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L’échappée de l’abnégation pour Valentin Madouas

Il fallait mériter sa place à l’avant, ce samedi, sur les routes du Tour de France, car il s’agissait d’une position extrêmement prisée. Par conséquent, l’échappée ne s’est constituée qu’à la mi-course lors de cette quatorzième étape, et Valentin Madouas, parti à contretemps, est plus tard parvenu à la rejoindre. Le jeune Breton a logiquement manqué d’énergie sur le final pour batailler pour la victoire d’étape, obtenant la douzième place à Quillan, mais a fait preuve d’un état d’esprit exemplaire.

« Les jambes étaient un peu lourdes », Valentin Madouas

Littéralement, il n’était pas écrit sur le profil de la quatorzième étape que l’échappée obtiendrait gain de cause. Mais c’était tout comme. Ce samedi, l’issue du jour ne faisait aucun doute pour tous les suiveurs de la Grande Boucle. La victoire ne pouvait revenir qu’à un baroudeur entre Carcassonne et Quillan, sur un profil accidenté typiquement à l’avantage des attaquants. Résultats des courses ? Celle du jour a été d’une extrême férocité pendant pas moins de 90 kilomètres, lors desquels la moitié du peloton a dû tenter sa chance… « Il y avait certes plutôt un vent favorable, mais ça a vraiment bastonné, toute la journée, insistait Thierry Bricaud. C’était compliqué. Avec quatre coureurs dans nos rangs, il ne fallait pas faire n’importe quoi. Stefan et Valentin avaient carte blanche pour accompagner les coups car on savait que l’échappée irait au bout. En cours d’étape, et s’approchant des difficultés, on s’est rendus compte que David pouvait aussi bouger. Il a essayé, mais c’est finalement Valentin qui a eu l’ouverture, après plus de deux heures de course ». La première différence s’est donc faite dans la montée la plus difficile de la journée, le Col de Montségur (4km à 8%), puis Valentin Madouas a relancé quelques minutes plus tard. « C’était tellement imprévisible et difficile de prendre l’échappée, disait l’intéressé. On ne pouvait pas clairement savoir quand le bon coup allait sortir. Lorsque le premier groupe est parti, il n’y avait plus que 30-40 mecs dans le peloton. La course a été dantesque ».

En compagnie d’Elie Gesbert (Arkéa-Samsic), puis de Pierre Rolland et Quentin Pacher (B&B Hôtels), le jeune Breton a profité du col de la Croix des Morts pour s’intercaler, puis s’est engagée une chasse pour rejoindre le groupe de tête, situé plus d’une minute devant. « L’échappée a mis beaucoup de temps à partir, et quand on a compris que c’était la bonne, Valentin y a été et il a bien fait, ajoutait Thierry. Ils ont continué à se battre et sont parvenus à rentrer, même s’ils ont laissé beaucoup d’énergie, qui a peut-être manqué sur le final ». Au moment de la jonction avec le groupe de tête, l’avant-dernière difficulté du jour s’est présentée, et c’est dans la descente de celle-ci que Bauke Mollema est sorti en solitaire, bâtissant ainsi son succès du jour. Au sein du groupe de poursuite, pointé à 1’30 au pied de la dernière ascension, Valentin Madouas a échangé quelques relais mais le sort était scellé. Aucun coureur n’a pu revenir sur le Néerlandais vers Quillan. Le coureur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a lui-même logiquement coincé dans la dernière bosse. « On a essayé de récupérer après être rentrés, mais l’étape était un peu courte, souriait-il. Les jambes étaient un peu lourdes dans le final, et je m’y attendais compte tenu de tous les efforts que j’avais consentis en début de course. Il y a forcément un peu de déception, car on veut jouer la victoire quand on est devant. Mais j’ai fait beaucoup d’efforts au début, peut-être trop. Ça n’a malheureusement pas fonctionné, mais on retentera ».

« Ils ne veulent rien lâcher », Thierry Bricaud

À l’arrivée, Valentin Madouas a ainsi hérité de la douzième place, mais il s’est ce samedi donné les moyens d’espérer. « Sur le Tour il ne faut rien lâcher, car si on attend le lendemain, on peut parfois attendre pendant trois semaines, poursuivait Thierry. Il faut souligner l’état d’esprit de l’équipe. Ils ne sont certes plus que quatre en lice, mais deux échappées sont allées au bout ces trois derniers jours, et on en avait un dedans à chaque fois. Cela traduit l’envie des gars, et c’est un point essentiel. On va continuer d’essayer. Ils ne veulent rien lâcher, ils veulent aller chercher cette étape. Stefan a essayé, Valentin également, et on sait que des opportunités vont se présenter dans les Pyrénées ». Cela commence dès ce dimanche, avec une première étape de montagne vers Andorre, à travers des cols plus ou moins raides. « J’ai hâte d’être demain, lâchait déjà Valentin à l’arrivée. David aussi. On essaiera encore d’être à l’avant. Il y a de très belles choses à aller chercher et j’espère qu’on pourra faire la meilleure performance possible ». « Si l’échappée part dans un col, ponctuait Thierry, on retrouvera plus facilement les vrais grimpeurs, auquel cas David aura davantage sa chance. Mais avant d’arriver dans les cols, il y a une petite heure de course à gérer et on sait que tout peut se passer sur le Tour ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr