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Une fin de saison en apothéose pour Arnaud Démare

Une grande victoire, une victoire avec la manière, et une victoire qui fait le plus grand bien. Sur la longue avenue de Grammont, traditionnel théâtre de l’arrivée de Paris-Tours, Arnaud Démare a ce dimanche conquis l’un de ses plus beaux succès, et ce à l’occasion du tout dernier rendez-vous de sa saison. Dans une course très décousue à travers les chemins de vignes, l’ancien champion de France a lui-même opéré la différence dans les dernières difficultés avant un mano à mano haletant dans le final vers Tours. Revenu sur la tête de la course dans le dernier kilomètre, le Picard s’est alors offert sa neuvième victoire de la saison après un sprint colossal de près de 300 mètres. Petit clin d’oeil de l’Histoire, il devient le premier Français à remporter l’épreuve depuis … Frédéric Guesdon, son directeur sportif du jour, vainqueur en 2006.

Au lendemain du dernier Monument de la saison, c’est la dernière grande Classique du calendrier qui se présentait ce dimanche, entre Chartres et Tours. Sur un parcours remanié au cours des dernières années, la 115ème édition de Paris-Tours sonnait la fin de la saison 2021 pour un bon nombre de coureurs. C’était donc l’occasion de lâcher ses ultimes cartouches, et l’Équipe cycliste Groupama-FDJ avait bien l’intention de peser sur l’épreuve en créant, après à peine trente kilomètres, un premier coup de bordure derrière un trio échappé. « On avait un fort collectif au départ, on voulait donc durcir la course et surtout avoir plusieurs cartes dans le final, présentait le directeur sportif Frédéric Guesdon. On sait que sur ces chemins de vigne, on peut tout perdre. On ne pouvait donc pas tout miser sur un seul homme et on voulait donc procéder à une course d’élimination pour favoriser nos chances ». Le mouvement initié en début de course n’a finalement pas abouti, mais il a toutefois donné le ton de la journée. Par la suite, Rune Herregodts (Sport Vlaanderen-Baloise), Julien Duval (AG2R-Citroën) et Gijs Leemreize (Jumbo-Visma) ont même pu prendre sept minutes d’avance en tête de course, avant que le peloton ne soit de nouveau secoué par des bordures à la mi-parcours. Dans un premier peloton d’une trentaine d’unités, l’équipe pouvait compter sur Arnaud Démare, Stefan Küng et Olivier Le Gac, tandis l’échappée était revue vingt kilomètres avant le premier chemin de vigne.

« Tous avaient la consigne d’aller de l’avant », Frédéric Guesdon

« On en avait trois devant, mais l’écart n’a jamais été très important et cela a permis à ceux encore présents dans le peloton de rester dans le match, indiquait Frédéric. Bien heureusement d’ailleurs, car on a ensuite eu besoin d’un coureur comme Valentin, par exemple ».  Dans les premiers secteurs, Stefan Küng et Arnaud Démare sont restés attentifs au sein du groupe de tête, duquel s’est néanmoins détaché un trio composé de Frédérik Frison, Franck Bonnamour et Stan Dewulf. À une trentaine de kilomètres, le peloton s’est en partie recomposé et la Groupama-FDJ a alors initié un forcing dans la côte de la Rochère, dans le sillage de Ramon Sinkeldam. S’en sont suivies plusieurs offensives de Valentin Madouas, qui ont permis d’établir une vraie sélection au sein du « peloton ». Le Breton était même rejoint à vingt kilomètres du but par Stefan Küng, Arnaud Démare et quelques autres. Dans l’avant-dernière difficulté, le tenace Brestois en a remis une couche, et seuls cinq coureurs ont cette fois-ci pu l’accompagner, dont son compère Arnaud Démare. L’écart s’est alors réduit à trente secondes avec les hommes de tête, au nombre de deux après la crevaison de Frison. « On ne voulait pas mettre tous nos oeufs dans le même panier, rappelait Frédéric. C’est pour ça que tous avaient la consigne d’aller de l’avant et d’être offensifs. Valentin a tenté de sortir, ça n’a pas marché, donc il s’est mis au service d’Arnaud ».

Mais à l’instar de ses coéquipiers, Arnaud Démare n’a pas joué sur la défensive. C’est lui-même qui a porté l’estocade décisive dans la côte de Rochecorbon, dernier relief de la journée. Jasper Stuyven s’est employé pour rester dans la roue tandis que Valentin Madouas franchissait le sommet avec trente mètres de retard, qu’il n’aura pu boucher. « Il fallait prendre la course en main, assurait Frédéric. Quand tu veux une arrivée au sprint, tout repose sur toi, et ce n’est peut-être pas la meilleure façon pour rentrer. Il fallait attaquer et se retrouver entre hommes forts. C’est ce qu’il s’est passé avec Stuyven. Les deux vont vite, les deux sont en forme, les deux sont des gagneurs et tous les deux avaient intérêt à rouler ». S’est dès lors installé une lutte à – courte – distance entre le duo Bonnamour-Dewulf et le binôme Démare-Stuyven dans les dix derniers kilomètres. « Je ne savais pas si on allait rentrer, confessait Arnaud. On est bien sortis avec Stuyven, mais on a ensuite longtemps stagné à dix secondes. On les voyait, ils étaient là, mais ça ne voulait pas rentrer. J’étais un peu à la rupture et je voyais qu’il donnait aussi ce qu’il pouvait. On grappillait, mais très peu ». « À un moment j’ai eu peur, confiait Frédéric, même si on se doutait que ça allait un peu se regarder devant. On aurait pu tomber sur un coureur beaucoup moins rapide qu’Arnaud, et qui laisse donc à Arnaud toute la responsabilité. Heureusement ça n’a pas été le cas, et tout est rentré dans l’ordre dans le dernier kilomètre ».

« C’est beaucoup d’émotions », Arnaud Démare

Après un rapproché progressif, c’est Arnaud Démare en personne qui a pris l’initiative de boucher les derniers mètres après le passage de la flamme rouge. Et ce n’est qu’une poignée de secondes plus tard que le sprint a démarré. « J’ai voulu lancer de loin, racontait le Beauvaisien. Je savais que tout le monde était cuit et que je pouvais faire la différence sur la résistance. Je ne voulais vraiment pas me louper. J’ai vu le panneau 250 mètres, j’ai eu l’ouverture et j’y suis allé, en force. J’y ai vraiment cru, je n’ai rien lâché et je voulais vraiment aller la chercher ». Sur un effort long et puissant, sa spécialité, Arnaud Démare a donc pris les commandes et ne les a jamais lâchées. Avec une longueur d’avance sur ses concurrents sur la ligne, il a donc pu laisser exploser sa joie en accrochant l’une des plus belles Classiques du calendrier à son palmarès. « Remporter Paris-Tours après cette deuxième partie de saison difficile, c’est beaucoup d’émotions, commentait-il quelques minutes plus tard dans un large sourire. Je suis vraiment très heureux. Ces derniers temps, je n’avais pas de réussite, ou pas les jambes que je voulais, mais je n’ai jamais rien lâché. J’ai une pensée pour ma femme, avec qui on a tout bien fait pour continuer à y croire. Et ça y est, ça a tourné. Ça sourit aujourd’hui et c’est extra. Gagner sur la dernière course de la saison, et de cette manière, c’est un grand bonheur. J’en ai remporté des victoires, mais celle-là, je la savoure ».

C’est donc par la grande porte, et avec un neuvième bouquet en 2021, qu’Arnaud Démare peut sereinement partir en vacances. « Toutes les victoires font du bien, mais celle-ci certainement davantage que d’autres, encore plus pour Arnaud qui attendait ça depuis le mois de juin, ponctuait Frédéric. On sortait aussi d’un Paris-Roubaix un peu décevant, alors on est contents de finir la saison par une victoire (la 23e de l’équipe cette année, ndlr). Je n’aime pas dire que ça sauve sa saison, mais ça va en tous les cas lui faire du bien pour attaquer la prochaine. On sait très bien qu’on ne peut pas toujours être en haut de l’affiche et qu’il faut sans cesse se remettre en question. Arnaud a gagné avec la manière, mais on sait qu’il est capable de ce genre de choses. J’espère que ça lui donnera des idées pour la suite ». En attendant, le directeur sportif breton a dû abandonner son étiquette de dernier vainqueur français de Paris-Tours (2006). « Ça me fait plaisir d’être délogé par un mec de l’équipe, lâchait-il. Et quitte à avoir un successeur, autant participer à la victoire. Au moins, on n’est pas entièrement rayé des tablettes ! »

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Arnaud Démare renoue avec le podium

À trois jours de Paris-Tours, qui constituera son dernier rendez-vous de la saison, Arnaud Démare a eu l’occasion de retrouver les devants de la scène ce jeudi lors de Paris-Bourges. Pour la première fois depuis mi-août, le sprinteur picard s’est ainsi gratifié d’un podium, au terme d’une course agitée mais néanmoins conclue au sprint. Dans un emballage relativement fluide cette fois-ci, seul le Belge Jordi Meeus l’a donc devancé sur la ligne.

Si la majeure partie du parcours serpentait à travers le département du Cher, c’est bien du Loiret que la 71ème édition de Paris-Bourges s’est élancée, ce jeudi après-midi, à Gien. Il a alors fallu moins de dix minutes à l’échappée du jour pour se former autour de Jérémy Leveau (Xelliss-Roubaix Lille Métropole), Clément Carisey (Delko), Tony Gallopin (AG2R Citroën Team), Stephen Bassett (Rally Cycling) et Ibon Ruiz (Equipo Kern Pharma). Face à un peloton en contrôle, les fuyards du jour ont bénéficié d’un avantage maximal avoisinant les six minutes. Un écart qui s’est progressivement réduit à compter de la mi-course, alors qu’Alexandre Balmer, pour l’occasion promu de la Conti, venait intensifier la chasse en tête de paquet. La course a ensuite pris une nouvelle tournure à soixante-quinze bornes de l’arrivée. À la faveur d’une succession de trois bosses réparties sur vingt-cinq kilomètres, le peloton a largement été secoué, la Groupama-FDJ prenant toute sa part dans cette course de mouvements par l’intermédiaire de Valentin Madouas et Olivier Le Gac. « Les garçons avaient envie de faire la course, indiquait Franck Pineau. On a donc durci la course pour essayer d’éliminer un maximum de coureurs. On avait Valentin et Olivier dans cette perspective. Arnaud lui-même a réussi à se glisser dans un coup à un moment donné. Ils étaient une douzaine et on en avait trois. On était bien dedans, dans l’action. Ensuite, si aucun coup n’était parti à cinquante bornes, le but était de contrôler pour faire un sprint. C’est exactement ce qu’on a fait ».

« Je voulais prendre l’initiative », Arnaud Démare

Malgré de multiples tentatives, le terrain ne s’est pas avéré suffisamment exigeant pour opérer une véritable sélection au sein du peloton, ni pour créer des écarts intéressants. C’est ainsi quasi-groupé que le peloton a débouché de la dernière ascension du jour. De nouvelles offensives ont fait irruption dans la dernière heure de course, mais aucun coup ne s’est réellement dégagé. Il est donc apparu clair qu’une issue autre qu’un sprint massif avait peu de chances de voir le jour à Bourges. Dans l’approche de l’emballage, Arnaud Démare s’est alors placé dans la roue de Niccolo Bonifazio avec l’aide de ses coéquipiers. « À sept coureurs, on ne peut pas à la fois faire la course et faire un train, expliquait Franck. Si on met un train en place, on ne fait que ça et on ne durcit pas, on ne va pas dans les échappées. Là, on a fait une course d’action, donc on ne peut pas être au four et au moulin. Alexandre Balmer a fait du bon boulot sur tout le début de course, Antoine Duchesne a fait du gros boulot dans le final pour contrôler avec Kono, qui reprend et qui marche déjà très bien. Ensuite il ne nous restait donc plus que Ramon et Arnaud pour le sprint ». L’ancien champion de France reprenait le fil du récit : « Je me suis mis dans la roue des TotalEnergies et je me suis bien débrouillé pour tenir ma place. J’avais déjà fait deuxième derrière Degenkolb ici-même, et je savais qu’il ne fallait pas trop attendre. Je voulais prendre l’initiative, j’ai lancé mon sprint à 200 mètres mais Meeus revient comme une balle à 50 mètres de la ligne ».

« On n’a aucun reproche à se faire », Franck Pineau

Si Arnaud Démare a pu contenir ses autres concurrents, il n’a toutefois pu rivaliser avec le jeune Belge ce jeudi, héritant donc de la deuxième place du jour. « C’est correct, mais c’est un résultat anecdotique, continuait le Picard. J’avais de la force mais je manquais encore de fraîcheur, trois jours après Roubaix. Je suis forcément très déçu car j’avais vraiment envie de gagner avant cette fin de saison et je sais que Paris-Tours sera moins à ma faveur. Même s’il peut se passer plein de choses, j’avais plus de chances de l’emporter aujourd’hui ». « Il est naturellement déçu, un sprinteur veut toujours gagner, mais il est dans le match, complétait Franck Pineau. Et surtout il a pu faire son sprint aujourd’hui. De plus, ce n’est pas comme si on avait tout misé sur le sprint en s’engageant avec un train entier. Si on avait fait deuxième de cette façon-là, ç’aurait été plus décevant. Aujourd’hui, on a donné la chance à d’autres de pouvoir s’exprimer. On ne peut pas se contenter d’une place de deux, évidemment, mais on a tout fait pour gagner et on n’a aucun reproche à se faire. Il n’y a pas un seul moment où nous n’étions pas dans le match il y a eu de l’engagement de la part des coureurs, tous autant qu’ils sont. Si on gagne aujourd’hui, il n’y a rien à redire. Il manque un petit truc mais c’est comme ça, et ce n’est pas en baissant les bras qu’on va y arriver. Il faut continuer à aller de l’avant et se battre ».

Paris-Tours, ce dimanche, constituera enfin la dernière opportunité de la saison pour nombre de coureurs. « Ce sera tout autre chose, ponctuait Franck Pineau. Il y aura du tout-terrain, ce sera encore un cran au-dessus, mais on a certainement des gars qui pourront se présenter au départ sans rougir ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Clément Davy épate, Arnaud Démare sixième

Dans un (mini) Paris-Roubaix avant l’heure, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est joliment mise en avant ce mardi lors de la 62ème édition du Grand Prix de Denain. En particulier, Olivier Le Gac et Clément Davy ont activement participé à une course de mouvements en intégrant une échappée à environ 75 kilomètres de l’arrivée. Le jeune Mayennais aura même poussé l’aventure avec deux autres coureurs jusqu’à 500 mètres de la ligne, mais c’est finalement un petit peloton qui s’est joué la gagne au sprint, Arnaud Démare s’octroyant alors la sixième place du jour.

À environ deux semaines de l’Enfer du Nord, pour l’occasion disputé en automne, un parfum de pavé saisissait déjà le peloton international ce mardi, à l’occasion d’un Grand Prix de Denain figurant comme grande répétition avant la Reine des Classiques. Pas moins de 20 kilomètres de pavés étaient en effet au programme de l’épreuve nordiste, et l’intégralité des secteurs était même concentrée sur la deuxième moitié du parcours. La première était en revanche dénuée de difficultés et a d’ailleurs été effectuée à un train plutôt raisonnable. « Il fallait faire attention au départ au cas où une grosse échappée se formait, initiait Clément Davy. Or, il n’y a pas du tout eu de bataille. L’échappée s’est faite au bout d’un kilomètre. On aurait aimé que les organismes arrivent plus fatigués pour les secteurs pavés, mais c’est comme ça. Cette échappée nous arrangeait aussi pour le reste de la course ». Cinq hommes se retrouvaient ainsi devant : Clément Carisey (Delko), Adam De Vos (Rally Cycling), Rudy Kowalski, Maxime Urruty (Xelliss-Roubaix Lille Métropole) et Jason Tesson (St Michel-Auber 93). « Alpecin et Ineos ont pris en main et le scénario habituel s’est mis en place, poursuivait Frédéric Guesdon. On est ensuite arrivés sur les premiers secteurs avec seulement 1’30 de retard sur l’échappée. Le but était alors de replacer Arnaud, et en plaçant Arnaud, on plaçait aussi le reste de l’équipe. Une fois sur les pavés, on devait suivre les meilleurs ».

« Avoir deux coureurs devant, c’était idéal », Frédéric Guesdon

Si une première bagarre de positions a fait rage avant d’aborder le tout premier secteur, ce n’est qu’à Maing que la vraie bagarre a débuté. « Il y a eu une grosse accélération d’Ineos dans l’enchaînement des deuxième et troisième secteurs, précisait Frédéric. Il fallait être bien placé et avoir les jambes. Ils sont alors sortis à douze, et si Arnaud ne crève pas, on en a trois dans le premier groupe. C’est un peu le regret de la journée… » Alors que le Picard se voit rétrogradé en queue de peloton suite à son incident, Olivier Le Gac et Clément Davy parviennent à sauver les meubles en accrochant un groupe de costauds à près de 75 kilomètres du but. « Ça s’est vraiment fait à la pédale, assurait Clément. C’est là où la course s’est vraiment décantée. On était dans le coup avec Olivier. Malheureusement, Arnaud a crevé alors qu’il était avec nous. On aurait pu être trois devant, c’est un peu dommage ». En tête, le duo de la Groupama-FDJ a notamment retrouvé Luke Rowe, Michal Kwiatkowski (Ineos), Stan Dewulf (AG2R-Citroën), Sep Vanmarcke (Israel-Start Up Nation), Connor Swift (Arkéa-Samsic) ou encore Quinten Hermans (Intermarché-Wanty Gobert). Arnaud Démare parvenait lui, après quelques minutes de chasse, à réintégrer un peloton encore relativement étoffé. « Avoir deux coureurs devant, c’était quand même idéal, soulignait Frédéric. D’autres n’étaient pas représentés et devaient assumer la poursuite. On était en bonne position, on n’a jamais eu à rouler. Devant, ils passaient comme les autres mais n’en faisaient pas plus que nécessaire. Il y avait une bonne collaboration dans le groupe. Nos gars ont passé leur bout et ont accompagné les attaques quand ça a commencé à accélérer ».

Au terme de la première boucle « pavée » autour de Denain, le groupe de tête comptait près d’une minute d’avance sur le peloton, où diverses équipes se sont activées. L’enchaînement des secteurs a repris de plus belle à environ quarante bornes du terme et l’échappée a perdu des éléments au fur et à mesure. Le mouvement décisif s’est alors produit dans les secteurs menant et démarrant de Quérénaing, à une vingtaine de kilomètres. Dewulf et Kwiatkowski ont pris quelques longueurs d’avance et c’est alors Clément Davy qui est parvenu à faire la jonction avec Hermans. « On s’entendait bien devant mais c’est devenu de plus en plus usant pour tout le monde, racontait Clément. Dans le final, ça s’est fait à la pédale et on est sortis à quatre. Le dernier secteur (à 10 km) était le plus propre. On allait donc très vite. Je me suis dit : « c’est le dernier, ne lâche pas ». Je me suis mis dans la roue de Kwiatkowski, il a vraiment mis en route et c’est finalement le secteur qui m’a fait le plus mal. Mon champ de vision, c’était la roue de Kwiato, et je n’avais pas envie de la lâcher ». Et le Mayennais a complété sa mission. À la sortie du secteur, il n’était même plus que trois après la perte de contact d’Hermans. Le peloton, lui, se situait à une vingtaine de secondes après avoir avalé les intercalés. Clément s’est alors appliqué à collaborer avec Kwiatkowski et Dewulf quand ses coéquipiers, dans le paquet, se tenaient prêts en cas de regroupement.

« Pour moi, c’est quand même un déclic », Clément Davy

« J’aurais aimé qu’il joue un peu avec ses adversaires, confiait Frédéric. Il pouvait jouer sur le fait qu’il avait Arnaud, l’un des favoris pour le sprint, à l’arrière. Mais il était tellement pris dans la course et par l’effort qu’il n’a pas trop pensé à bluffer. C’est un peu dommage car il aurait clairement pu faire quelque chose vu sa condition du jour. Il n’a pas pu attaquer avant le dernier kilomètre car il ne pouvait pas, mais s’il avait joué un peu plus, ça aurait pu être possible ». Le trio a ainsi passé la flamme rouge avec une poignée de secondes d’avance, et si Kwiatkowski a tenté le tout pour le tout dans les derniers hectomètres, tous ont finalement été revus par le peloton à 500 mètres de la ligne. « Je pense que le vent de face nous a coûté cher », expliquait Clément. Il n’a pas non plus avantagé Arnaud Démare qui, au sprint, s’est octroyé la sixième place derrière le vainqueur Jasper Philipsen. « Il a lancé assez tôt pour éviter de se faire coincer, il a pris le vent de face et s’est ensuite fait un peu déborder, relatait Frédéric. Il lui a peut-être manqué des forces vis à vis de sa crevaison, qui l’a contraint à un effort que n’ont pas eu à consentir d’autres sprinteurs. À ce niveau-là, ça se joue à peu de choses… C’est une belle course d’ensemble, mais avec Arnaud, on veut forcément gagner des courses. On est toujours présents, mais il nous manque cette victoire au bout et c’est forcément un peu décevant ».

En revanche, la satisfaction du jour provenait clairement de la performance de haute volée de Clément Davy, habituellement en tête de peloton pour annihiler les échappées. « C’est clair que pour moi, c’est quand même un déclic, disait le jeune homme. Même si je savais que j’avais le potentiel pour être là, fallait-il encore le prouver. J’avais vraiment en tête ces courses avec les pavés du Nord. Depuis que j’ai eu la chance de faire Paris-Roubaix Espoirs, je suis tombé amoureux du pavé et j’ai envie de faire quelque chose sur ces courses. Sur ce Grand Prix de Denain, j’ai pu montrer le maillot et on a été là collectivement ». « Clément parle souvent des pavés, de Paris-Roubaix, il adore ces courses-là, confirmait Frédéric en conclusion. Aujourd’hui c’était son premier rendez-vous sur les pavés avec nous. Il a montré de belles choses et confirmé que c’étaient des courses faites pour lui. C’est de bon augure pour l’avenir et j’espère que ce n’est que la première d’une longue liste de performances dans le Nord de la France ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Arnaud Démare revient avec un top 5

Deux semaines après avoir achevé le Tour d’Espagne, Arnaud Démare renouait avec la compétition ce dimanche, dans le Nord de la France, à l’occasion du Grand Prix d’Isbergues. Toute l’Équipe cycliste Groupama-FDJ s’est naturellement mise à son service, et a d’ailleurs effectué un très gros travail à l’approche de l’emballage final. Malheureusement, l’ancien champion de France s’est retrouvé quelque peu bloqué contre les barrières dans les cinquante derniers mètres et a dû se contenter de la cinquième place du jour.

L’Équipe cycliste Groupama-FDJ lançait ce dimanche un petit séjour dans le Nord, à l’occasion du Grand Prix d’Isbergues, qui sera suivi du Grand Prix de Denain mardi. Mais avant d’aller battre le pavé, c’est un parcours relativement rectiligne et sans difficultés majeures qui se présentait face aux coureurs ce dimanche. Dans les premiers tours du circuit local, avant une boucle de soixantaine kilomètres à l’Est d’Isbergues, une échappée de cinq hommes s’est donc rapidement développée autour d’Alexis Gougeard (AG2R-Citroën), Samuel Leroux, Thomas Denis (Xelliss-Roubaix Lille Métropole), Robin Meyer (Nippo-Provence-PTS Conti) et Alexandre Delettre (Delko). « C’était un scénario très attendu, exposait Frédéric Guesdon. On aurait pu avoir une plus longue bagarre, mais l’échappée est partie très rapidement, au bout de cinq kilomètres. L’écart est monté assez vite à trois minutes et on s’est tout de suite mis à rouler avec Alpecin-Fenix et Cofidis. On a d’abord maintenu l’écart par l’intermédiaire Clément Davy, puis on l’a réduit au fur et à mesure ». Après le franchissement de quelques bosses dans la première partie de course, le peloton a retrouvé le circuit local et ne comptait plus qu’une minute du retard à quatre tours du but, soit environ quarante-cinq kilomètres.

« Je n’ai pas pu m’exprimer », Arnaud Démare

Au sein de la Groupama-FDJ, l’organisation était claire ce dimanche. « Le sprinteur numéro 1 restait naturellement Arnaud, avec Jacopo et Ramon pour l’emmener, précisait Frédéric. On avait Clément pour gérer l’échappée, et éventuellement Fabian pour finir le travail si nécessaire. On pouvait ensuite compter sur Olivier alors que Jake était situé juste devant Ramon. Tout cela s’est fait naturellement ». Dans le dernier tour, les deux derniers rescapés de l’échappée ont été neutralisés tandis que tous les coéquipiers d’Arnaud Démare ont parfaitement tenu les rênes du peloton pour préparer le sprint. Sous la flamme rouge, Ramon Sinkeldam, Jacopo Guarnieri et l’ancien champion de France étaient ainsi déposés en tête de paquet mais les derniers instants n’ont pas été à la faveur du Picard, finalement cinquième sur la ligne. « Je suis évidemment très déçu, encore une fois, disait-il. Je n’ai pas eu l’ouverture. L’équipe avait fait un super boulot mais on s’est fait déborder à 300 mètres et je me suis retrouvé dans la boite à gauche, le long des barrières, et je n’ai pas pu m’exprimer. Je sentais que la gagne était là mais je ne pouvais pas passer. C’est dommage que l’histoire se répète ». « Malheureusement, on n’a pas pu concrétiser la belle journée qu’on a réalisée, regrettait Frédéric. On a bien pris la course à notre compte et on n’a pas le résultat qu’on espérait, c’est un peu frustrant. Il y avait forcément de la déception mais c’est le sport et on va continuer de travailler pour Arnaud dans l’espoir que la roue tourne ». Le prochain rendez-vous est donc prévu dans moins de deux jours, à une centaine de kilomètres de là. « Ça risque d’être un peu plus ouvert avec les secteurs pavés à Denain, prédisait Frédéric. Mais Arnaud aime les pavés, donc il devrait logiquement bien les passer, et d’autres coureurs marchent bien. Le groupe sera similaire à l’exception de Jake remplacé par Miles. Il y a moyen de faire un bon résultat. Avec vingt kilomètres de pavés, ça se fera à la jambe, et on espère bien jouer devant ». « C’est la première fois que je ferai ce nouveau parcours avec les pavés, ponctuait Arnaud. Ça tombe vraiment bien vis à vis de Paris-Roubaix dans 15 jours. Ce sera une bonne répétition pour nous et une course très exigeante »

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr