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Un dernier podium pour la route

Si les coureurs de la Conti Groupama-FDJ n’ont pas encore tous complètement terminé leur saison, l’équipe, elle, a dimanche participé à sa dernière course en ligne de l’année 2021. Dans la droite lignée de ce qu’elle a proposé tout au long des derniers mois, la formation bisontine s’est accaparée d’un nouveau podium, sur Paris-Tours Espoirs, grâce à la troisième place de Marijn van den Berg. Une belle conclusion à une formidable saison.

« Peut-être qu’il y avait moyen de faire mieux », Jérôme Gannat

Quelques heures avant « les grands », c’est sur un parcours tout à fait similaire, simplement raboté de ses trente-cinq premiers kilomètres, que les coureurs espoirs s’élançaient pour leur Paris-Tours, depuis Bonneval. À l’occasion de cette ultime course en ligne, et en équipe, de la saison pour la « Conti », Jérôme Gannat pouvait ce dimanche s’appuyer sur Marijn van den Berg, Lewis Askey, Enzo Paleni, Laurence Pithie ainsi que Rait Ärm. « C’était un Paris-Tours Espoirs au schéma assez classique », indiquait le directeur sportif du groupe. Après un début de course disputé, trois coureurs, puis quatre autres, sont allés former l’échappée du jour, qui a disposé d’une marge maximale de trois minutes et trente secondes. « À Vendôme, le peloton s’est tendu mais ça n’a pas cassé, reprenait Jérôme. À 52 kilomètres de l’arrivée, on est arrivés dans les chemins de vignes et il y a eu beaucoup de tension. Il y a eu de nombreuses chutes mais on a été épargnés car on était bien placés. À la sortie de la première séquence de trois secteurs, le peloton était réduit à 50-60 coureurs mais on avait toujours nos cinq gars. C’était parfait ». Les côtes et les chemins de graviers se sont alors enchaînés, et les derniers échappés ont finalement rendu les armes dans l’enchaînement de la côte de la Vallée Chartier et du huitième secteur du jour. Soit à environ vingt bornes du but.

« C’est aussi là où Hvideberg a attaqué, dans cet avant-dernier secteur où Alexys s’était également détaché il y a deux ans, signalait Jérôme. On avait identifié ce moment clé mais on n’a pas pu l’accompagner. Lewis a essayé de réagir à contretemps, de faire la jonction seul mais il n’a pas réussi ». Récent vainqueur sur la Ronde de l’Isard, le Britannique s’est servi de la dernière bosse du jour comme rampe de lancement, à dix kilomètres de la ligne, mais son entreprise a été neutralisée par ce qu’il restait du peloton. « On était quatre dans un groupe de vingt-cinq avec Enzo, Lewis, Rait et Marijn. Laurence était lui dans un deuxième groupe suite à un saut de chaine, détaillait Jérôme. La consigne était simple : si on avait personne devant à la sortie des dernières difficultés, l’objectif était de favoriser un sprint pour Marijn. On a essayé de rouler, mais c’était un peu timide, et Lewis a eu un gros coup de moins bien et n’a pas pu réellement aider. Qui plus est, il y avait vent de dos, et c’était donc plus simple pour l’homme de tête de résister ». Seul coureur à être parvenu à s’extraire de la masse, Jonas Iversby Hvideberg s’est donc imposé sur l’avenue de Grammont tandis que le « peloton » en a terminé une trentaine de secondes plus tard. Au sprint, Marijn van den Berg a accroché la troisième place du jour derrière son compatriote Casper van Uden. « Le bilan est positif car on a un coureur sur le podium, mais peut-être qu’il y avait moyen de faire mieux avec l’équipe qu’on avait, glissait Jérôme. Maintenant, Hvideberg était clairement un favori. Il court habituellement en Conti Pro ».

« De loin notre saison la plus aboutie », Jérôme Gannat

Pourvoyeur de deux succès pour la Conti cette année – et de cinq autres pour sa sélection nationale -, Marijn van den Berg est aussi venu ajouter un sixième podium à son bilan 2021 sous le maillot Groupama-FDJ. « C’était ma dernière course dans la catégorie Espoirs, donc j’étais très motivé et je voulais vraiment faire quelque chose de bien, commentait le Néerlandais de 22 ans. On avait une grosse équipe, Lewis était costaud, et on était encore quatre dans le premier groupe dans le final, ce qui était bien. Un mec très fort a réussi à résister, c’est dommage, mais on a essayé de faire au mieux pour le sprint. Je fais troisième à l’arrivée et je suis content de terminer par un podium. Je ne suis pas extrêmement déçu. Je voulais évidemment gagner aujourd’hui, mais j’étais vraiment fatigué sur le final ». Ce nouveau podium vient s’ajouter aux trente-sept précédents acquis par la Conti cette année, dont neuf ont été gravis sur la plus haute marche. Avant le Chrono des Nations pour Enzo Paleni, le championnat de Grande-Bretagne pour Joe Pidcock et une dernière pige avec la WorldTour pour Alexandre Balmer, Jérôme Gannat pouvait donc jeter un œil satisfait dans le rétroviseur. « Dans les classements par équipes, on est 48e alors qu’on était 150e l’an passé, ponctuait-il. On aurait aimé que l’année se termine par une victoire, mais ça reste une très bonne saison. Le point le plus positif est que tous les coureurs ont progressé entre le début et la fin d’année. Les douze de l’effectif ont été acteurs, et ils ont tous apporté quelque chose à l’équipe à un moment donné. Tout le monde a vraiment participé à la dynamique collective. C’était notre troisième saison, et c’est de loin la plus aboutie ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

David Gaudu septième du dernier Monument de l’année

C’est par une nouvelle prestation de haut rang que David Gaudu est ce samedi venu mettre un point final à sa saison 2021. Des bords du Lac de Côme au centre-ville de Bergame, le jeune Breton a de nouveau tenu tête aux cadors du peloton mondial pour jouer les tous premiers rôles du Tour de Lombardie. Il a finalement hérité de la septième position sur ce cinquième Monument de l’année, au sein d’un groupe bataillant pour la dernière place du podium, et a par la même occasion acquis son 29ème top 10 de la saison. Attila Valter s’est également signalé par une douzième place prometteuse.  

Pour la première fois depuis 2016, le Tour de Lombardie s’élançait de Côme pour rejoindre Bergame, et non le contraire. De fait, pour la première fois depuis 2016, le parcours n’empruntait donc pas la Colma di Sormano et son terrible mur. Pour autant, de nombreuses ascensions figuraient sur le parcours, et si les deux principales se situaient dans les quatre-vingt-dix derniers kilomètres, la fameuse montée de la Madonna del Ghisallo était pour sa part empruntée après seulement une trentaine de bornes. C’est d’ailleurs à cet instant que l’échappée du jour a enfin pu se former, ayant donc la primeur sur le retentissement des cloches au sommet. Mattia Bais (Androni-Sidermec), Jan Bakelants (Intermarché-Wanty Gobert), Victor Campenaerts (Qhubeka-NextHash), Thomas Champion (Cofidis), Andrea Garosio (Bardiani-CSF), Amanuel Ghebreigzabhier (Trek-Segafredo), Chris Hamilton (DSM), Domen Novak (Bahrain-Victorious), Davide Orrico (Vini Zabu) et Tim Wellens (Lotto-Soudal) ont alors bénéficié d’un avantage maximal de six minutes en tête de course, mais le peloton a entamé sa remontée à l’occasion de la première difficulté du jour, à Roncola Alta. Ce n’est toutefois qu’une cinquantaine de kilomètres plus loin, au pied de l’ascension de Dossena (11 km à 6%) que la course s’est véritablement enclenchée. Les premières offensives ont ainsi permis d’écrémer le peloton, qui n’incluait plus que 80-90 coureurs au sommet de Zambla Alta, à 75 kilomètres du but. À cet instant, les cinq grimpeurs de la Groupama-FDJ étaient encore tous présents à l’appel.

« Toujours plaisant de finir sur une bonne note », David Gaudu

Par la suite, le peloton s’est momentanément morcelé dans la descente, mais il s’est bel et bien recomposé et a avalé les échappés matinaux avant d’affronter la dernière grande ascension du jour : le Passo di Ganda (9,3 km à 7,1%). En raison d’un rythme très soutenu, de nombreux coureurs se sont écartés dès le pied, mais David Gaudu, Attila Valter et Thibaut Pinot s’accrochaient encore dans un groupe d’une trentaine d’unités. Les grandes manœuvres ont débuté à cinq kilomètres du sommet, d’abord par une première offensive de Vincenzo Nibali, mais surtout par le contre de Tadej Pogacar, qui parvenait immédiatement à faire le trou. En contre, David Gaudu s’est alors retrouvé en compagnie des autres principaux favoris de l’épreuve, mais à environ trente secondes du Slovène au sommet. Au forceps, le jeune Breton a tenu bon toute la montée, et notamment contenu l’attaque de Julian Alaphilippe, mais a malheureusement manqué de peu le bon coup à l’entame de la descente. « Il y a un petit regret, car quand Masnada y va, je réagis une seconde trop tard, relatait-il. La porte se ferme, je ne peux pas y aller directement, et quand j’y retourne, ça revient sur moi. Mais ça ne revient pas sur Masnada qui rentre sur Pogacar. Je ne sais pas si on aurait pu se présenter à trois pour la gagne, mais ça reste le petit regret du jour. J’en ai pas vraiment d’autres ».

À l’issue de la descente, Pogacar et Masnada menaient donc les débats alors que David se retrouvait en contre avec Roglic, Yates, Woods, Bardet, Alaphilippe, Vingegaard et Valverde. Relativement bonne dans un premier temps, la coopération s’est totalement désagrégée au deuxième échelon de la course à l’entrée dans les quinze derniers kilomètres. Le duo de tête a donc pu prendre encore davantage le large avant le final et le Colle Aperto (1,3 km à 7%), laissant ses concurrents se battre pour la troisième place. Dans la dernière bosse, le grimpeur de la Groupama-FDJ a parfaitement répondu aux ultimes offensives, se retrouvant dans un groupe de cinq pour jouer la troisième place. En tête, Pogacar a réglé Masnada pour conquérir son deuxième Monument de l’année, tandis que le groupe Gaudu se faisait tromper dans les derniers hectomètres par le retour de l’arrière de Yates et Roglic. Le Breton a dès lors dû se contenter de la septième place au sprint. « Un top 10 sur un Monument, avec ce plateau, c’est toujours bien et encourageant, confiait David. C’est toujours plaisant de finir sur une bonne note, ici, en Italie. On a été acteurs de toutes les courses de la semaine et le groupe a bien fonctionné tout le séjour. Encore aujourd’hui, l’équipe a fait du très bon travail, avec Lada et Roupette, ou même avec Seb dans l’avant-dernière bosse. Le bilan de ma saison est vraiment positif, j’ai été présent du Haut-Var jusqu’ici en Lombardie ».

« J’aurais pu faire encore mieux », Attila Valter

Grâce à cette septième place, David Gaudu signe donc un deuxième top-10 sur un Monument cette saison après son podium lors de Liège-Bastogne-Liège. Par ailleurs, Attila Valter a lui décroché son plus beau résultat sur une Classique, qui plus est WorldTour, en accrochant la douzième place du jour. « Ces dernières courses ont été vraiment difficiles, certaines m’ont moins réussi que d’autres, mais j’ai toujours essayé de faire de mon mieux pour l’équipe, commentait le Hongrois de 23 ans. C’était de nouveau le cas aujourd’hui. J’avais enfin les jambes que j’espérais et j’ai essayé de faire au mieux pour l’équipe une dernière fois. Je suis resté calme toute la course et j’ai économisé le plus d’énergie possible pour rester avec David jusqu’aux derniers instants. Je pense que j’aurais pu faire encore mieux, en termes de résultat et en termes de soutien pour mon leader, mais je pense que nous pouvons être vraiment contents de cette semaine. Personnellement je suis satisfait de finir la saison avec cette belle course et j’ai hâte de prendre des vacances bien méritées, avant de franchir un nouveau palier l’année prochaine ». C’est ainsi par une performance collective satisfaisante que s’achève la saison 2021 du groupe des « grimpeurs ». « David a été à la hauteur de nos espérances, résumait Sébastien Joly. La bonne nouvelle est que Thibaut avait également de meilleures sensations aujourd’hui. Il y a eu une bonne cohésion autour de David. Il y a certes encore de petits réglages à faire pour le futur, mais c’était une bonne expérience ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr