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Un podium de prestige pour Stefan Küng sur la Reine des Classiques

Le groupe des Classiques a, en ce dimanche de Pâques, parachevé sa campagne de la plus belle des manières. Sur l’Enfer du Nord, c’est son leader naturel Stefan Küng qui a d’ailleurs mis un point d’honneur à ponctuer son printemps en beauté. Malgré un scénario longtemps peu avantageux, le rouleur suisse a pu compter sur le soutien de ses coéquipiers avant de s’affirmer parmi les plus forts concurrents de cette édition « sèche » de Paris-Roubaix. Dans le final, seul Dylan van Baarle a pu résister en solitaire, et Stefan Küng s’est alors assuré une splendide troisième place sur le vélodrome de Roubaix, soit son meilleur résultat sur un Monument. Il établit également le meilleur résultat de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ sur l’épreuve depuis 1997, et permet de porter à neuf le nombre de Classiques WorldTour consécutives achevées dans le top-10 cette saison.

« On a fait une grosse erreur, il fallait donc assumer », Olivier Le Gac

Les éditions de Paris-Roubaix se suivent, mais ne se ressemblent pas nécessairement. À la pluie et la boue abondante de l’an passé se substituaient en effet un grand soleil et une température quasi-estivale ce dimanche matin à Compiègne. Avec un vent plutôt favorable toute la journée, les conditions étaient donc réunies pour assister à un grand spectacle. Pourtant, la journée a plutôt mal débuté en ce qui concerne l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. Clément Davy tapait ainsi violemment le bitume après quelques kilomètres, et à la suite d’une grosse bagarre pour l’échappée, des bordures piégeaient la majeure partie du groupe après une cinquantaine de kilomètres. Seul Lewis Askey apparaissait dans le premier peloton, Stefan Küng était lui pris au piège. « Presque tous les favoris étaient derrière à ce moment-là, et je revenais personnellement d’une petite pause naturelle, expliquait le Suisse. J’ai voulu remonter le peloton, mais quand j’ai soudain regardé devant, je me suis aperçu qu’une soixantaine de mecs étaient déjà partis. Ensuite, tout le monde s’est regardé pour savoir qui allait rouler. Quand on a finalement réussi à s’organiser, il y avait déjà une minute d’écart. Dans une course difficile et longue comme Paris-Roubaix, on sait toutefois qu’il est toujours possible de renverser la situation ». Les hommes de Frédéric Guesdon se sont alors mis en ordre de marche pour défendre les intérêts du troisième de l’E3 Saxo Bank Classic. « On a fait une grosse erreur, il fallait donc assumer, ajoutait Olivier Le Gac. On était là pour faire un résultat donc il fallait rouler derrière. L’objectif était de maintenir l’écart, de sorte que ça n’augmente pas trop, en espérant que Stefan puisse faire le jump à un moment donné Tout le monde a donné le maximum, comme sur le reste des Classiques, et on peut être content de ce qu’on a fait ».

À la suite des premiers secteurs pavés, abordés aux environs du centième kilomètre, l’écart s’est progressivement réduit, mais il a encore fallu une bonne heure d’efforts intenses pour finalement raccrocher le bon wagon. « On a été à contre-temps sur toute la première partie de course, et Lewis a aussi perdu sa place à l’avant après une chute, disait Frédéric. Il y a eu un léger moment de panique, mais on sait aussi qu’il peut se passer beaucoup de choses sur Paris-Roubaix. Évidemment, la situation n’était pas idéale, mais on s’est mis en position de rectifier le tir. Il a en revanche fallu sacrifier nos coureurs pour maintenir Stefan dans le jeu. Il ne fallait pas forcément revenir le plus vite possible, mais au meilleur moment possible. Le but était de ramener Stefan et Valentin dans les billes à l’approche de la Trouée d’Arenberg. C’est ce qu’il s’est produit ». Les deux principaux pelotons se sont exactement retrouvés à 103 kilomètres du but, avant le secteur 20 d’Haveluy à Wallers. À cet instant, ils n’étaient plus que cinq à ouvrir la route, dont le vainqueur de Milan-Sanremo Matej Mohoric. Quelques minutes plus tard, dans la terrifiante Trouée d’Arenberg, le peloton s’est comme attendu disloqué et Stefan Küng a été le seul à pouvoir tenir la roue de Filippo Ganna. Un temps de répit a néanmoins été observé dans la foulée, permettant au peloton de se reconstituer. À 85 kilomètres du but, le leader de la Groupama-FDJ pouvait encore compter sur le soutien d’Olivier Le Gac, Lewis Askey et Valentin Madouas. En tête, l’échappée s’est bientôt réduite aux seuls Mohoric et Tom Devriendt alors que le peloton s’est nettement remis en marche après avoir accusé jusqu’à deux minutes de retard. Le plus gros de la sélection s’est finalement opéré sur la section d’Orchies, à une cinquantaine de kilomètres de la ligne.

« J’ai enfin pu montrer ce dont j’étais capable », Stefan Küng

Une douzaine d’hommes se sont isolés, dont Stefan Küng, qui a par la suite été l’unique coureur à emboîter le pas de Wout Van Aert et Mathieu van der Poel dans le passage de Mons-en-Pévèle. Le groupe des favoris s’est reconstitué un instant, mais les attaques ont fusé dans une partie bitumée précédant le secteur n°7. « On a essayé de faire la différence à Mons-en-Pévèle mais ça s’est ensuite un peu joué tactiquement et trois gars en ont profité pour s’en aller, racontait Stefan. Tout le monde était à la limite. Il y a eu beaucoup d’attaques à ce moment-là, j’y suis moi-même allé plusieurs fois, mais il est impossible de sauter sur tout le monde ». Yves Lampaert, Matej Mohoric et Dylan van Baarle ont ainsi pris un coup d’avance, rejoint Devriendt en tête, et réussi à prendre une demi-minute sur leurs concurrents. « Je savais qu’il fallait qu’on accélère quelque part, et j’ai vu que Wout était très fort, reprenait Stefan. On a réussi à s’échapper ensemble, puis j’ai dû boucher un écart sur lui dans le Carrefour de l’Arbre après que ma roue s’est dérobée. Physiquement je me sentais vraiment bien, et on a pu rattraper les intercalés pour tout de même jouer le podium ». Après s’être détaché de ses rivaux à vingt bornes du but, Dylan van Baarle est lui bientôt apparu inatteignable alors que Stefan Küng et Wout Van Aert ramenaient Tom Devriendt et Matej Mohoric dans le rang avant les cinq derniers kilomètres. Le rouleur suisse a tenté de se défaire de ses concurrents avant le vélodrome de Roubaix, mais c’est bel et bien dans cette enceinte mythique que se sont jouées les places sur le podium.

« On était tous au bout du rouleau, confiait encore Stefan. J’ai regardé leurs visages et je pouvais dire qu’ils étaient aussi fatigués que moi. Je me suis alors dit que j’allais tenter de loin dans le vélodrome. J’ai quand même pas mal pratiqué la piste lors de mes premières années professionnelles et dans ma jeunesse. Je suis donc arrivé de l’arrière avec de l’élan, et c’était aussi une bataille mentale. Je n’ai pas réussi à faire craquer Van Aert mais ça a suffi pour finir sur le podium ». Au terme d’un long mais ultime effort, Stefan Küng est alors parvenu à s’emparer d’une magnifique troisième place sur la Reine des Classiques, qui suffisait amplement à son bonheur dimanche. « C’était le maximum qu’il m’était possible de faire aujourd’hui, assurait-il. Dylan mérite cette victoire, il a fait une sacrée course. Il n’y avait évidemment pas grand-chose à faire face à Wout dans le sprint, alors je suis content d’accrocher le podium. Je suis quand même fier de ma course aujourd’hui, et je veux dire un grand merci à mon équipe qui m’a permis de renverser la situation. Les gars ont fait un super boulot, alors un grand bravo à eux et à toute l’équipe. Personnellement, j’ai fait une très bonne campagne de Classiques, mais monter sur le podium ici sur Paris-Roubaix, c’est quand même quelque chose de spécial. C’est un grand accomplissement. C’est une course mythique et l’une de mes favorites. J’ai aussi eu mon lot de coups durs par le passé, mais j’ai continué de dire que c’était ma course préférée, et j’ai enfin pu montrer ce dont j’étais capable. Je vais mettre ce petit pavé dans mon salon, mais quand j’y jetterai un œil, je me rappellerai qu’il y a encore son grand frère à aller chercher ».

« On avait revu les ambitions à la hausse », Frédéric Guesdon

Grâce à la performance de son double champion d’Europe du contre-la-montre sur l’édition la plus rapide de l’histoire, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a ainsi accroché son meilleur résultat sur l’épreuve depuis un certain Frédéric Guesdon, vainqueur en 1997. Par ailleurs, l’équipe cumule désormais au moins un podium sur chaque Monument depuis 2016. « On avait débuté cette campagne « flandrienne » en disant qu’on voulait au moins un podium, mais quand on a vu la manière avec laquelle on l’a débutée, on a revu les ambitions à la hausse, concluait le directeur sportif breton. Une fois qu’on en a obtenu un, on en voulait un deuxième, et une fois qu’on en a eu deux, on en voulait un troisième. On pouvait légitimement espérer un tel résultat car le groupe marchait fort et les courses correspondaient à nos leaders, et à Stefan en particulier. Ce n’est finalement pas une surprise d’être sur le podium aujourd’hui au vu de ce qu’on a produit depuis trois semaines. En réalité, on aurait été déçus de ne pas faire un résultat aujourd’hui. Finir notre campagne sur un podium à Roubaix, c’est beau ! J’espère maintenant que ça va continuer comme ça, et j’ai bon espoir que ce soit le cas. On a un excellent leader, de très bons jeunes, on est donc en droit de rêver pour les années futures ». « Il manque certes une grande victoire dans notre belle campagne, mais si ça continue comme ça, je suis sûr qu’on y arrivera bientôt », ponctuait Stefan au moment de se projeter sur une période de repos ô combien méritée.  

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Une première réussie pour Stefan Küng

Pour sa toute première participation en carrière à l’Amstel Gold Race, ce samedi, Stefan Küng a tenu la dragée haute aux favoris de l’épreuve. Le rouleur suisse était ainsi bel et bien présent pour la grande bagarre dans le final. Il a même un temps pu espérer la victoire, puis le podium, avant de finalement accrocher la huitième place de l’épreuve néerlandaise. De très bon augure à une semaine de Paris-Roubaix. Il s’agit par ailleurs de la huitième Classique WorldTour consécutive que l’Équipe cycliste Groupama-FDJ achève dans le top-10. Une série qui ne demande qu’à être perpétuée ces deux prochaines semaines. À noter les places dans le top-20 de Valentin Madouas (14e) et Quentin Pacher (18e).

En raison du calendrier démocratique français, un changement notable était en vigueur en cette saison cycliste 2022. Une semaine après le Tour des Flandres, le rendez-vous n’était pas du côté du vélodrome de Roubaix mais bien du Limbourg néerlandais. L’Amstel Gold Race précédait ainsi l’Enfer du Nord dans la chronologie des Classiques, mais l’Équipe cycliste Groupama-FDJ n’opérait qu’une légère modification dans son effectif en comparaison du « Ronde ». Seul Lewis Askey laissait donc sa place à Quentin Pacher au départ de Maastricht, pour la Classique WorldTour néerlandaise, à mi-chemin entre les Flandriennes et les Ardennaises. Trente-trois côtes étaient répertoriées, mais aucune sur pavés, et le peloton se satisfaisait de laisser filer seulement six hommes dès le début de course. Owain Doull (EF Education-Easy Post), Johan Jacobs (Movistar), Emils Liepins (Trek-Segafredo), Luca Rastelli (Bardiani-CSF-Faizenè), Ide Schelling (Bora-hansgrohe) et Aaron Van Poucke (Sport Vlaanderen-Baloise) ont tranquillement pu se construire une marge de cinq minutes, par la suite aisément maîtrisée par les équipes favorites. « On avait envisagé de relancer la course au km 158, sur une route sinueuse, indiquait Benoît Vaugrenard. Malheureusement, il y avait vent défavorable, donc on a vite écarté cette option. La course s’est emballée un moment mais tout est vite revenu dans l’ordre par l’intermédiaire d’Ineos Grenadiers, qui avait une très grosse équipe et qui a bien verrouillé la course. Ça s’est finalement fait comme tous les ans sur l’Amstel, c’est-à-dire dans l’enchaînement des bosses à partir du km 200 ». « C’était la course qu’on attendait, confirmait Stefan Küng. Compte tenu du vent, on savait que ça allait se jouer à partir du Kruisberg. Il fallait toujours être placé à l’avant. Olivier et Quentin ont bien suivi les coups, ce qui nous permettait de ne pas être trop en retrait. C’était très important d’être là et de s’accrocher dans les premières positions ».

« Encore un beau top-10 dans une grande Classique », Benoît Vaugrenard

Dans les cinquante derniers kilomètres, la sélection s’est d’abord opérée petit à petit par l’arrière. Dans un peloton réduit à une quarantaine d’unités, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ pouvait encore compter sur quatre éléments. « Dans le cas d’une course de mouvements, on avait Quentin, Kevin voire Olivier, et puis Valentin et Stefan comme cartes majeures pour le final ». Le Breton et le Suisse étaient bien présents pour défendre leurs chances lorsque tout s’est finalement décanté à vingt-sept kilomètres de la ligne dans le Keutenberg. À la suite d’un forcing d’Ineos Grenadiers et d’une attaque de Tiesj Benoot, onze hommes se sont ainsi dégagés, dont Stefan Küng. « Valentin disait qu’il n’avait pas les mêmes jambes que la semaine passée, expliquait Benoît. Sur ces courses-là, si tu es 2-3 % moins bien, ça se ressent. Mais on avait Stefan devant, et on savait que ça pouvait jouer ». Le premier groupe de contre, où figuraient Valentin Madouas et Quentin Pacher a vite été distancé de manière irrémédiable et la victoire s’est donc dessinée pour l’un des onze coureurs de tête. « Les Ineos étaient deux et ils ont bien joué, relatait Stefan. Kwiato est un peu sorti en facteur et ça s’est un peu regardé derrière. Cosnefroy a ensuite été très fort pour revenir sur lui. Personne n’a pu réagir. Ensuite, j’attendais des mouvements de quelques autres comme Van der Poel ou Hirschi, mais ils n’ont pas eu lieu et ça a comme d’habitude était tactique sur la fin ». « Si on avait eu Valentin avec Stefan, ça aurait évidemment été mieux, mais les costauds étaient malgré tout devant, assurait Benoît. Quand Cosnefroy est sorti, ça s’est fait à la jambe et je ne pense pas que Stefan était en mesure d’accompagner ».

À une quinzaine de kilomètres du but, Michal Kwiatkowski et Benoit Cosnefroy se sont ainsi retrouvés ensemble en tête et ont dès lors suffisamment collaboré pour éviter le retour du groupe incluant Stefan Küng. Un temps ramené à une quinzaine de secondes, l’écart ne s’est jamais résorbé et la victoire est revenue in-extremis au Polonais dans un sprint à deux. Quelques secondes derrière, Tiesj Benoot a obtenu la troisième place après avoir anticipé le sprint et Stefan Küng a finalement coupé la ligne en huitième position. « Il n’y a pas de regrets, assurait Benoît. C’est encore un beau top-10 dans une grande Classique. Valentin (14e) et Quentin (18e) sont placés aussi, et on en a donc trois dans le top-20. C’est la preuve d’un gros collectif et c’est à l’image de leurs dernières sorties. On n’est pas non plus surpris par Stefan. C’est dans la continuité de ce qu’il produit depuis quelques semaines. On voit qu’il a vraiment passé un cap sur les efforts courts et explosifs. Sur ces courses avec des bosses de moins d’un kilomètre, on sait qu’il peut accompagner les meilleurs. Ça s’est encore vérifié aujourd’hui ». La Groupama-FDJ porte donc à huit son nombre de Classiques WorldTour consécutives achevées dans le top-10. En attendant mieux encore. « Je suis content de mes sensations, concluait Stefan. C’était peut-être la course qui me convenait le moins de cette Campagne de Classiques. Alors, être à la hauteur et pouvoir jouer devant, c’est très bien. Ça m’a permis de garder le rythme avant le grand objectif de cette première partie de saison : Paris-Roubaix, dimanche prochain ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Stefan Küng reste maître des étoiles

C’est reparti pour un an ! Jusqu’à l’été prochain, Stefan Küng continuera d’arborer son maillot étoilé, signe de champion d’Europe, dans la discipline du contre-la-montre. Face à une adversité redoutable ce jeudi, le Suisse s’est magistralement imposé au terme des 22,4 kilomètres tracés autour de Trento, en Italie. Devançant notamment le champion du monde Filippo Ganna et Remco Evenepoel, Stefan Küng est désormais lancé vers un objectif plus grand encore…

« Une vraie performance de référence », Julien Pinot

Ils étaient trente-neuf, ce jeudi, au départ de l’édition 2021 du championnat d’Europe du contre-la-montre. Parmi eux, seuls quelques-uns pouvaient néanmoins prétendre au sacre sur le parcours de Trente. « C’était un chrono hyper roulant, présentait brièvement Julien Pinot, l’entraîneur du vainqueur sortant Stefan Küng. C’étaient vingt-deux kilomètres vraiment plats ». Avant que le Suisse ne s’élance pour défendre sa couronne, à 16h38, un autre sociétaire de la Groupama-FDJ l’a précédé sur la rampe de lancement en la personne de Bruno Armirail. Parti à 16h11, le vice-champion de France de la spécialité en a terminé vingt-six minutes et quatre secondes plus tard, à une vitesse moyenne de 51,5 km/h. À cet instant, Stefan Bissegger détenait alors la meilleure marque en 24’52. La bataille pour l’or s’est néanmoins concentrée sur les tous derniers partants. Filippo Ganna a ainsi établi la meilleure marque provisoire à l’intermédiaire, une seconde devant Remco Evenepoel alors que Stefan Küng passait avec un léger débours de trois secondes. « Il savait très bien ce qu’il fallait faire, poursuivait Julien. À partir du moment où il n’y avait presque pas de vent et que le circuit était très plat, il y avait simplement une zone cible à maintenir. Il y avait quelques parties en ville mais ce n’était pas hyper technique. Les ronds-points se passaient bien. C’était un vrai chrono, qui faisait uniquement parler la puissance et l’aérodynamisme. Au niveau du matériel. Tout était prêt à 300% et lui a parfaitement géré son effort. Il avait vraiment d’excellentes jambes. Il était à trois secondes au pointage mais n’a pas coincé du tout sur le retour, là où les autres ont coincé un petit peu ».

« C’était un parcours très rapide, et même s’il y avait un léger vent de dos dans la deuxième partie, je crois qu’il était très important de garder de la puissance pour les virages et les petits ponts du final, de sorte à toujours maintenir la vitesse, confiait Stefan. J’avais un plan et je l’ai parfaitement exécuté. Je savais que ça allait se jouer à très peu et qu’il fallait être réactif dans toutes les relances, faire attention à tous les détails. Quand je suis passé à trois secondes du meilleur temps à l’intermédiaire, je me suis dit que j’étais bien parti, car je savais que je pouvais finir plus fort encore. Aussi, étant donné que j’ai perdu de la médaille pour un rien à Tokyo, je me suis dit que ça pouvait se jouer à peu de choses et qu’il fallait absolument tout donner pour ne pas que ça se reproduise. J’ai juste pensé à pousser, pousser et encore pousser ». À l’arrivée, la marge n’était pourtant pas si restreinte. En qualité de dernier concurrent, le rouleur helvète a parfaitement négocié les derniers virages avant de débouler dans la dernière ligne droite et d’effacer la marque de Ganna, de sept secondes, pour une vitesse moyenne flirtant avec les 55 km/h ! « Il a mis dix secondes à Ganna après l’intermédiaire, il a fait un très très gros retour », témoignait Julien. C’est donc avec la manière et face à une opposition encore plus relevée qu’en 2020 que Stefan Küng s’est adjugé son second titre européen consécutif. « C’est extraordinaire de réussir à défendre ce maillot car il y avait quasiment tous les spécialistes présents ici, ajoutait Stefan. Je suis passé proche plusieurs fois, et j’ai toujours dit qu’il fallait juste tous les battre dans la même journée. Ça a été le cas aujourd’hui et ça fait super plaisir de conserver ce maillot ». « Battre Ganna, chez lui, sur un chrono tout plat et pas trop long, c’est une vraie performance de référence », complétait Julien.

« Mon grand objectif est d’endosser un autre maillot », Stefan Küng

Ce succès majeur intervient également après plusieurs places d’honneur notables mais frustrantes au cours des derniers mois, en particulier sur le Tour de France (2e et 4e) et les Jeux Olympiques de Rio (4e). « Stefan est un perfectionniste, il cherche à la fois la perfection dans l’effort et dans le résultat, rappelait Julien Pinot. Il n’y a que la victoire qui l’intéresse. Or, le niveau est hyper élevé et homogène entre quelques coureurs. Il n’y a pas une hiérarchie unique. C’est la raison pour laquelle on prend chaque chrono comme un événement à part entière. Aujourd’hui, ça lui a souri et c’est bien mérité compte tenu de tout l’investissement qu’il met dans sa préparation de chaque rendez-vous. Pour lui, chaque chrono est une échéance, il essaie de tout faire à 300%. C’est important d’avoir une satisfaction comme celle-ci pour récompenser tout son travail, celui de l’équipe, des mécanos, de Jürgen, du pôle performance ». « Quand tout le travail qu’on effectue avec l’équipe paie, ça fait vraiment plaisir, car c’est pour ça qu’on le fait, confirmait Stefan. C’est magnifique d’être récompensé par une telle victoire et ça donne la motivation de tout donner jusqu’aux Mondiaux ». Car à peine la ligne d’arrivée franchie, le Suisse avait déjà la tête tournée à son prochain rendez-vous. « Je suis vraiment fier de conserver ce maillot, mais mon grand objectif est d’en endosser un autre le 19 septembre à Bruges, disait-il. C’est l’objectif que j’ai en tête depuis Tokyo ». « Ça arrive très vite, concluait Julien. Sa forme va crescendo. Cela va lui donner de la confiance pour bien passer ces dix jours sans se relâcher ou se reposer sur ses lauriers, car ça reste une épreuve à part. Ce sera plus long (43 kilomètres) mais de nouveau tout plat. Il faudra basculer sur un effort plus prolongé, ce qui ne le désavantage pas forcément par rapport aux autres, mais on va continuer de bien rester concentré. »

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Stefan Küng prend les commandes du classement général

Le Benelux Tour est entré dans son triptyque final ce vendredi, entre Riemst et Bilzen, et Stefan Küng en a d’ores et déjà profité ! Au terme d’un final animé dans la cinquième étape, le Suisse s’est accroché à un peloton émietté pour franchir la ligne en 17e position, quatre rangs derrière Jake Stewart (13e). Surtout, il s’est porté à la tête du classement général après que ses principaux concurrents ont connu diverses fortunes. Le coureur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ entamera ainsi le week-end décisif avec une marge de deux secondes sur son premier poursuivant. 

« Il était primordial d’être placés aujourd’hui », Jussi Veikkanen

Les premiers reliefs faisaient leur apparition sur le Benelux Tour ce vendredi, après trois étapes complètement plates et un contre-la-montre extrêmement roulant. Il s’agissait donc d’un premier test pour les prétendants du classement général à travers des côtes caractéristiques de la Belgique. La première de la quinzaine programmée sur cette cinquième étape était située après environ quarante kilomètres de course, et trois hommes l’ont entamée avec un petit avantage sur le peloton. « Ça a bagarré une bonne vingtaine de kilomètres avant que l’échappée ne se forme, précisait Jussi. Nous avons nous-mêmes suivi 2-3 coups qui étaient plutôt dangereux. C’est finalement parti avant les bosses. Le peloton en avait un peu marre et avait surtout envie que ça sorte avant d’entrer dans les difficultés. Le groupe de trois s’est formé et ça a fait rideau immédiatement dans le peloton ». En tête de course, Casper Pedersen (Team DSM), Jack Bauer (BikeExchange) et Hugo Houle (Astana) ont constamment été maintenus à portée de fusil par la formation du leader Stefan Bissegger (EF Education-Nippo). Au premier passage sur la ligne, à 80 kilomètres du but, leur avantage n’était que de deux minutes. Dans la grande boucle tracée autour de Bilzen, les premières escarmouches ont surgi au sein du peloton, sans toutefois provoquer une réelle décision. Tout était donc en ordre à l’entame des deux tours du petit circuit (20 kilomètres) comprenant les ascensions du Keiberg et du Letenberg.

« Il n’y avait pas de dangers particuliers avec le vent, indiquait Jussi. Il y a eu un petit coup de vis avant le golden kilometre mais l’échappée a résisté et a raflé toutes les bonifications, ce qui était plutôt une bonne chose pour nous. On connaissait également le circuit final pour être souvent passés dans le coin. Le but était d’être placés dans les deux derniers tours, et plus particulièrement à l’entame du dernier. Les gars ont fait l’effort ensemble pour être présents au moment clé. C’était primordial aujourd’hui, car c’est surtout ainsi que s’est fait la décision. Dans le dernier tour, la bosse à dix kilomètres a fait des dégâts. Benjamin et les autres ont fait le boulot pour placer Stefan et Jake dans les meilleures conditions, puis il y a eu des cassures de partout ». Quelques attaques ont de nouveau émergé dans les derniers kilomètres, mais cela n’a pas été suffisant pour créer un groupe d’échappés. La sélection s’est donc principalement faite par l’arrière et a notamment concerné le leader en personne, Stefan Bissegger. Stefan Küng était lui bien présent dans le peloton de tête tandis que Kasper Asgreen était pour sa part victime d’un problème mécanique. Parvenant à rallier la ligne dans le même temps que le vainqueur, en 17e position, le rouleur suisse de la Groupama-FDJ héritait donc du maillot bleu de leader ce vendredi soir.

« Je suis plutôt confiant », Stefan Küng

« Je ne m’y attendais pas, confiait-il. Je pensais que le général bougerait plutôt sur les étapes de samedi et dimanche, mais quand on a fait le briefing aujourd’hui, on savait qu’il fallait toujours rester devant sur ce circuit, avec ces bosses et les nombreux virages. C’est ce que j’ai essayé de faire, tout en évitant les ennuis au maximum. Je suis resté calme toute la journée, je me suis bien placé avec l’aide des gars dans le dernier tour. Ensuite, je me suis juste accroché. Bissegger n’était pas dans un bon jour, Asgreen a eu un problème mécanique, mais j’étais concentré sur mon sujet. L’objectif était de ne pas perdre de temps, de rester devant et c’est seulement en faisant cela que j’ai pris le maillot ». « C’était imprévu, confirmait Jussi Veikkanen. On pensait que ça serait moins décousu ». Sur le faux-plat d’arrivée, Caleb Ewan s’est lui offert la victoire du jour tandis que Jake Stewart, un peu loin au moment de l’emballage, n’a pu faire mieux que treizième ce vendredi. « Le grand objectif du jour était le général avec Stefan, et c’est donc mission accomplie, même si Jake n’a malheureusement pas pu faire son sprint comme il le souhaitait », complétait le directeur sportif finlandais.

Avant le week-end final, c’est donc Stefan Küng qui mène les débats avec deux secondes d’avance sur son dauphin et six sur le troisième. « Nous allons voir comment procéder désormais, commentait Jussi. On saura demain soir si c’était un avantage ou un inconvénient de prendre le maillot. En tout cas, on connait le circuit et les gars sont assurément motivés à l’idée de défendre le maillot ». Le principal concerné en premier lieu. « Ça ne sera pas facile de démarrer l’étape comme leader car tout le monde va vouloir m’attaquer, mais je donnerai mon maximum pour garder le maillot et je sais que toute l’équipe est derrière moi, disait Stefan. Je connais toutes les montées dans les environs de Houffalize. C’est déjà ma septième participation à cette course. J’ai fait cette étape à plusieurs reprises, donc je sais à quoi m’attendre et ça va être très dur ! J’étais devant il y a deux ans, donc je suis plutôt confiant et je me sens bien. Demain, ce sera vraiment difficile contre les purs puncheurs mais je serai davantage sur mon terrain dimanche ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

L’échappée trompe les sprinteurs, Stefan Küng toujours troisième

Une arrivée massive était attendue du côté de Hoogerheide ce mercredi, au terme de la troisième étape du Benelux Tour. Elle n’aura pas eu lieu. Cinq échappés ont en effet réussi à tromper la vigilance du peloton et Taco van der Hoorn s’est alors adjugé la victoire du jour. Jake Stewart et Stefan Küng ont pour leur part terminé dans la première partie du paquet, quelques mètres derrière les fuyards. Le Suisse demeure ainsi troisième du classement général.

Parti de l’extrême Nord des Pays-Bas lundi, le Benelux Tour atteignait ce mercredi le Sud du pays, du côté d’Hoogerheide, à quelques encablures de la Belgique. Comme le premier jour, aucune difficulté n’était à signaler sur le tracé pour ce qui devait donc être le deuxième sprint massif de l’épreuve. Les favoris de l’étape se sont même satisfaits de laisser six hommes prendre le large de bonne heure. « L’échappée matinale est partie après cinq kilomètres de course, précisait Jussi Veikkanen. Ils étaient six dans un premier temps, mais le coureur de Bingoal a disputé le premier sprint intermédiaire au bout de 40 kilomètres puis s’est relevé. Ils n’étaient plus que cinq devant, mais cinq solides coureurs ». Plus précisément, on retrouvait donc Samuele Battistella (Astana), Taco Van der Hoorn (Intermarché-Wanty Gobert), Mathias Jorgensen (Movistar), Luke Durbridge (BikeExchange) et Thimo Willems (Sport Vlaanderen-Baloise). Méfiant, le peloton n’a accordé que trois minutes d’avance maximum à ces échappés. Pourtant, quand le mano a mano s’est vraiment installé dans les quarante derniers kilomètres, le peloton a eu toutes les peines du monde à leur reprendre du temps. Sur le circuit de Hoogerheide, long de vingt-neuf kilomètres à parcourir trois fois, l’écart s’est d’abord réduit, mais le quintette a dès lors offert une réelle résistance.

« La mission a été globalement accomplie », Jussi Veikkanen

À dix kilomètres du but, la différence était donc toujours supérieure à la minute et l’échappée entrait même dans les trois derniers kilomètres avec trente secondes d’avance. Dès lors suffisant pour jouer la victoire. Taco van de Hoorn a alors réglé ses compagnons de fuite et la première partie du peloton a terminé quatre secondes plus tard, avec Jake Stewart, Stefan Küng, Fabian Lienhard et Miles Scotson en son sein. « C’était un copier-coller de la dernière étape du Tour de Pologne, et ça s’est terminé de la même manière, analysait Jussi. Il y a eu pas mal de problèmes mécaniques, de crevaisons, de chutes, dans les 20 derniers kilomètres, ce qui a joué en la faveur de l’échappée. Pour nous, l’objectif du jour était de protéger Stefan et de positionner Jake pour le sprint. La mission a été globalement accomplie. La seule inquiétude était Durbridge, qui pouvait passer devant Stefan au général au jeu des bonifications. Finalement, il reste derrière Stefan, qui garde sa troisième place. En cas d’arrivée vraiment groupée, on espérait voir Jake sprinter. Il était bien devant mais n’a pas été capable de vraiment jouer les premières places. Il faut aussi rappeler qu’il est tombé lors de la première étape. Il a encore quelques pansements, des courbatures quand il se lève le matin, mais ça va de mieux en mieux. Nous ne sommes pas inquiets ».

Le jeune Britannique, qui a tout récemment prolongé avec l’équipe jusqu’en 2023, s’est finalement classé 29ème et pourrait avoir une nouvelle opportunité de s’exprimer jeudi à Ardooie. « Les sprinteurs ont raté une occasion aujourd’hui, donc je pense qu’ils voudront leur revanche demain », ponctuait Jussi.

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr