité, abondait Sébastien Joly. De manière générale, on sent qu’une belle énergie est en train de repartir. Ça devrait promettre une belle fin de saison. Le bilan de la semaine est bon, et ça nous a surtout permis de nous jauger physiquement. On a pu constater que sur les étapes les plus difficiles, on était là. C’est prometteur en vue des Classiques italiennes. C’était loin d’être une course de préparation, mais c’est en tout cas une excellente préparation pour ces courses qui se profilent dans une dizaine de jours ».

Avant la dernière ligne droite transalpine, un léger repos sera tout de même le bienvenu pour David, Thibaut & co. « On ressort avec le plein de confiance, concluait enfin David. On va continuer de travailler pour peaufiner les derniers réglages, puis ce sera cap sur les Classiques italiennes ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr