Attila Valter se rassure dans une étape intense

Les purs sprinteurs, à l’honneur jeudi – à commencer par Arnaud Démare -, ont laissé leur place aux grimpeurs à l’occasion de la septième étape du Tour d’Italie tracée sur près de 200 kilomètres. Dans une journée « toboggans » destinée à l’échappée, la bagarre a été extrêmement rude pendant les deux premières heures de course. Au bout du compte, Koen Bouwman a tiré les marrons du feu ce vendredi, tandis qu’Attila Valter a franchi la ligne au sein du peloton, en quinzième position, observant ainsi une nette amélioration de ses sensations. Arnaud Démare reste lui drapé du maillot cyclamen à la veille d’une courte et indécise étape vers Naples.

« Une journée positive pour moi », Attila Valter

Le menu du jour était particulièrement consistant sur la route du Giro ce vendredi. Si l’heure n’était pas encore aux grands cols transalpins, le dénivelé positif de la septième étape figurait bel et bien parmi les plus élevés des trois semaines. Plus de 4500 mètres d’ascension étaient en effet relevés en direction de Potenza, mais cela n’a pourtant pas empêché le peloton de batailler dès les premières minutes. Et pour cause. « On s’attendait à un départ musclé, d’autant plus après l’étape d’hier qui avait été relativement tranquille, expliquait Benoît Vaugrenard. On savait que l’échappée avait de grandes chances d’aller au bout, que Trek-Segafredo allait laisser faire, mais qu’il y allait donc avoir une très grosse bataille. Ça s’est vérifié. Il a fallu plus de soixante-dix kilomètres pour voir l’échappée sortir ». Si les premiers véritables reliefs ne se sont présentés qu’après une trentaine de kilomètres, la bataille a débuté bien avant, et s’est perpétuée jusque dans la longue montée (32 kilomètres), par paliers, du Monte Sirino. Attila Valter a pleinement pris part à cette lutte. « J’ai beaucoup essayé dans les deux premières heures, racontait le Hongrois. Après seulement huit kilomètres, j’étais déjà dans le match. J’ai beaucoup attaqué, j’ai aussi suivi beaucoup d’attaques mais c’était vraiment dur de prendre l’échappée. J’étais proche de mes limites sur ces deux heures. C’est finalement parti un par un. Il fallait avoir de très bonnes jambes et trouver le bon moment. J’ai encore essayé, 3-4 fois, après que les sept coureurs sont sortis, mais le peloton n’en pouvait plus et n’a plus laissé personne sortir ». « Attila a essayé, sans réussite, mais il n’y avait pas non plus n’importe qui devant », soulignait Benoît.

En tête, Tom Dumoulin, Bauke Mollema, Davide Formolo et autres Koen Bouwman ou Wout Poels ont dès lors pu prendre le large et compter jusqu’à six minutes d’avance. Suffisant pour se jouer la victoire après l’ascension de deux difficultés supplémentaires. À Potenza, Bouwman a alors réglé un groupe de quatre hommes au sprint pour s’adjuger la victoire tandis qu’un peloton de quarante coureurs s’est présenté sur la ligne trois minutes plus tard. Attila Valter s’est mêlé au sprint pour s’octroyer une honnête quinzième place. « Il a réussi à suivre le peloton quand Ineos a accéléré, pointait Benoît. Même s’il n’était pas devant, c’est une journée rassurante pour lui. Il en avait besoin. Je pense qu’il va aller en s’améliorant sur ce Giro ». « C’était l’étape la plus difficile jusqu’à présent et j’avais de bien meilleures jambes que sur l’Etna, confirmait Attila. Je savais qu’on n’allait pas revenir sur l’échappée, mais après m’être accroché aussi longtemps, c’était aussi bien d’arriver devant pour la confiance. Je suis content de l’avoir fait. Je pense que les jambes vont mieux répondre dorénavant. C’est une journée positive pour moi. Ce n’est pas un résultat extraordinaire, mais après avoir passé quelques journées difficiles, c’est très correct d’arriver avec le groupe principal aujourd’hui. J’espère maintenant pouvoir me glisser dans des échappées comme celle du jour ».

« C’était une grosse journée », Arnaud Démare

L’ensemble de ses coéquipiers, autour d’Arnaud Démare, ont pour leur part rallié l’arrivée quarante minutes plus tard, mais sans aucune difficulté vis-à-vis des délais. « C’était une journée très difficile, témoignait Arnaud Démare, toujours orné de son maillot cyclamen du classement par points. On s’est accrochés le plus longtemps possible, mais après 25-30 kilomètres, un gros gruppetto s’était déjà formé. On était une bonne soixantaine et on a bien roulé pendant encore 90 bornes environ, notamment grâce à Miles qui imprimait un bon tempo. Quand on a su que ça temporisait un peu devant, on a nous-même géré davantage, mais c’était une grosse journée ». « Ils étaient dans le groupe où il fallait être pour arriver dans les délais, concluait Benoît. Le but était d’y rester et de rallier l’arrivée en sécurité, ce qui a été le cas. Ça a tout de même été une étape difficile et usante pour tout le monde. On arrive en fin de première semaine et les organismes vont commencer à fatiguer ». Avant de conclure le week-end avec la fameuse ascension du Blockhaus, le peloton naviguera dans la région de Naples ce samedi, pour une étape sans grandes difficultés, mais avec tout de même 2000 mètres de dénivelé positif répartis sur 155 kilomètres.

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr