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Thibaut Pinot et Sébastien Reichenbach avec les meilleurs au sommet de Zinal

L’étape reine du Tour de Romandie, ce samedi, aura bienprovoqué quelques dégâts. Mais sans doute pas autant que certains l’espéraient. Malgré une belle dose de dénivelé positif et de nombreuses ascensions répertoriées, c’est en effetun sprint entre les principaux favoris qui a conclu la journée au sommet de Zinal. En jambes, Thibaut Pinot s’est mêlé à la bagarre dans les derniers hectomètres mais a dû se contenter d’une cinquième place. Son coéquipier Sébastien Reichenbach (8e) a terminé dans le même temps, et grimpe à la septième place du classement général à la veille du chrono en côte de clôture. 

« J’avais de bonnes jambes », Thibaut Pinot

Sur le papier, le morceau s’annonçait coriace. En guise de grande étape de montagne, le Tour de Romandie avait concocté un quatrième acte de 180 kilomètres cumulant plus de 4000 mètres de dénivelé positif ce samedi. Tout commençait sur les coups de onze heures depuis Aigle, où est installé le Centre Mondial du Cyclisme. Il n’a pas fallu patienter bien longtemps pour voir l’échappée du jour se développer avec pas moins de douze hommes. Quinten Hermans (Intermarché-Wanty Gobert), Oscar Rodriguez (Movistar), James Know (Quick Step-Alpha Vinyl), Ion Izagirre (Cofidis) et quelques autres ont très vite pu prendre leurs distances et se construire un avantage de près de quatre minutes avant d’attaquer la première ascension du jour, après 60 kilomètres. À cette occasion, le peloton s’est quelque peu rapproché, mais cela a été d’autant plus flagrant lorsque les coureurs ont atteint le pied de la deuxième difficulté vers Les Pontis. La formation Bahrain-Victorious a ainsi tenté de faire le forcing, ramenant le peloton à moins d’une minute des fuyards, avant de finalement interrompre son entreprise. Un coup d’épée dans l’eau qui a été suivi par une temporisation. Alors, au moment de plonger vers « l’ascension finale », se décomposant en plusieurs paliers, les rescapés de l’échappée retrouvaient une marge décente d’environ trois minutes. 

Ce n’est qu’à l’approche de la deuxième montée des Pontis, premier palier de l’ascension finale, que le paquet s’est véritablement remis en marche. L’écart s’est logiquement réduit et l’Équipe cycliste Groupama-FDJ n’y était pas étrangère puisque Matteo Badilatti a passé quelques solides relais. Au moment d’entamer la dernière ascension répertoriée, Izagirre et Rodriguez ne disposaient plus que d’une minute de marge et le peloton, de plus en plus émietté, a fini par les avaler à huit bornes du but. Rudy Molard, Thibaut Pinot et Sébastien Reichenbach figuraient alors encore dans un groupe de favoris composé d’à peine vingt unités. Dans les rampes finales, menant à Zinal, la Jumbo-Visma du leader Rohan Dennis a gardé la mainmise alors qu’Einer Rubio naviguait une poignée de secondes devant. Après un ultime replat, la route s’est cabrée une dernière fois à la flamme rouge et les favoris se sont tantôt marqués, tantôt attaqués. L’attaquant colombien a été repris à 300 mètres du but et le sprint entre cadors a été lancé quelques instants plus tard. Bien positionné, Thibaut Pinot a été légèrement gêné dans sa mise en action et n’a pu prendre la roue du vainqueur Sergio Higuita, se contentant alors de la cinquième place sur la ligne. « Même s’il y avait 4000 mètres de dénivelé, on ne les a pas sentis, et c’était plutôt une étape de moyenne montagne,regrettait Thibaut. En plus de ça, il y avait du vent. C’est dommage. Le parcours est un peu frustrant mais il faut faire avec. J’avais de bonnes jambes aujourd’hui mais on ne pouvait pas faire grand-chose. On a donc décidé de miser surle sprintça s’est joué de peu, mais je suis quand même content des sensations aujourd’hui »

« Je vais faire le chrono à fond », Sébastien Reichenbach

Son coéquipier Sébastien Reichenbach a terminé dans son sillage, en huitième position, et également dans le temps du vainqueur. Sur SON étape, le grimpeur helvète a donc assuré l’essentiel. « Pour moi, l’objectif est réussi, disait-il. Étant placé au général, je devais surtout suivre les favoris. Pour l’étapeon avait Thibaut. Je l’ai vu à l’œuvre, il avait vraiment de bonnes jambes. Je pense qu’il a des regrets sur le sprint, c’est un peu la déception de la journée, mais on était encore trois coureurs dans le final. C’était une belle course d’équipe et on a fait avec le terrain du jour »« Le vent était prévu de dos ce matinil ne devait pas tourner, mais toute la montée finale s’est finalement faite vent de face, complétait Philippe Mauduit. Or, on sait comment ça se déroule dans ces cas-. S’il n’y a pas trop de pourcentages et qu’il y a en plus vent de face, il est plus compliqué de faire la différence. Mais ça fait partie de la course, il faut l’accepter. Ce qui est intéressant, en revanche, c’est de voir que l’équipe a eu un comportement collectif et qu’ils sont bien là avec les meilleurs. On a fait ce qu’on pouvait avec les conditions proposées ». Ce samedi soir, Sébastien Reichenbach pointe au septième rang du général, à trente-sept secondes de Rohan Dennis, tandis que Rudy Molard est 14e à cinquante-cinqsecondes. « J’aimerais évidemment conserver mon top 10 demain, ajoutait Sébastien. L’effort solitaire n’est pas ma discipline de prédilection, mais le fait que ce soit en côte peut m’avantager. Je ne sais pas ce que ça peut donner, mais je vais le faire à fond et on verra demain soir »« C’est jouable de conserver le top-10 pour Seb, acquiesçait Philippe. Je pense aussi que Thibaut va avoir envie de se tester sur le chrono, n’ayant pas pleinement pu s’exprimer aujourd’hui ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Les para-cyclistes dans le vif sujet

Plusieurs para-cyclistes de la Ligue handisport francophone ont récemment effectué un stage à Majorque en vue saison internationale 2022. L’objectif était de préparer les manches de la Coupe du Monde d’Ostende (5-8 mai) et d’Elzach (12-15 mai). Les deux rendez-vous seront sélectifs pour le Championnat du Monde 2022 qui auront lieu au Canada. L’horizon olympique « Paris-2024 » est également en vue. Le Ligue Handisport francophone a lié en 2020 un partenariat avec notre équipe Bingoal Pauwels Sauces WB dans le cadre de la préparation des athlètes, notamment en collaboration avec notre entraineur Christophe Prémont.

On rappellera que, lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, Jean-François Deberg avait signé la 8e place en contre-la-montre, Maxime Hordies avait décroché la médaille de bronze dans la même discipline (MH1/MH2) avant de se classer 6e de la course en ligne. Jean-François Deberg (MH3) s’était pour sa part classé 8e du relais mixte avec Laurence Vandevyver.

 

 

Photos de nos paracyclistes à Majorque

— eric to www.wbca.be

Dans les Ardennes, la “Conti” encore omniprésente

À Charleville-Mézières, la Conti Groupama-FDJ a conclu samedi quatre jours de course de très bonne facture sur le Circuit des Ardennes. Cette fois-ci, les hommes de Jérôme Gannat sont repartis sans victoire, mais ont tout de même fortement pesé sur la course, accrochant quatre top-10 en trois étapes – arrivées à leur terme – et en s’emparant de la deuxième place finale par l’intermédiaire de Reuben Thompson. La dynamique ne faiblit pas.

La première étape du Circuit des Ardennes, tracée autour de Signy-le-Petit, apparaissait peut-être comme la moins difficile de l’épreuve sur le papier. C’est pourtant elle qui a dès mercredi établi les rapports de force pour le reste de la course. « Il y avait du vent, ça cassait un peu de partout, et une chute a finalement tout fait exploser, relatait Jérôme Gannat. Ils se sont retrouvés à vingt-cinq devant, on avait Reuben et Lorenzo mais on avait aussi Finlay et Enzo dans la chute. On aurait évidemment préféré en avoir plus dans le bon groupe, mais ce n’était pas forcément une journée négative. Qui plus est, Reuben avait pris des secondes de bonification en filou. C’était parfait et ces trois secondes étaient importantes ». Au soir du premier acte, le Néo-Zélandais pointait donc au quatrième rang du général alors que Lorenzo Germani se dotait d’une place dans le top-10 de l’étape (9e). À l’occasion du deuxième acte, vallonné vers Sedan, le collectif de la Groupama-FDJ s’est montré bien plus présent que la veille. « Les bosses n’étaient pas énormément sélectives, mais à chaque fois que le peloton se morcelait, on était très bien représentés, notait Jérôme. On en avait toujours cinq. Seul Lorenzo avait manqué le bon wagon, c’est dommage ». Deux hommes ont finalement réussi à s’extraire d’un peloton émietté dans le final alors que Reuben Thompson se hissait à la deuxième place du général, onze secondes derrière le Suédois Lucas Eriksson (Riwal). « Dans cette arrivée de 700-800 mètres à 8%, Eriksson a pris la troisième place, des secondes de bonifications et fait un petit écart sur la ligne qui s’est avéré important pour la suite », détaillait Jérôme. Romain Grégoire se flanquait lui d’une belle quatrième place, soit son meilleur résultat de l’année sur route.

La troisième étape annulée, « préjudiciable » mais « relativement logique »

Le classement général devait grandement s’éclaircir à la faveur du Mont Saint-Walfroy (2,2 km à 8%), une ascension à répéter quatre fois et où était jugée l’arrivée de la troisième étape. Les conditions climatiques s’en sont toutefois mêlées. « Il y avait de la pluie en continu et il faisait très froid, rappelait Jérôme. On a débuté l’étape sous quatre degrés. Ce sont les conditions les plus difficiles qui soient. C’était glacial, et terrible pour les coureurs ». C’est la raison pour laquelle l’étape n’est pas allée à son terme, étant annulée avant même une ascension de Saint-Walfroy. « On était alors dans une position très favorable, racontait Jérôme. Il restait une quarantaine d’unités dans le peloton et on avait encore nos six gars. Ils avaient eux-mêmes pris la décision de rouler, pour faire une sélection mais aussi pour ne pas avoir froid. Ils étaient tous motivés, ils savaient ce qu’ils allaient affronter. Marc était aussi présent, ce qui a pu influencer également (sourires). On aurait voulu faire l’arrivée au sommet du premier passage de la bosse, mais ils ont décidé d’annuler l’étape au km 85. La décision est préjudiciable pour nous, mais les conditions étaient quand même terribles. Je peux comprendre l’organisateur et les autres équipes. Il n’empêche, l’attitude de nos garçons démontre leur engagement, ils étaient en mode guerriers et avaient accepté ces conditions particulières. On était un peu déçus après l’étape, mais l’annulation était relativement logique Même si avec une arrivée au sommet de la bosse, et un classement, cela aurait pu être différent pour nous ».

La troisième journée de course a de fait accouché d’un statu quo au classement général avant l’ultime étape autour de Charleville-Mézières samedi. « Les écarts étaient encore minimes, reprenait Jérôme. Il y avait 2500m de dénivelé, sur 170 kilomètres, et quelques bosses assez difficiles. L’objectif était de faire bouger les lignes ». « Les principales difficultés étaient au début de l’étape, poursuivait Reuben. Les gars ont été parfaits pour me placer, puis Lorenzo a pris les commandes pour durcir la course dans ces bosses. On voulait isoler le leader Ericsson, car il était difficile à prendre en défaut avec toute son équipe à ses côtés. Malheureusement, ils ont été suffisamment forts pour revenir et reprendre le contrôle ». À la mi-course, sur un terrain moins sélectif, la course a pris une autre tournure et Lorenzo Germani s’est plongé dans une offensive au long cours. « Deux coureurs ont attaqué et j’ai choisi de les suivre, car c’était aussi bien pour les autres d’avoir un point de relais, exposait l’Italien. Il restait encore 70 kilomètres, on a bien roulé devant mais le peloton ne nous a jamais laissé plus de deux minutes. Ensuite, d’autres mecs sont rentrés de l’arrière, certains ont pété devant et dans le dernier tour, Marc Frigo est revenu et on s’est retrouvés à trois. Je n’ai pas roulé car j’avais mon leader derrière et les deux mecs avec moi en tête étaient plus frais. J’ai préféré récupérer un peu, je n’ai pas roulé pendant un petit moment. Dans la dernière bosse, à cinq kilomètres de l’arrivée, Frigo a placé une première accélération qu’on a réussi à suivre. Il a accéléré une deuxième fois, le coureur de la sélection suisse s’est écarté et a fait une petite cassure. J’ai perdu quelques mètres, je suis resté à distance toute la bosse mais je n’ai pas été capable de rentrer. Ensuite, la descente n’était pas assez technique pour reprendre du temps ».

« Sportivement, c’est dans la droite lignée du début de saison », Jérôme Gannat

Au terme d’un bras de fer dans les dernières minutes, Marco Frigo a finalement réussi à résister à Lorenzo Germani, pour une poignée de secondes, et le coureur de la Conti a dû se contenter de la deuxième place du jour.  « Il ne lui a pas manqué grand-chose pour basculer avec Frigo au sommet de la dernière bosse, mais il n’a pas de regrets à avoir, tranchait Jérôme. Il n’a rien pu faire face à la fraîcheur de Frigo. Il est déçu d’être passé à côté de la victoire, mais c’est tout de même une très belle performance. C’est dommage pour lui car c’est un coureur méritant, qui va dans les échappées et qui fournit un travail toute l’année pour le collectif. Alors, quand tu as des rares occasions de jouer la victoire, c’est naturellement frustrant de passer si proche ». « C’est chouette que Lorenzo ait pu faire un résultat, car il bosse toujours dur pour l’équipe », soutenait également Reuben Thompson. Lui aussi a finalement dû se contenter de la deuxième place, au classement final, après avoir terminé au sein d’un petit peloton avec le leader Lucas Eriksson. « J’ai essayé d’attaquer une dernière fois à vingt-cinq kilomètres pour essayer de gagner le général, disait le Néo-Zélandais. Je suis parti seul, j’ai pris une poignée de secondes, mais je me suis retourné et j’ai vu que la Riwal avait encore trois gars pour rouler. Je n’ai donc pas insisté. Dans le final, le maillot jaune a subi une petite chute et je ne voulais pas profiter de sa mésaventure donc ça s’est juste résumé à un sprint. C’était une bonne journée et une belle course, tous les mecs ont été incroyables à mes côtés : Enzo, Finlay, Lorenzo, Lenny et Romain ».

Ce dernier a d’ailleurs profité de la dernière étape pour signer un nouveau top-5 et remonter au dixième rang du général. « Romain a fait deux fois quatrième, à chaque fois deuxième du sprint du peloton, dans des arrivées difficiles, en bosse, saluait Jérôme. On sait qu’il sera hyper performant sur ce genre de finish. C’est dommage qu’il se fasse piéger le premier jour, mais ça fait partie de la course. C’est quoi qu’il en soit une bonne semaine et on a été présents sur toutes les étapes. On s’habitue aux victoires (sourires), et on revient du Circuit des Ardennes sans gagne. Néanmoins, on ramène une belle deuxième place finale. Sportivement, c’était dans la droite lignée du début de saison : l’équipe est très présente et s’impose dans le peloton. C’est important, et on remarque qu’on est désormais davantage considérés ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

« Les challenges m’ont nourri »

Coureur, puis directeur sportif, Martial Gayant est depuis quelques saisons devenu responsable de l’organisation course au sein de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. L’ancien double champion de France de cyclo-cross est notamment à la manœuvre de la logistique sur l’épreuve la plus imprévisible du calendrier : Paris-Roubaix. Il nous en explique les particularités dans cette interview, mais il revient aussi brièvement sur sa longue carrière dans le cyclisme qui est sur le point de prendre fin.

Martial, en quoi Paris-Roubaix est-elle une course spéciale à préparer ?

Il y a 28 secteurs pavés à couvrir sur l’Enfer du Nord et c’est un challenge à relever. Mais j’ai beaucoup appris de ma période de coureur, dans les années 80-90… Je me disais : si à la sortie de ce secteur, j’avais eu une paire de roues qui m’avait été tendue, cela m’aurait évité de faire des chasse-patates et d’arriver dans le final avec moins de fraîcheur. En passant de l’autre côté de la barrière, en tant que Directeur Sportif, j’ai voulu qu’il y ait un procédé plus efficace pour changer de roues, donner des bidons, des gels. On a mis cela en place avec tous mes collaborateurs. Les coureurs, en abordant le secteur pavé, savent qu’ils ne sont pas mis en danger car des membres du staff sont là pour les assister en cas d’imprévu. Cela nécessite d’avoir du monde sur tout le parcours de 257 kilomètres, pour une moyenne de trois secteurs pavés couverts par personne, chacune ayant ses zones définies et ses horaires. Un premier dans le Cambrésis, un deuxième dans le Pévèlois, un autre dans la région d’Orchies ou dans le Roubaisien… 

« On ne change pas une équipe qui gagne »

Comment met-on ce plan de bataille en place ?

On ne s’appuie pas seulement sur des membres du staff, en réalité ! Il y a des amis de longue date mais aussi des supporters qui nous sollicitent et qui sont partants pour avoir une paire de roues à la sortie de tel ou tel secteur. On n’a absolument aucun problème pour trouver des personnes bien intentionnées et bienveillantes, au point qu’elles viennent parfois de la Belgique pour s’investir dans notre charge de travail. En gros, j’ai à peu près une vingtaine de personnes à ma charge le jour de Paris-Roubaix. Tout le monde joue son rôle, chacun à son poste. On est habitués à ce fonctionnement et cela se passe naturellement : ils connaissent tous leur parcours par cœur, ils connaissent leurs coupes, là où ils doivent se stationner. On ne change pas une équipe qui gagne et je leur laisse la main libre pour être au bon endroit entre vingt et trente minutes avant le passage des coureurs. J’envoie l’e-mail récapitulatif après la reconnaissance qui permet de consolider les informations, et nous avons aussi un groupe pour centraliser les communiqués de l’organisateur ou du président du jury. 

Il y a forcément aussi un gros travail au niveau du matériel ?

Aujourd’hui, si je veux faire Paris-Roubaix dans de bonnes conditions, cela représente soixante paires de roues. C’est évidemment la course où on en a le plus de besoin. S’il n’y a pas de crevaisons ou de chutes sur Paris-Roubaix, alors ce n’est pas Paris-Roubaix. La prise de risques pour rester dans la course est telle que le danger en lui-même est toujours présent. On fait aussi très attention aux voitures des Directeurs Sportifs. Il suffit d’écraser le cardan à l’avant pour perdre toute la boite d’huile et voir son moteur rester sur place. C’est déjà arrivé à deux reprises par le passé. Le plan B est prévu : je suis là, pas très loin, pour intervenir et prendre le relais sur la course en tant que Directeur Sportif, pour ainsi accompagner nos coureurs jusqu’au bout. Ça m’est d’ailleurs déjà arrivé de remplacer Marc, qui est arrivé deux heures après la fermeture du vélodrome sur une dépanneuse ! C’est le seul Paris-Roubaix qu’il a terminé hors-délais (rires). Pour protéger des difficultés, on met aussi une plaque en acier sous les roues avant, pour protéger le moteur en cas de choc. Les secteurs pavés sont parfois tellement bombés qu’il suffit d’un écart pour tout arracher…

La planification s’effectue-t-elle longtemps en avance ?

À l’heure actuelle, au vu de la situation sanitaire, on ne s’y attelle vraiment que dans la semaine précédant la course. Pour la simple et bonne raison qu’il y a beaucoup de personnes qui peuvent m’appeler dans les derniers jours pour me dire qu’ils ont attrapé le Covid. Il y a évidemment du travail en amont, mais les secteurs pavés ne changent que très peu, et j’ai surtout très confiance dans les gens qui m’entourent.  

« J’ai fait en sorte de m’adapter afin de mieux anticiper »

Comment ton rôle a-t-il évolué au sein de l’équipe ces dernières saisons ?

Il y a une dizaine d’années, on m’a demandé comment j’envisageais ma position future. Je me souviens avoir dit que je me voyais bien comme un capitaine avec des jumelles pour l’organisation des courses. Si je l’ai dit, c’est car j’avais le sentiment qu’il y avait des trous dans la raquette de l’équipe sur ce sujet. Or, quand on souhaite évoluer à grande échelle, il faut surtout disposer de bonnes fondations dans la mise en place des moyens. J’adorais mon métier de directeur sportif, j’adorais partager et me confronter avec mon staff et mes coureurs, mais est arrivé un moment où il y avait besoin d’une personne à cette place afin de pouvoir faire évoluer l’équipe. Je me suis proposé, pour l’intérêt de l’équipe. Je n’ai pas eu la formation pour l’occuper, mais j’ai pris ce rôle à bras-le-corps, en autodidacte, en me disant que l’unique but était de faire avancer le navire avec les collaborateurs. Mes onze ans de professionnalisme au plus haut-niveau m’ont beaucoup appris. J’ai pu remonter les difficultés du terrain et mettre en place certaines choses pour pallier tous les aléas qu’on pouvait rencontrer. Les années 80 n’ont certes rien à voir avec 2022, mais j’ai fait en sorte de m’adapter aux évolutions afin de mieux comprendre mais aussi mieux anticiper. C’est aussi à ça que servent les jumelles.

Quelles sont les difficultés principales que tu as pu rencontrer ?

Depuis deux ans, c’est tout particulièrement de régler les problèmes relatifs au Covid. Depuis le 1er janvier, une quarantaine de membres de l’équipe ont eu le Covid à un moment ou un autre, coureurs et staffs confondus. Cela devient très compliqué quand il faut par exemple remplacer un chauffeur de bus au dernier moment. Mon rôle est en fait de régler toutes les merdes, on peut le dire (rires) ! Il ne faut pas seulement réagir, mais il faut être réactifs le jour J. C’est une position dans laquelle il faut prendre ses responsabilités dans l’immédiat afin que tout le monde soit opérationnel en temps voulu sur le terrain. Il ne faut surtout pas de grain de sable. La charge de travail s’est donc évidemment intensifiée depuis le Covid. Je prépare mon projet comme par le passé, à savoir avec une équipe de vingt à trente personnes, dix voitures, tant de vélos etc. C’est la priorité, mais je dois aussi penser à une alternative dans le cas où l’une ou l’autre chose n’aille pas dans le bon sens. Il faut avoir un plan B, et cela induit beaucoup de temps passé au téléphone (sourires).

C’est aussi une satisfaction d’apporter ta pierre à l’édifice de cette manière ?

Tout ce que j’ai fait en tant que coureur cycliste, puis directeur sportif et aujourd’hui dans ma position, je l’ai fait en souhaitant ressentir les choses à ma façon. Certains diraient peut-être que je n’ai pas à m’occuper de ce genre de choses à soixante ans, mais ma curiosité et les challenges m’ont incité à accepter ce nouveau rôle. Sans challenge, je m’ennuie. De ce point de vue, on a certainement été servi il y a deux ans lorsque le Covid est tombé en mars et qu’il a fallu repartir en juin-juillet afin d’être opérationnels en août, pour nos premières courses. Cela a été un vrai défi d’établir un programme sur trois mois et quinze jours incluant les trois Grands Tours et toutes les Classiques. C’était certes intense, mais quand on va au bout et qu’on le mène à bien, c’est encore plus formidable. Ça l’a été d’autant plus qu’on a vécu une très belle fin de saison cette année-là. Ce sont ces challenges qui m’ont nourri et qui m’ont fait avancer.

« Je n’ai jamais regretté quoi que ce soit »

Le terrain te manque-t-il de temps à autre ?

Évidemment, mais c’est toujours un plaisir de venir sur les Classiques pour donner un petit coup de main et apporter mon savoir-faire. J’en ai d’ailleurs pris plein les yeux sur les dernières sorties, les coureurs nous ont donné pleinement satisfaction. Cela étant, je préfère regarder devant que derrière. Naturellement, mon métier a bien changé pendant ces vingt ans, il a aussi fallu boucher les trous dans la raquette et l’organisation a toujours fait partie de mon ADN. Je me souviens d’ailleurs d’un déjeuner avec Marc dans une cafétéria d’aéroport après une course, étant coureurs. Il avait dit : « Qui paie ? ». J’avais répondu : « Je prends, ne t’inquiète pas ». Quand on est sorti de table, Marc m’a glissé : « Le jour où je monterai une équipe, je te prendrai comme manager ». C’était dans les années 80, et l’histoire a duré jusqu’à aujourd’hui.

Y a-t-il un souvenir particulier qui ressort de ton histoire avec l’équipe ?

Ma petite fierté, dans ma carrière de directeur sportif, est d’avoir fait le briefing du championnat de France à neuf reprises, et d’en avoir gagné sept (sourires). Mais ce capital, je le dois aux moments de partage et d’humanité qu’on développait avec ma vingtaine de coureurs tout au long de la semaine précédant la course. Ils ont su écouter et avoir confiance dans notre façon d’aborder la course. Quand les cartes étaient distribuées, tout le monde jouait le jeu. Lorsque j’étais directeur sportif, je disais souvent aux garçons : « J’ai écrit le scénario car je sais ce qu’il peut se passer, l’ayant vécu moi-même. Vous, vous êtes les acteurs. Si je vous ai choisis, c’est que vous avez les qualités pour jouer votre partition.  Ensemble, on peut réaliser un beau film, les gens seront cloués sur leur chaise et en auront pour leur argent. Pensez aux enfants qui vous regardent avec des étoiles plein les yeux, et rappelez-vous que vous êtes derrière ce film ». C’est ça le vélo, depuis tant années. C’est le message qu’il faut continuer de faire passer.

Comment te sens-tu à quelques semaines de ta retraite ?

Je suis pleinement satisfait de la manière dont j’ai abordé ma vie et je n’ai jamais regretté quoi que ce soit. Tout a toujours été très réfléchi. Ayant fait du sport du haut-niveau, j’ai notamment appris à écouter mon corps et ma tête. Aujourd’hui, j’ai écouté ma tête et je me suis dit que j’avais fait le tour de la question. Mon successeur est tout désigné et vient parfois au bureau pour travailler à mes côtés. Tout comme lorsque j’étais coureur ou directeur sportif, j’ai toujours aimé partager des choses, et j’ai toujours aidé mon prochain.

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Un Enfer du Nord pas comme les autres

Les coureurs, les suiveurs et les fans s’en souviendront longtemps. La 118ème édition de Paris-Roubaix a ce dimanche offert un spectacle mémorable, notamment en raison des conditions climatiques exécrables auxquelles les coureurs ont dû faire face durant la journée. C’est en effet maculés de boue que les plus vaillants – et vernis – d’entre eux ont rejoint le vélodrome de Roubaix après 257 kilomètres éreintants. Pour sa première chez les pros, Clément Davy s’est joliment fait remarquer avant de couper la ligne en 35e position, dans la roue de son coéquipier Arnaud Démare.

« La poisse n’a pas quitté Stefan », Frédéric Guesdon

Neuf-cents trois jours. C’est la durée de l’attente, interminable, qui a séparé les amoureux de la petite reine de la Reine des Classiques. Après deux ans et demi, ce dimanche 3 octobre sonnait donc enfin le retour de l’Enfer du Nord qui, pour l’occasion, portait encore mieux son nom. Depuis quelques jours, suiveurs, coureurs et équipes scrutaient avec attention les prévisions météo de ce Paris-Roubaix version 2021. Et depuis quelques jours, tout semblait indiquer que la pluie viendrait s’abattre sur le peloton, et sur les secteurs pavés de l’épreuve. Mais la pluie n’a pas attendu les coureurs et s’est écoulée en abondance durant la nuit, laissant ainsi présager d’une course hors du commun sur un événement qui n’avait plus connu pareilles conditions depuis près de deux décennies. La pluie était encore battante au départ, mais cela n’a aucunement refroidi les esprits, d’autant que beaucoup avaient dans l’intention de prendre un coup d’avance ce jour. Plusieurs cadors sont ainsi sortis de leur réserve dans la première heure, mais la véritable brèche s’est ouverte après une quarantaine de kilomètres et Stefan Küng se glissait dans un coup de trente-et-un. La situation était idéale, l’écart a rapidement dépassé la minute, mais le Suisse a par la suite été écarté de la tête de la course. « Malheureusement pour nous, il a été victime d’une chute dans la traversée de Saint-Quentin, relatait Frédéric Guesdon. Il a donc été repris par le peloton, mais ce n’est pas pour autant que sa course était finie ».

Le Suisse s’est ainsi remobilisé avant l’approche du premier secteur pavé, à Troisvilles, mais est de nouveau allé au sol en compagnie de Jake Stewart alors que tous deux occupaient les premières positions du peloton. « Je l’ai attendu, on était dans les voitures dans le premier secteur, et on a réussi à remonter groupe après groupe, racontait Clément Davy. Au final, je me suis retrouvé dans la bonne grappe avec Arnaud mais on a malheureusement perdu Stefan qui a subi une nouvelle chute, sur les pavés ». « La poisse ne l’a pas quitté, tranchait Frédéric. Chuter trois fois, c’est un vrai coup dur au moral, et à ce niveau-là ça ne pardonne pas. C’est une déception car il était bien physiquement et je pense qu’il avait les moyens de réaliser quelque chose de bien ». Dès lors, les espoirs de la Groupama-FDJ ont reposé sur les épaules de Clément Davy et Arnaud Démare, présents dans un peloton déjà réduit à une quarantaine d’unités à la mi-course, alors qu’une vingtaine de concurrents jouissaient encore de leur coup d’avance. Parmi les favoris, la bagarre s’est véritablement enclenchée sur le secteur de Haveluy, précédant la célèbre Trouée d’Arenberg. Mathieu van der Poel a fait exploser le peloton, qui ne s’est que partiellement reconstitué, par petites grappes, un peu plus loin. Clément Davy a d’abord fait son retour, à environ 80 kilomètres du but, avant qu’Arnaud Démare ne raccroche le bon wagon peu après. Les deux hommes se sont alors accrochés parmi les derniers rescapés du peloton, à travers les secteurs glissants et boueux, mais ont été contraints de laisser filer les plus costauds à près d’une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée.

« J’ai trouvé la course pour laquelle je pédale chaque jour », Clément Davy

Alors seul en tête, Gianni Moscon a longtemps semblé en mesure de rejoindre le vélodrome en vainqueur, avant qu’une crevaison et qu’une chute ne le stoppent dans sa quête. Mathieu van der Poel, Sonny Colbrelli et Florian Vermeersch ont donc revu l’Italien dans les vingt derniers kilomètres, et ce même trio s’est joué la victoire au sprint à l’arrivée. Sonny Colbrelli l’a alors emporté tandis que Arnaud Démare et Clément Davy terminaient plus tard roue dans roue aux 34e et 35e places du jour. « C’était une journée dantesque, témoignait le Picard. Pour moi, ça s’est malgré tout assez bien passé puisque je n’ai pas crevé et je ne suis pas tombé. En revanche, c’était un vrai numéro d’équilibriste pour rester sur le vélo qui partait dans tous les sens. À 50 kilomètres de l’arrivée, on était tous épuisés et puis ça s’est fait à la pédale. Les conditions du jour ont rendu la course encore plus dure que de coutume ». Le jeune Mayennais savourait pour sa part sa première arrivée sur le vélodrome, parmi les grands, après une course admirable. « Je pense que c’est la distance qui a eu raison de moi aujourd’hui, disait-il. Mais j’ai tout donné et j’ai essayé de ne rien lâcher. C’était grandiose. J’ai pris plaisir à chaque kilomètre, même sur la fin. Dans le dernier secteur, j’avais mal partout mais je savais que j’allais devoir attendre un an pour revoir ces pavés, donc j’en ai profité. C’était en plus une édition historique. Si je ne l’avais pas terminée, j’aurais eu le coeur lourd. Je suis ravi de franchir la ligne. J’ai trouvé la course pour laquelle je pédale chaque jour. J’avais dit à mon équipe que les pavés du Nord me correspondaient. J’avais prouvé à Denain que j’avais ma place ici et je pense que je peux faire quelque chose sur Paris-Roubaix. Je rêvais, gamin, d’être ici sur le vélo avec les meilleurs. C’était énorme, et j’espère pouvoir le revivre. J’ai déjà hâte d’y retourner ».

À l’issue de l’épreuve, Frédéric Guesdon livrait son bilan, en demi-teinte, d’un Paris-Roubaix légendaire. « On s’attendait à ce que ce soit épique, glissait-il. On s’attendait à une grande journée, et on l’a eu. Maintenant, c’est toujours décevant pour une équipe comme la nôtre de ne pas faire un gros résultat sur Paris-Roubaix. C’est un vrai rendez-vous pour nous, et on ne peut pas dire qu’on soit satisfait à 100% ce soir. Quant à Clément, il nous en parlait depuis longtemps. Il nous avait surpris à Denain et s’est avéré l’un de nos meilleurs éléments aujourd’hui. Il m’a un peu surpris, c’est vrai. Il a qui plus est été le premier de l’équipe à crever, il est venu chercher des bidons, et se retrouve bien placé malgré tout. Il a simplement eu du mal à passer le cap des 200 kilomètres, mais c’est aussi logique dans sa première année en WorldTour. Il ne faut pas qu’il s’arrête là, il y a énormément de boulot à fournir pour figurer au premier plan sur Roubaix. Mais on va retenir cela : qu’il a le potentiel pour aller plus loin encore ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Devo Race Report – A Travers Les Hauts de France – Stage 2

Date: September 4, 2021

Race: A Travers Les Hauts de France – Stage 2

Start/Finish: Neuville Saint – Remy to Roisel

Distance: 175km

Weather: Warm with light winds

Course: Flat to rolling hills, with 1km of cobbles. 1km climb on the finishing 4, 25km laps 

Riders: 121

Class: UCI 2.2

Daniel Holt (USA)

Given the potential difficulty of the finishing laps, we wanted to be a little more conservative with the team goals. Filippo and Doriand should save their energy for the laps, Sacha and Jan could look for the early, easy break, and Louis should try to survive.

The race was fast from the gun with a break of 13 getting up the road, causing a fast chase for the first hour. Finally, a group of 4 got up the road and the pace eased. Jan made some groups but missed the one that got away. In the end Filippo and Doriand were good and helped one another on the final laps. Filippo ended up 19th place, which is a huge result here with the best teams.

— tnn to www.teamnovonordisk.com

Devo Race Report – A Travers Les Hauts de France – Stage 3

Date: September 5, 2021

Race: A Travers Les Hauts de France – Stage 3

Start/Finish: Albert – Le Cateau-Cambresis

Distance: 175km

Weather: Warm with light winds

Course: Flat to rolling hills, with two sectors of cobbles. 1km climb on the finishing 3, 17km laps 

Riders: 107

Class: UCI 2.2

Daniel Holt (USA)

Given that Filippo and Doriand were only 3 seconds out of a podium position, and it was unlikely that they would podium in a field sprint, I encouraged them to try to get in the breakaway and pick up some time bonus sprints.

The race started very fast for the first hour before a 4 rider break got away. Our guys missed the move and the guy that made the break won the sprints and ended up 5th in the GC… The race ended in a field sprint again, with a crash in the last 3km. Our guys made it through safely.

One nice touch to the end of the race was the guys presenting the official time keeper of the race with a jersey. He and his wife live with type 2 diabetes while his daughter has type 1.

— tnn to www.teamnovonordisk.com

Devo Race Report – A Travers Les Hauts de France – Stage 1

Date: September 3, 2021

Race: A Travers Les Hauts de France

Start/Finish: Arras – Lagnicourt Marcel

Distance: 134km

Weather: Warm with light winds

Course: Flat to rolling hills. Slight Crosswind 

Riders: 124

Class: UCI 2.2

Daniel Holt (USA)

The profile was pretty easy, but the best Devo teams in the world are here. We figured there would be a big push for teams to be in the break, with the rest wanting a field sprint.

The objective was for Nathan, Jan, Louis and Sacha to follow moves to the break. Doriand and Filippo should sit back and wait for dangerous moves, and then be ready to sprint. 

The guys made some of the small initial breaks but missed the 4 rider break that picked up all the KOM and Sprint points. In the end, there was a crash at the front of the group and our guys were caught out.

— tnn to www.teamnovonordisk.com

Stefan Küng prend les commandes du classement général

Le Benelux Tour est entré dans son triptyque final ce vendredi, entre Riemst et Bilzen, et Stefan Küng en a d’ores et déjà profité ! Au terme d’un final animé dans la cinquième étape, le Suisse s’est accroché à un peloton émietté pour franchir la ligne en 17e position, quatre rangs derrière Jake Stewart (13e). Surtout, il s’est porté à la tête du classement général après que ses principaux concurrents ont connu diverses fortunes. Le coureur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ entamera ainsi le week-end décisif avec une marge de deux secondes sur son premier poursuivant. 

« Il était primordial d’être placés aujourd’hui », Jussi Veikkanen

Les premiers reliefs faisaient leur apparition sur le Benelux Tour ce vendredi, après trois étapes complètement plates et un contre-la-montre extrêmement roulant. Il s’agissait donc d’un premier test pour les prétendants du classement général à travers des côtes caractéristiques de la Belgique. La première de la quinzaine programmée sur cette cinquième étape était située après environ quarante kilomètres de course, et trois hommes l’ont entamée avec un petit avantage sur le peloton. « Ça a bagarré une bonne vingtaine de kilomètres avant que l’échappée ne se forme, précisait Jussi. Nous avons nous-mêmes suivi 2-3 coups qui étaient plutôt dangereux. C’est finalement parti avant les bosses. Le peloton en avait un peu marre et avait surtout envie que ça sorte avant d’entrer dans les difficultés. Le groupe de trois s’est formé et ça a fait rideau immédiatement dans le peloton ». En tête de course, Casper Pedersen (Team DSM), Jack Bauer (BikeExchange) et Hugo Houle (Astana) ont constamment été maintenus à portée de fusil par la formation du leader Stefan Bissegger (EF Education-Nippo). Au premier passage sur la ligne, à 80 kilomètres du but, leur avantage n’était que de deux minutes. Dans la grande boucle tracée autour de Bilzen, les premières escarmouches ont surgi au sein du peloton, sans toutefois provoquer une réelle décision. Tout était donc en ordre à l’entame des deux tours du petit circuit (20 kilomètres) comprenant les ascensions du Keiberg et du Letenberg.

« Il n’y avait pas de dangers particuliers avec le vent, indiquait Jussi. Il y a eu un petit coup de vis avant le golden kilometre mais l’échappée a résisté et a raflé toutes les bonifications, ce qui était plutôt une bonne chose pour nous. On connaissait également le circuit final pour être souvent passés dans le coin. Le but était d’être placés dans les deux derniers tours, et plus particulièrement à l’entame du dernier. Les gars ont fait l’effort ensemble pour être présents au moment clé. C’était primordial aujourd’hui, car c’est surtout ainsi que s’est fait la décision. Dans le dernier tour, la bosse à dix kilomètres a fait des dégâts. Benjamin et les autres ont fait le boulot pour placer Stefan et Jake dans les meilleures conditions, puis il y a eu des cassures de partout ». Quelques attaques ont de nouveau émergé dans les derniers kilomètres, mais cela n’a pas été suffisant pour créer un groupe d’échappés. La sélection s’est donc principalement faite par l’arrière et a notamment concerné le leader en personne, Stefan Bissegger. Stefan Küng était lui bien présent dans le peloton de tête tandis que Kasper Asgreen était pour sa part victime d’un problème mécanique. Parvenant à rallier la ligne dans le même temps que le vainqueur, en 17e position, le rouleur suisse de la Groupama-FDJ héritait donc du maillot bleu de leader ce vendredi soir.

« Je suis plutôt confiant », Stefan Küng

« Je ne m’y attendais pas, confiait-il. Je pensais que le général bougerait plutôt sur les étapes de samedi et dimanche, mais quand on a fait le briefing aujourd’hui, on savait qu’il fallait toujours rester devant sur ce circuit, avec ces bosses et les nombreux virages. C’est ce que j’ai essayé de faire, tout en évitant les ennuis au maximum. Je suis resté calme toute la journée, je me suis bien placé avec l’aide des gars dans le dernier tour. Ensuite, je me suis juste accroché. Bissegger n’était pas dans un bon jour, Asgreen a eu un problème mécanique, mais j’étais concentré sur mon sujet. L’objectif était de ne pas perdre de temps, de rester devant et c’est seulement en faisant cela que j’ai pris le maillot ». « C’était imprévu, confirmait Jussi Veikkanen. On pensait que ça serait moins décousu ». Sur le faux-plat d’arrivée, Caleb Ewan s’est lui offert la victoire du jour tandis que Jake Stewart, un peu loin au moment de l’emballage, n’a pu faire mieux que treizième ce vendredi. « Le grand objectif du jour était le général avec Stefan, et c’est donc mission accomplie, même si Jake n’a malheureusement pas pu faire son sprint comme il le souhaitait », complétait le directeur sportif finlandais.

Avant le week-end final, c’est donc Stefan Küng qui mène les débats avec deux secondes d’avance sur son dauphin et six sur le troisième. « Nous allons voir comment procéder désormais, commentait Jussi. On saura demain soir si c’était un avantage ou un inconvénient de prendre le maillot. En tout cas, on connait le circuit et les gars sont assurément motivés à l’idée de défendre le maillot ». Le principal concerné en premier lieu. « Ça ne sera pas facile de démarrer l’étape comme leader car tout le monde va vouloir m’attaquer, mais je donnerai mon maximum pour garder le maillot et je sais que toute l’équipe est derrière moi, disait Stefan. Je connais toutes les montées dans les environs de Houffalize. C’est déjà ma septième participation à cette course. J’ai fait cette étape à plusieurs reprises, donc je sais à quoi m’attendre et ça va être très dur ! J’étais devant il y a deux ans, donc je suis plutôt confiant et je me sens bien. Demain, ce sera vraiment difficile contre les purs puncheurs mais je serai davantage sur mon terrain dimanche ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

L’échappée trompe les sprinteurs, Stefan Küng toujours troisième

Une arrivée massive était attendue du côté de Hoogerheide ce mercredi, au terme de la troisième étape du Benelux Tour. Elle n’aura pas eu lieu. Cinq échappés ont en effet réussi à tromper la vigilance du peloton et Taco van der Hoorn s’est alors adjugé la victoire du jour. Jake Stewart et Stefan Küng ont pour leur part terminé dans la première partie du paquet, quelques mètres derrière les fuyards. Le Suisse demeure ainsi troisième du classement général.

Parti de l’extrême Nord des Pays-Bas lundi, le Benelux Tour atteignait ce mercredi le Sud du pays, du côté d’Hoogerheide, à quelques encablures de la Belgique. Comme le premier jour, aucune difficulté n’était à signaler sur le tracé pour ce qui devait donc être le deuxième sprint massif de l’épreuve. Les favoris de l’étape se sont même satisfaits de laisser six hommes prendre le large de bonne heure. « L’échappée matinale est partie après cinq kilomètres de course, précisait Jussi Veikkanen. Ils étaient six dans un premier temps, mais le coureur de Bingoal a disputé le premier sprint intermédiaire au bout de 40 kilomètres puis s’est relevé. Ils n’étaient plus que cinq devant, mais cinq solides coureurs ». Plus précisément, on retrouvait donc Samuele Battistella (Astana), Taco Van der Hoorn (Intermarché-Wanty Gobert), Mathias Jorgensen (Movistar), Luke Durbridge (BikeExchange) et Thimo Willems (Sport Vlaanderen-Baloise). Méfiant, le peloton n’a accordé que trois minutes d’avance maximum à ces échappés. Pourtant, quand le mano a mano s’est vraiment installé dans les quarante derniers kilomètres, le peloton a eu toutes les peines du monde à leur reprendre du temps. Sur le circuit de Hoogerheide, long de vingt-neuf kilomètres à parcourir trois fois, l’écart s’est d’abord réduit, mais le quintette a dès lors offert une réelle résistance.

« La mission a été globalement accomplie », Jussi Veikkanen

À dix kilomètres du but, la différence était donc toujours supérieure à la minute et l’échappée entrait même dans les trois derniers kilomètres avec trente secondes d’avance. Dès lors suffisant pour jouer la victoire. Taco van de Hoorn a alors réglé ses compagnons de fuite et la première partie du peloton a terminé quatre secondes plus tard, avec Jake Stewart, Stefan Küng, Fabian Lienhard et Miles Scotson en son sein. « C’était un copier-coller de la dernière étape du Tour de Pologne, et ça s’est terminé de la même manière, analysait Jussi. Il y a eu pas mal de problèmes mécaniques, de crevaisons, de chutes, dans les 20 derniers kilomètres, ce qui a joué en la faveur de l’échappée. Pour nous, l’objectif du jour était de protéger Stefan et de positionner Jake pour le sprint. La mission a été globalement accomplie. La seule inquiétude était Durbridge, qui pouvait passer devant Stefan au général au jeu des bonifications. Finalement, il reste derrière Stefan, qui garde sa troisième place. En cas d’arrivée vraiment groupée, on espérait voir Jake sprinter. Il était bien devant mais n’a pas été capable de vraiment jouer les premières places. Il faut aussi rappeler qu’il est tombé lors de la première étape. Il a encore quelques pansements, des courbatures quand il se lève le matin, mais ça va de mieux en mieux. Nous ne sommes pas inquiets ».

Le jeune Britannique, qui a tout récemment prolongé avec l’équipe jusqu’en 2023, s’est finalement classé 29ème et pourrait avoir une nouvelle opportunité de s’exprimer jeudi à Ardooie. « Les sprinteurs ont raté une occasion aujourd’hui, donc je pense qu’ils voudront leur revanche demain », ponctuait Jussi.

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr