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Olivier Le Gac au pied du podium sur ses terres

Olivier Le Gac n’est jamais passé aussi près de la victoire sur la course qui lui a donné envie de monter sur un vélo. Sur les ribinoù du Tro-Bro Léon, le Breton est ce dimanche arrivé pour la gagne à Lannilis, après une course offensive de sa part mais aussi de l’ensemble de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, représentée dans l’échappée du jour par l’intermédiaire d’Alexys Brunel. Le régional de l’épreuve a finalement échoué à la quatrième place alors que Kevin Geniets et Benjamin Thomas ont également pris place dans le top-15 de cette nouvelle manche de la Coupe de France FDJ.

« C’était vraiment incroyable », Alexys Brunel

Annulé l’an passé en raison de la situation sanitaire, le Tro-Bro Léon était bien de retour au calendrier cette saison, et le tout « avec une météo bretonne », souriait Thierry Bricaud. « Au départ, on avait un temps pluvieux et très venteux, reprenait-il. Toutes les conditions étaient réunies pour ce type de course ». Une course de guerriers, à laquelle Alexys Brunel a rapidement pris part en intégrant l’échappée du jour aux côtés de sept autres coureurs après une trentaine de kilomètres. « On savait qu’une échappée d’une dizaine de coureurs pouvait aller relativement loin, c’est déjà arrivé, exposait Thiery. C’était aussi une bonne chose qu’on ait un coup d’avance et que l’on n’ait pas à subir ou assumer la course derrière. Cela nous permettait aussi de suivre les contres ». Sur ce terrain tortueux, et dans une course si ouverte, le peloton n’a toutefois pas voulu jouer avec les échappés, qui n’ont donc jamais pu profiter d’une avance supérieure à deux minutes. Le groupe de tête s’est en revanche peu à peu émietté au fil des chemins de terre et des secteurs empierrés. Ils n’étaient ainsi plus que cinq à cinquante bornes du terme et même plus que deux dix kilomètres plus tard, avec le seul Kevin Van Melsen (Intermarché-Wanty Gobert) pour accompagner Alexys.

« C’était une belle journée devant, assurait le Nordiste. Il y avait énormément de public sur le bord de la route. C’était vraiment incroyable et ça fait plaisir de voir autant de monde. Cela faisait vraiment longtemps… Ça nous a porté. En tout cas, personnellement ça m’a fait du bien. J’avais aussi de bonnes sensations. C’est simplement dommage qu’il n y’avait pas plus d’éléments forts dans l’échappée ». La tentative du jeune homme a finalement été neutralisée à 36 kilomètres du but lorsqu’un quatuor de poursuivants a fait la jonction. Mais il y avait là son coéquipier Olivier Le Gac. « Quand il est revenu, j’ai senti qu’il était très fort et j’ai essayé de l’aider comme j’ai pu avec ce qu’il me restait dans les jambes », disait Alexys. « Alexys est le dernier à résister, il a fait une très belle course, soulignait Thierry. Il nous a aussi bien servi dans le final car on était surreprésentés. On était encore cinq dans le peloton, bien placés pour aller chercher la gagne et les circonstances de course font qu’Olivier a pris le bon contre. Il a bien anticipé mais il faut dire qu’il était aussi sur ses routes d’entraînement. Il les connaissait par coeur et avait forcément une motivation supplémentaire ».

« Je n’ai pas de regrets », Olivier Le Gac

Le « doyen » de l’équipe a été accompagné par Piet Allegaert (Cofidis), Connor Swift (Arkéa-Samsic) et Harry Sweeny (Lotto-Soudal) dans cette offensive, qui a réussi à créer un trou d’une trentaine de secondes sur le peloton. Par la suite, Damien Touzé (AG2R-Citroën) a remplacé Sweeny en tête de course, avant d’être lui-même remplacé par Baptiste Planckaert (Intermarché-Wanty Gobert) dans les dix derniers kilomètres. C’est donc un quatuor qui s’est retrouvé en tête pour les derniers moments de course. « Je savais que les trois coureurs avec moi étaient vraiment rapides, disait Olivier. Il fallait que j’essaie de sortir et c’est ce que j’ai tenté de faire, plusieurs fois, mais je n’ai pas réussi. J’ai essayé, parfois, au bluff, mais les trois autres coureurs voulaient vraiment un sprint ». « Il manquait aussi d’un peu de fraicheur dans le final, ce qui était d’autant plus compliqué pour manœuvrer, reprenait Thierry. En plus il n’avait pas beaucoup de marge de manoeuvre car le peloton n’était pas loin derrière. Il a essayé, c’était plein d’engagement mais il lui en a manqué un peu ». C’est donc bel et bien un sprint à quatre, voire à cinq avec le retour in-extremis de Rasmus Tiller, qui a décidé de la victoire du jour. « Au sprint, je me disais que j’avais encore une chance, car on ne sait jamais après une course dure de plus de 200 kilomètres, assurait Olivier, mais ils étaient vraiment rapides et je n’ai pu faire que quatrième. Je suis déçu, j’ai cru à la victoire, mais j’ai fait la course qu’il fallait faire. Je n’ai pas de regrets ».

Une vingtaine de secondes plus tard, Kevin Geniets (10e) et Benjamin Thomas (13e) ont également signé un top-15 alors qu’Antoine Raugel a également terminé dans le peloton principal et que les sept coureurs de l’équipe ont terminé l’épreuve (seulement 86classés, ndlr). « On est déçus du résultat brut car on était vraiment pas mal collectivement, analysait Thierry. On a peut-être manqué d’un peu d’audace dans le final. Il y avait certes Olivier devant mais on avait les moyens de provoquer un contre derrière. C’est la petite déception car on pouvait aller chercher mieux que cette quatrième place. Malgré tout, on va retenir l’état d’esprit et le fait qu’ils étaient tous présents. Sur une course d’usure comme aujourd’hui, quand tu as encore pratiquement tes sept coureurs dans le final alors que les autres équipes sont décimées, c’est que tu es fort collectivement. On retient aussi le bon boulot des mécanos et la qualité du matériel car nous n’avons crevé que deux fois. Les jeunes de la Conti ont également bien assuré. Lewis Askey est plein de bonne volonté et d’engagement. Antoine Raugel marche aussi très bien, il a fait encore une belle course et était là dans le final. Ils courent sans complexe et c’est ce qu’on leur demande ». À la fin de la journée, Olivier Le Gac est tout de même monté sur le podium protocolaire pour recevoir son trophée de « meilleur Breton » : un cochon. « C’est la petite récompense, glissait-il pour conclure. C’était en tout cas une belle journée de vélo à la maison. Il y avait du monde au bord des chemins et c’était vraiment superbe. Vivement que cette situation se termine afin de pouvoir revivre de telles émotions. Ça fait vraiment chaud au cœur ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Benjamin Thomas à l’attaque, Olivier Le Gac 16e du général

C’est par la traditionnelle arrivée au sommet de Malhão que l’édition 2021 du Tour d’Algarve s’est conclue ce dimanche après-midi. À l’occasion de cette cinquième et dernière journée de course, Benjamin Thomas, troisième du contre-la-montre la veille, s’est de nouveau mis en évidence en intégrant l’échappée et en résistant jusqu’à dix kilomètres du terme. Olivier Le Gac s’est lui arraché dans l’ultime montée pour conserver un bon rang au classement général et repart ainsi du Portugal avec une seizième place finale.  

« Une bonne fin de semaine », Olivier Le Gac

Si une étape du Tour d’Algarve 2021 pouvait potentiellement sourire à l’échappée, il s’agissait bien de la dernière, ce dimanche, en direction de l’Alto de Malhão. De par le parcours accidenté et les écarts significatifs au classement général, les espoirs étaient permis pour les attaquants du jour. Alors, naturellement, la bagarre a duré plus longtemps que les jours précédents au départ d’Albufeira. Environ trente kilomètres ont été parcourus avant qu’un groupe d’une dizaine d’hommes ne parvienne à ouvrir une brèche. Et il y avait là Benjamin Thomas pour le compte de la Groupama-FDJ. « On avait vraiment dans l’idée de mettre un mec dans l’échappée, voire deux selon l’épaisseur du groupe, expliquait Frédéric Guesdon. La première mission était accomplie en ayant un mec devant. On espérait que l’échappée aille jusqu’au bout mais on a vite compris que ce serait difficile. Le peloton n’a accordé que 3’30 d’avance, ce qui est un écart assez mince ». « On avait une bonne carte devant, mais il y a toujours eu un bon rythme derrière, témoignait Olivier Le Gac. Étant donné que ça roulait bien devant, avec pas mal de bons rouleurs, le rythme était aussi élevé pour nous ».

À l’entrée dans le dernier quart de course, et alors que le peloton maintenait une vraie pression sur les fuyards, Benjamin Thomas a tenté le tout pour le tout. « Il fallait arriver avec une bonne minute d’avance au pied de la dernière ascension pour espérer aller au bout, précisait Frédéric. Il fallait donc tenter et c’est ce qu’il a fait à 35-40 kilomètres de l’arrivée. Ça ne s’entendait pas trop en tête, sur un terrain vallonné, alors il a décidé de tenter sa chance avec un coureur de Bora (Michael Schwarzmann, ndlr) ». L’ancien champion de France du contre-la-montre a parcouru une vingtaine de kilomètres en compagnie du coureur allemand avant de voir le retour de quelques hommes de l’échappée, puis du peloton, à dix bornes de l’arrivée. « C’était bien pour lui d’être devant et d’aller le plus loin possible, poursuivait Frédéric. Ça montre qu’il sort de ce Tour d’Algarve en forme ». « C’était une bonne fin de semaine, confirmait le spécialiste de la piste. Le début du Tour d’Algarve a été compliqué en raison de la chaleur mais j’ai fini avec de bonnes sensations. On avait un peu carte blanche aujourd’hui mais le peloton ne nous a pas trop laissé de liberté. Dans le final, j’ai essayé de m’extirper et de résister le plus longtemps possible. Une fois repris, j’ai filé un dernier coup de main à Olivier ».

« On aurait signé au départ pour un top 20 avec Olivier », Frédéric Guesdon

Douzième du classement général avant cette dernière étape, le coureur breton a même profité du soutien de l’ensemble de ses collègues tout au long de l’étape. « Toute l’équipe a fait du bon boulot pour m’aider et me placer au mieux pour le final, assurait-il. J’ai été très bien épaulé ». Il a aussi été attentif lorsque Kasper Asgreen a lancé les hostilités à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. « Il était bien placé quand ça a accéléré, et de là, ça n’a plus débranché jusqu’à l’arrivée », disait Frédéric. Olivier Le Gac s’est finalement présenté au pied de la bosse finale de Malhão (2,7 km à 9%) au sein d’un peloton d’une quarantaine d’unités. « Il s’est accroché et s’est bien battu », soutenait Frédéric. « J’ai fait de mon mieux, j’ai essayé de monter à mon rythme sans exploser, indiquait l’intéressé. J’ai donné le maximum et je suis globalement satisfait de ma semaine pour une reprise, sachant que je n’avais pas couru depuis le Tour des Flandres ». Vingt-quatrième au sommet ce dimanche, il a donc confirmé sa place dans le top 20 final (16e) de l’épreuve. « C’est quand même pas mal, ajoutait Frédéric. On aurait signé au départ pour faire top 20 avec Olivier ». « Ça confirme que j’ai bien travaillé à la maison et j’espère que je vais pouvoir encore élever mon niveau dans les semaines à venir en vue des Coupe de France en Bretagne et du Dauphiné », complétait le coureur de 27 ans.

Au moment de tirer le bilan de la semaine lusitanienne, Frédéric Guesdon apparaissait plutôt satisfait. « C’est une semaine positive, concluait-il. Nous n’avions pas de purs sprinteurs, or il y avait deux étapes au sprint. Nous n’avions pas de purs grimpeurs, or il y avait deux étapes avec arrivée au sommet. C’était de fait compliqué de tirer notre épingle du jeu, mais on a essayé de jouer placé malgré tout et on a surtout accumulé du bon travail pour la suite. On s’est aussi mis en condition pour travailler autour d’un leader. Et même si Olivier n’était pas là pour la gagne, tout le monde s’est bien mis à son service. Nous avions quand même une équipe jeune avec Alexys, Clément ou Marijn. Nous n’avons certes pas gagné, mais cette semaine de course nous a permis de bien travailler pour l’avenir. Enfin, pour sa première sur une course par étape avec la WorldTeam, Marijn a donné satisfaction et a montré qu’il était encore là aujourd’hui, après cinq jours de course ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Olivier Le Gac s’accroche dans l’Alto da Foia

À l’instar de la saison passée, Olivier Le Gac profite du Tour d’Algarve pour se tester dans les ascensions. Ce jeudi, à l’occasion de la première arrivée au sommet de l’épreuve, à l’Alto da Foia, le Breton a ainsi accroché le premier peloton jusqu’à quatre kilomètres de la ligne. Il a finalement rallié l’arrivée avec un peu plus d’une minute de retard sur le vainqueur du jour, Ethan Hayter. Vendredi, un sprint est attendu à Tavira.

Comme lors de la première étape, la bataille pour l’échappée aura été de courte durée ce jeudi, à l’occasion du second acte du Tour d’Algarve, davantage destiné aux grimpeurs. Le bon groupe s’est ainsi extirpé après seulement huit kilomètres et comprenait huit hommes : Damien Touzé (AG2R-Citroën), Kenny Molly (Bingoal Pauwels Sauces WB), Clément Carisey (Delko), Xabier Azparren (Euskaltel-Euskadi), Fábio Costa (Efapel), Joseph Laverick (Hagens Berman Axeon), Marvin Scheulen (LA Aluminios-LA Sport) et Samuel Caldeira (W52-FC Porto). « On avait la volonté de s’y joindre seulement s’ils étaient nombreux, à savoir plus de dix, et surtout si de grosses équipes étaient représentées », indiquait plus tard Frédéric Guesdon. L’échappée du jour a très vite pris sept minutes d’avance sur le peloton, mais celui-ci s’est progressivement mis en marche. « À partir de là, l’objectif était vraiment de rester au chaud et d’attendre le final, ajoutait Frédéric. Les gars avaient pour consigne de rester autour de Kevin et Olivier, qui étaient nos coureurs protégés pour l’étape du jour. Il y avait un enchaînement de trois belles bosses dans les trente derniers kilomètres, et les moins bons grimpeurs ont fait le travail pour bien les placer ».

« J’ai eu quelques crampes », Olivier Le Gac

Au pied de la première des trois difficultés du final, l’écart avec l’échappée est passé sous les trois minutes tandis que l’écrémage a commencé à s’effectuer par l’arrière. Au moment d’entamer la deuxième bosse, il n’y avait même plus qu’une trentaine d’hommes au sein d’un peloton également décimé par des chutes et cassures dans la descente d’Alferce. Pour le compte de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, Olivier Le Gac était encore présent, et il a donc pu entamer, quelques minutes plus tard, l’ascension finale de l’Alto da Foia (7,7 km à 5,8%) au sein du groupe de tête. « L’enchainement a rendu le final très difficile, relatait Frédéric. Olivier s’est accroché au maximum. Il avait envie de se donner à fond et de faire le meilleur résultat possible sur l’étape pour ne pas avoir de regrets ». Le Breton a finalement été distancé lorsque les grandes offensives ont débuté, à quatre kilomètres du sommet. Il a alors rejoint la ligne avec une minute et cinq secondes de retard sur le vainqueur Ethan Hayter. « Les jambes répondaient plutôt bien, mais j’ai eu quelques crampes dans le final, disait l’intéressé. J’ai subi un petit coup de chaud hier, ça a peut-être joué aujourd’hui. Après un mois sans compétition, c’est en tout cas plutôt encourageant. Je suis assez satisfait de ma journée ».

Olivier Le Gac occupe ainsi la 22e place du classement général ce jeudi soir, à 1’05 du maillot jaune. « Toute l’équipe a bien couru aujourd’hui, on était bien ensemble, ajoutait-il. C’était plutôt une bonne journée. On va essayer de continuer dans ce sens-là jusqu’à dimanche ». Vendredi, c’est un profil relativement plat qui attend les coureurs en direction de Tavira. « Ça peut être un peu plus ouvert, explique Frédéric. Certains essaieront peut-être d’aller dans l’échappée. Ce sera certainement compliqué d’aller au bout, mais il faut bien essayer. Suivant le déroulé du final, on essaiera peut-être de s’articuler autour de Marijn [van den Berg], mais les sprints sont tout de même houleux ici et il ne faudra pas prendre de risques inutiles sachant que nous n’avons pas non plus le coureur le plus rapide du plateau ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr