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Michael Storer tente son va-tout, Attila Valter accroche la troisième place

L’Équipe cycliste Groupama-FDJ a été omniprésente, ce mardi, dans la deuxième étape du Tour des Alpes qui empruntait deux grands cols en direction de Lana. Dans un premier temps, Matteo Badilatti et Michael Storer ont animé la journée en prenant place dans une échappée sortie en costauds. L’Australien a même poussé l’aventure jusqu’à dix kilomètres de l’arrivée avec l’unique Pavel Sivakov. Néanmoins, c’est un sprint en petit comité qui a conclu l’étape et Attila Valter s’est alors octroyé la troisième place derrière Pello Bilbao. Michael Storer et Lenny Martinez ont terminé dans le même temps, et tous trois restent donc placés au général, le Hongrois pointant notamment à la troisième place.

« Content d’être de retour à l’avant de la course », Michael Storer

Un petit échauffement sur home-trainer n’était pas de trop, ce mardi matin, au départ de San Martino di Castrozza. Les choses sérieuses commençaient d’emblée sur la deuxième étape du Tour des Alpes, avec le Passo Rolle, long de 21 kilomètres pour une pente moyenne avoisinant les 6%. « Ce n’était évidemment pas simple, et c’est en plus monté très vite, témoignait Thierry Bricaud. Nos gars étaient toujours offensifs, toujours dans les coups, et c’est finalement parti à mi-col à onze coureurs, avec Matteo et Michael ». « C’était une étape très difficile, comme on pouvait s’y attendre, poursuivait l’Australien. Le rythme était vraiment très rapide dans la première montée et ça a débouché sur une cassure. J’ai pensé un moment que le peloton allait nous laisser faire car toutes les équipes étaient représentées devant. Cela aurait pu être une de ces journées où le peloton se contente de l’échappée, mais Bahrain-Victorious voulait jouer sur Bilbao bien qu’ils avaient quelqu’un devant ». En tête de course, les coureurs de la Groupama-FDJ étaient accompagnés de neuf coureurs, et pas des moindres : Herman Pernsteiner (Bahrain-Victorious), Miguel Angel Lopez, Vladim Pronskiy (Astana), Pavel Sivakov (Ineos Grenadiers), Felix Gall (AG2R-Citröen), Cian Uijtdebroecks (Bora-hansgrohe), Jonathan Caicedo (EF Education-Easy Post), Carl-Fredrik Hagen (Israel-Premier Tech) ainsi que Thymen Arensman (DSM). « Le problème est que ça a toujours roulé derrière, assurait Thierry. Le peloton ne s’est pas relevé et les Bahrain-Victorious ont fait un gros travail, tout comme AG2R-Citroën qui a assumé avec l’ambition de garder le maillot de leader. Malgré tout, j’y croyais et je pensais que ça pouvait aller au bout ».

Au terme d’une première partie d’étape intense, l’échappée ne comptait toutefois que deux minutes au pied du deuxième grand col du jour, le Passo della Mendola (16 km à 6,5%). Le rythme s’est alors durci à l’avant, et Michael Storer a été en mesure d’accrocher la roue de Pavel Sivakov lorsque celui-ci a attaqué à l’approche du sommet. Seuls Arensman et Pernsteiner se sont joints à eux alors que Matteo Badilatti était distancé et bientôt repris par un peloton extrêmement réduit. Dans l’ascension suivante, bien plus roulante et non-répertoriée, l’Australien de la Groupama-FDJ et le Français d’Ineos Grenadiers sont partis seuls et ont alors entamé la longue descente vers Lana avec une marge d’une petite minute. « Je pensais que Lopez serait un petit ton au-dessus, il a malheureusement été lâché et ils se sont donc retrouvés à deux, indiquait Thierry. Ça a été un joli match, mais un peu déséquilibré pour finir. Ils descendaient bien devant, mais le début de descente était technique et les Bahrain ont en profité pour reprendre du temps. J’avais d’ailleurs bien demandé aux gars encore présents dans le peloton de se replacer pour la descente, car on savait que ça pouvait casser. C’est ce qu’il s’est produit, mais Attila et Lenny ont bien réussi à accompagner. Le fait que Bouchard ait été distancé a aussi incité le peloton à rouler vite et finalement à revenir sur l’échappée ». C’est donc au terme d’une descente ultra-rapide que le duo de tête a été repris par un groupe d’une dizaine de favoris. « On a quand même fait une descente assez rapide, ça a vraiment dû envoyer fort derrière pour nous reprendre autant de temps, confiait Michael. J’ai entendu dire qu’ils avaient peut-être profité de l’aspiration des motos, mais je n’étais pas dans le peloton, donc je ne peux pas savoir. Cela étant dit, je suis content d’être de retour à l’avant de la course. J’ai été malade plusieurs fois durant l’hiver et ça a été difficile de bien m’entraîner régulièrement. Le dernier mois a été plutôt bon, même si j’ai été malade de nouveau après la Catalogne, mais je suis content de voir que la forme revient. On verra maintenant jour après jour ». « Michael avait déjà montré de belles petites choses sur la fin du Tour de Catalogne, soulignait Thierry. On arrive dans une période qu’il aime bien, avec des courses qu’il affectionne. C’est très encourageant pour la suite ».

« À nous d’être opportunistes », Thierry Bricaud

Dans un final contrôlé par la Bahrain-Victorious dans la perspective d’un sprint, le jeune Australien a livré ses ultimes efforts dans le dernier kilomètre pour replacer Attila Valter, qui a finalement obtenu la troisième place sur la ligne d’arrivée. « La journée est passée vite, confiait le Hongrois. J’ai pu franchir les deux longues ascensions de l’étape sans difficulté. J’aurais vraiment aimé que Michael puisse tenir jusqu’à la ligne, mais quand il a été repris, il a fallu changer notre fusil d’épaule. Il avait encore la force de m’aider et j’étais en confiance pour jouer la victoire d’étape. J’ai fait mon maximum mais Pello Bilbao et Romain Bardet étaient juste plus rapides. Je suis en tout cas content de l’évolution de ma forme physique à quelques jours du Giro, et j’espère pouvoir faire encore mieux sur les trois étapes restantes de ce Tour des Alpes ». Sur la ligne, l’ancien porteur du maillot rose a été suivi par Lenny Martinez (14e) et Michael Storer (16e). « Au pied du deuxième col, on avait encore nos quatre coureurs dans le peloton, en plus des deux autres dans l’échappée, récapitulait Thierry. Thibaut n’était pas impérial, dû aux conséquences de sa chute à la Sarthe et du petit rhume qu’il a attrapé la semaine dernière. Quand il a compris qu’il ne pouvait pas s’accrocher, il s’est complètement relevé et a fini à sa main. À l’arrivée, nous en avons trois dans un groupe de seize, mais je ne suis pas spécialement surpris. Ce sont de vrais grimpeurs à potentiel. Pour Lenny, c’est évidemment encore plus prometteur de le retrouver là après seulement quelques jours de course avec la Conti. Il a fini avec de petites crampes, mais il apprend énormément et c’est encourageant. La troisième place d’Attila confirme que le collectif marche bien et notre ambition d’aller chercher une étape. Ce n’est pas passé très loin aujourd’hui, et on va recommencer. Il y a encore trois étapes qui nous conviennent, il y aura encore des mouvements de course, et ce sera à nous d’être opportunistes. Ça peut bouger dans tous les sens et c’est bien d’avoir plusieurs cartes ».

Ce mardi soir, Attila Valter pointe au troisième rang du général, à douze secondes de Pello Bilbao, alors que Michael Storer est 12e (à seize secondes) et Lenny Martinez 16e (à vingt secondes).

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr

Fabian Lienhard accroche le top 10

Cette fois-ci, les sprinteurs n’ont pris aucun risque. Et avec l’arrivée du Benelux Tour en Belgique ce jeudi, il y a donc bien eu un emballage massif à Ardooie. Au terme d’un final houleux, Tim Merlier a décroché son second succès de la semaine tandis que Fabian Lienhard a suppléé Jake Stewart au dernier moment et s’est doté de la dixième place. Stefan Küng pointe lui toujours à vingt secondes du leader au général, mais recule en quatrième position, dans le même temps que le troisième. 

« Une grosse chute après vingt mètres de course », Jussi Veikkanen

La réussite de l’échappée face au peloton mercredi, sur le Benelux Tour, aurait pu donner des idées à certains en vue de la quatrième étape, disputée en Belgique. Pourtant, seuls trois hommes ont pris les devants dans cette journée de nouveau complètement plate. Sam Bewley (BikeExchange), Arjen Livyns (Bingoal-Wallonie Bruxelles) et Thomas Sprengers (Sport Vlaanderen-Baloise) se sont ainsi extirpés après onze kilomètres sans réelle bataille. Il faut dire que les circonstances ont aussi été particulières au départ d’Aalter. « Pas grand monde n’était intéressé aujourd’hui, confirmait Jussi Veikkanen. Mais il y a eu une grosse chute après seulement vingt mètres de course. L’étape a été neutralisée quelques minutes et un nouveau départ a été donné. L’accident a néanmoins calmé et refroidi beaucoup de monde ». Chez Groupama-FDJ, aucun dégât n’était à signaler, et le peloton s’est donc reconstitué par la suite pour maîtriser l’avance du trio échappé. « Le schéma était écrit d’avance, reprenait Jussi. On connaissait le circuit final pour l’avoir déjà parcouru l’année passée. On avait simplement un petit doute quant au vent ». Les coureurs ont abordé le circuit d’Ardooie après environ cent kilomètres et ont même repris les échappés une petite vingtaine de bornes plus loin. « Le vent a rendu le peloton très nerveux, précisait Jussi. Sur une bonne partie du circuit, il soufflait de 3/4 dos voire de côté, mais il n’était pas assez fort donc ça n’a pas occasionné de dégâts ».

Cela a néanmoins conduit à un regroupement très hâtif et le peloton a donc couvert la dernière heure de course sans fuyards à pourchasser. Les esprits se sont échauffés un peu plus tard à l’occasion du kilomètre en or, situé à dix bornes de la ligne. « Miles a voulu épauler Stefan lors de ce moment clé, mais Stefan n’était pas le plus rapide en tête de peloton, ajoutait Jussi. C’était un peu improvisé, car on ne sait jamais comment ça peut se dérouler au « golden kilomètre ». S’il y avait une opportunité, on aurait aimé la saisir, mais la configuration n’était pas idéale pour Stefan. Il n’y a pas eu de bonnes surprises ». Par la suite, tout s’est reformé en vue de l’emballage final. Les trains ont fait leur apparition de part et d’autre, la vitesse a redoublé d’intensité et le duo Jake Stewart/Fabian Lienhard a eu quelques difficultés à s’extirper de la masse. « Ils étaient déjà trop loin à cinq-six bornes, sur la grande route avec le vent 3/4 face, expliquait Jussi. Ils se sont perdus et n’ont pas pu se retrouver dans le final ». Le Suisse s’est alors retrouvé seul dans la première partie du peloton. Il racontait : « C’était encore une étape nerveuse et un sprint final ultra rapide. Il y avait quelques virages dans les 2-3 derniers kilomètres. J’étais là pour emmener Jake, mais ni lui ni moi n’apprécions vraiment ces sprints hyper rapides. Il a perdu ma roue à environ deux kilomètres, je me suis retourné, je ne l’ai pas vu, mais j’ai insisté pour essayer de faire un résultat et montrer qu’on est là ».

« Toujours sympa d’être devant », Fabian Lienhard

Quelque peu bousculé dans les derniers hectomètres, le poisson-pilote helvète a été contraint de « toucher les freins », dixit Jussi Veikkanen. Il a alors dû se contenter de la dixième place du jour. « C’est bien pour quelqu’un comme moi, qui suis lanceur toute l’année, d’avoir cette sensation à l’avant du sprint de temps en temps, disait l’intéressé. C’est intéressant pour mieux comprendre comment ça se passe. Les sprinteurs en parlent toujours mais on n’est jamais là pour le vivre… J’ai donc continué mon effort et ça a donné une dixième place. Ce n’est pas extraordinaire, mais comme je l’ai dit, c’est toujours sympa d’être devant. Jake était aussi content pour moi. J’en ai rigolé avec lui, en lui disant : « t’as vu, moi aussi je sais sprinter ! » C’était une bonne étape, on a bien roulé ensemble le reste de la journée, et on va continuer en ce sens ». Au classement général, Stefan Küng a reculé d’un rang (4e) mais demeure à vingt secondes de son compatriote Stefan Bissegger, leader de l’épreuve. « Demain, on passe sur un autre terrain, plus vallonné, complétait Jussi. Le circuit final n’est pas simple, on verra comment ça se court. Je pense qu’EF va vouloir garder le maillot le plus longtemps possible. De notre côté, on essaiera de provoquer quelque chose si on en a l’opportunité ».

— Rodolphe Boulinguez to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr