Entradas

Sam Watson impressionnant cinquième de « l’Enfer de l’Ouest »

C’est dans des conditions extrêmement difficiles que s’est disputée ce dimanche la 38ème édition d’une épreuve désormais entrée dans le patrimoine du cyclisme hexagonal. Neuvième manche de la Coupe de France FDJ, le Tro Bro Leon a de fait accouché d’une course très rude autour de Lannilis et à travers les vingt-neuf ribinoù au programme. Après l’élimination précoce de Jake Stewart sur crevaison, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a notamment pu se reposer sur Sam Watson et Matthieu Ladagnous qui ont disputé le final avec les meilleurs. Le jeune Anglais membre de la Conti s’est même flanqué d’une prometteuse cinquième place à l’arrivée, son aîné français accrochant lui la dixième position.

« Jake s’est retrouvé dans la pampa », Frédéric Guesdon

C’était une journée attendue avec une gourmandise non-dissimulée par beaucoup de passionnés de cyclisme. Ce dimanche 15 mai était donc « jour de Tro Bro Leon ». Sur les routes, goudronnées et empierrées, du Finistère, le peloton s’est ainsi élancé avant midi pour une 38ème édition qui s’est vite annoncée épique. La pluie s’est invitée sur le parcours et a forcément « changé la donne », comme le soufflait Frédéric Guesdon, vainqueur de l’épreuve en 2008. « Ce n’était pas vraiment prévu, mais il a finalement plu durant presque toute la course, ajoutait le directeur sportif breton. Ça ne s’est levé que dans la dernière heure. Cela a quand même durci la course, et les chemins étaient également plus techniques mouillés. Les premiers secteurs se sont bien passés, mais il y a eu une grosse gamelle dans le cinquième. Samuel a été pris, il est reparti très loin mais a réussi à rentrer ». Avant que la grande bagarre ne débute, Charles-Étienne Chrétien (Premier Tech U23), Marc Sarreau (AG2R-Citroën), Martin Urianstad (Uno-X) et Morné Van Niekerk (St-Michel Auber 93) ont pris le large, cumulé jusqu’à sept minutes d’avance, mais le peloton s’est rapproché à tout juste deux minutes à l’approche du septième ribin, porte d’entrée sur 85 derniers kilomètres sans répit. À ce stade, la Groupama-FDJ ne pouvait malheureusement déjà plus compter sur Jake Stewart, troisième la veille sur le Grand Prix du Morbihan. « Il a crevé deux fois, précisait Frédéric Guesdon. Il a pu revenir la première fois, mais il a crevé quelques kilomètres plus tard et je l’avais déjà doublé car nous étions déjà très loin du peloton. Dès lors, il s’est retrouvé dans la pampa. À partir de là, c’était fini pour lui. Il a été éliminé sur crevaison ».

Alors que plusieurs offensives et autres chutes ont secoué le paquet dans l’enchaînement des ribinoù, Sam Watson, Matthieu Ladagnous, Bram Welten et Eddy Le Huitouze étaient encore bien présents à 50 bornes du terme, lors du premier passage sur la ligne à Lannilis. La course s’est enflammée quelques instants plus tard et une violente accélération en tête de peloton a finalement établie une première décision. « Dans le final, ça s’est surtout fait à la pédale, expliquait encore Frédéric. Sam a certes crevé, mais il a été dépanné par un assistant à la sortie d’un chemin et n’a donc pas perdu beaucoup de temps. Il fallait courir devant dans les ribinoù. On avait repéré certains chemins qui étaient plus importants que d’autres, mais on s’est rendu compte que c’étaient malgré tout les jambes qui parlaient. Les plus forts étaient devant ». À environ quarante kilomètres du but, Samuel Watson et Matthieu Ladagnous ont alors réussi à accrocher un groupe d’une quinzaine d’unités en tête de course. « On aurait certes pu en avoir plus, mais on aurait également pu en avoir moins, soulignait Frédéric. Ce n’était pas mal, mais Arkéa-Samsic et Lotto-Soudal étaient en surnombre, et ils ont naturellement joué là-dessus. Quand tu laisses des coureurs de ces équipes partir, il n’y a plus personne pour rouler en contre ». À un peu plus de vingt-cinq kilomètres, un solide quatuor s’est alors extirpé et les représentants de la Groupama-FDJ n’ont pu l’accompagner. L’écart a rapidement atteint la demi-minute et la donne s’est naturellement compliquée. « On y a cru un peu lorsque Florian Vermeersch a crevé devant, ajoutait Frédéric. On s’est dit que Lotto-Soudal allait nous ramener dans la course, mais Vermeersch a eu un nouveau souci et ce n’est finalement jamais rentré ».

« C’était un carnage, mais j’ai adoré chaque instant », Sam Watson

Les positions sont plus ou moins restées stables dans le final et Hugo Hofstetter l’a emporté sur la ligne. Au terme d’une course pour le moins éreintante, Sam Watson a malgré tout eu la force de sprinter pour une belle cinquième place à l’arrivée. Matthieu Ladagnous a lui clos le top-10 de la journée. « On préfère toujours gagner, mais il faut aussi dire qu’on n’était que cinq au départ, qu’ils avaient tous couru la veille et que Jake a été éliminé tôt sur crevaison, récapitulait Frédéric. On a fait avec nos moyens. Terminer cinquième et dixième, ce n’est quand même pas si mal. On sauve bien les meubles sur ce week-end, avec un podium hier et un top-5 aujourd’hui ». Pour son dixième jour de course de la saison avec la WorldTour, Sam Watson, pensionnaire de la Conti et vainqueur de Gand-Wevelgem Espoirs, a épaté. « J’ai évidemment été dégoûté de l’annulation de Paris-Roubaix U23, confiait-il plus tard. Heureusement, j’ai pu courir cette course à la place. C’était très similaire, mais c’était peut-être un plus gros carnage encore ! Il a plu toute la journée, ce qui ne me déplaisait pas après avoir souffert de la chaleur samedi. J’ai chuté, j’ai crevé, il a été difficile de rentrer, donc je suis content de cette cinquième place. Je n’ai jamais disputé une course comme celle-ci, c’était un carnage, mais j’ai adoré chaque instant ! » Matthieu Ladagnous, de dix-sept ans son aîné, n’a visiblement, lui non plus, pas boudé son plaisir. « Tant que la motivation est là, il n’y a pas d’âge pour faire des résultats, concluait Frédéric. Malgré leur écart générationnel, ils sont tous les deux plein d’envie et c’est comme ça que ça marche ! Ça reste une bonne journée pour nous ».

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Anthony Roux acteur et cinquième d’une étape endiablée

Malgré un profil accidenté, les coureurs n’ont pas traîné ce vendredi sur les routes de la Vuelta. Et Anthony Roux, au terme d’une échappée rondement menée, est parvenu à décrocher la cinquième place du jour au sein d’un groupe de fuyards ayant résisté toute la journée à la pression du peloton. L’expérimenté coureur de 34 ans apporte ainsi à l’Équipe cycliste Groupama-FDJ son deuxième top-5 avant le dernier week-end de course, et donc les dernières opportunités. 

« Une belle solidarité autour d’Arnaud », Franck Pineau

Il ne fallait pas être en retard à l’allumage ce vendredi au départ de Tapia, pour la dix-neuvième et antépénultième étape du Tour d’Espagne. Avant la succession de trois belles ascensions dans les cinquante premiers kilomètres, dix bornes de plat étaient à couvrir, et certains étaient bien décidés à les mettre à profit pour se glisser dans l’échappée. Au moment d’entamer la première difficulté, une vingtaine de coureurs parvenait ainsi à se construire une petite minute d’avance, et la Groupama-FDJ comptait à cet instant deux hommes en tête de course : Anthony Roux et Arnaud Démare. « Arnaud voulait avant tout essayer de bien passer les bosses du départ, expliquait Anthony. Être dans l’échappée lui aurait permis de le faire ». Le peloton n’a toutefois pas levé le pied, la course ne s’est aucunement posée et l’échappée s’est alors réduite à dix-huit unités au fil des difficultés. « Les trois premiers petits cols me correspondaient au niveau de la pente moyenne, mais c’était un vrai mano a mano avec le peloton », reprenait Anthony, qui parvenait à tenir sa place à l’avant. L’écart n’a que très brièvement dépassé les deux minutes, à l’occasion notamment du ravitaillement, tandis qu’Arnaud Démare s’accrochait désormais aux roues d’un peloton lancé à toute vitesse. « Après avoir été distancé de l’échappée, Arnaud a regagné le peloton mais il y avait encore des difficultés à passer, relatait Franck. Dans la troisième bosse, il a été un peu distancé et on a fait décrocher trois mecs pour l’attendre. Il y a eu une belle solidarité de ses équipiers pour le ramener. On a eu une vraie course d’équipe ! »

Aux environs de la mi-parcours, la Groupama-FDJ disposait donc de deux cartes potentielles pour jouer la victoire d’étape. En tête de course, Anthony Roux s’assurait lui de faire le juste nécessaire au sein de l’échappée. « On a longtemps demandé à Roupette de ne pas trop collaborer devant, de faire le strict minimum, pour ne pas se faire piéger par les cassures mais aussi pour garder des forces pour le final », exposait Franck. « Je prenais mes bouts sans trop en faire, confirmait l’intéressé. Je préfère passer mes relais et collaborer plutôt que de me faire enterrer comme ça a été le cas pour certains aujourd’hui. Je pense que ce n’est pas la solution. Il faut participer et prendre son petit bout de relais tranquillement. Je n’insistais pas, mais je n’enterrais pas non plus l’échappée, et ça me permettait aussi de m’économiser. La jouer ainsi m’a aussi, je pense, permis d’être parmi les sept rescapés du final ». Naturellement, le groupe de dix-huit s’est disloqué en cours de route. La première attaque est intervenue à soixante-trois kilomètres de l’arrivée et l’échappée s’est d’abord réduite à onze unités après une belle empoignade. À 35 kilomètres, la bagarre a repris de plus belle et a condamné quatre coureurs supplémentaires. Anthony Roux est lui parvenu à résister aux côtés de Magnus Cort, Lawson Craddock (EF Education-Nippo), Andrea Bagioli (Deceuninck-Quick Step), Quinn Simmons (Trek-Segafredo), Andreas Kron (Lotto-Soudal) et Rui Oliveira (UAE Team Emirates).

« Je n’ai pas de regrets, j’ai tout donné », Anthony Roux

« Ça a roulé à bloc toute la journée, témoignait Anthony. C’était d’abord difficile de suivre les attaques. Plusieurs équipes avaient deux coureurs, alors être seul m’a fait un peu défaut. J’allais chercher tout ce qui bougeait, mais je ne voulais pas regretter de ne pas lever mon cul de la selle (sic). Je me suis beaucoup calqué sur Cort et Bagioli. Puis, dans le final, j’étais à bloc pour prendre les relais. Ça roulait à une allure terrible ». Sous le contrôle de Craddock, le groupe de tête en a donc terminé au sprint et Magnus Cort s’est alors offert son troisième bouquet de la Vuelta. Sur la ligne, Anthony Roux a lui obtenu la cinquième place du jour quelques secondes devant le peloton. « Je n’ai pas très bien viré après le virage, j’ai un peu perdu mon élan et j’ai hésité à lancer, racontait-il. Mais de toute façon il n’y avait rien à faire face à Magnus Cort sur un sprint comme celui-là. Je n’ai pas de regrets, j’ai tout donné et j’ai bien géré ma journée. Je suis forcément déçu car j’y ai cru. Tout m’avait souri, avec l’échappée puis ce groupe de sept. J’ai pensé à ma famille pour faire un sprint à bloc, ce que j’ai fait, mais je me fais simplement battre par meilleurs ». « Anthony était déterminé depuis plusieurs jours à s’exprimer sur cette étape, ajoutait Franck. Il a tout tenté pour essayer de faire la meilleure performance possible. Ce n’est pas la victoire, mais quand on voit les mecs devant… ce n’est pas mal. Aujourd’hui on était sur deux tableaux et c’était plutôt sympa. Ça montre qu’on est encore dans le match ».

Demain, les coureurs disputeront la dernière étape en ligne de cette Vuelta 2021, dans l’accidenté terrain galicien. « Les difficultés sont plus situées dans le final, concluait Franck. On a encore des garçons très valides, et mis à part peut-être Tobbe, qui pense déjà au chrono, les autres vont de nouveau se mêler à la bagarre ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr