Arrivé à bon port

Au lendemain d’une première journée de repos grandement appréciée par l’ensemble des coureurs, le Tour de France a repris sa route, qui le menait ce mardi d’Albertville à Valence. Malgré une dernière heure sous tension en raison des risques de bordures, la victoire du jour s’est, comme attendue, disputée au sprint et Mark Cavendish s’est imposé. Excellemment protégé par Stefan Küng, David Gaudu a franchi la ligne au sein du peloton principal, conservant donc sa dixième place provisoire au classement général.

« On était bien dedans », Stefan Küng

À l’occasion du lancement de la deuxième semaine du Tour, Albertville faisait office de porte de sortie des Alpes, au surlendemain d’un week-end ayant provoqué de sérieux dégâts au sein du peloton. Depuis la cité olympique, il fallait alors parcourir près de 200 bornes, fictif inclus, en direction de Valence et la vallée du Rhône pour un très probable sprint massif. Le schéma a de fait été celui attendu, puisque seulement deux hommes sont sortis dès les premiers hectomètres, facilitant donc la tâche des équipes de sprinteurs. « Miles pouvait éventuellement accompagner des gros coups si l’opportunité se présentait, mais ça n’a pas été le cas, indiquait Thierry Bricaud. Stefan a tenté une petite offensive entre Suisses, mais Deceuninck-Quick Step a immédiatement contrôlé. Dès lors, c’était naturellement tout pour David ». En tête de course, Tosh Van der Sande (Lotto-Soudal) et Hugo Houle (Astana-Premier Tech) ont eux compté jusqu’à six minutes d’avance, sans jamais néanmoins inquiéter le peloton.

À la faveur du sprint intermédiaire, le paquet s’est même rapproché à moins de deux minutes puis a maintenu une bonne allure en longeant le massif du Vercors. Ce n’est toutefois que dans les soixante derniers kilomètres que la nervosité s’est accentuée, tandis que le ciel se faisait de plus en plus menaçant, et qu’une – légère – difficulté était encore à franchir avant d’aller chercher Valence. « On s’attendait à avoir du vent dans la vallée sur le final, et ça a commencé à accélérer dans la petite bosse à quarante-cinq kilomètres de l’arrivée, racontait Stefan Küng, au plus près de David Gaudu. BikeExchange a tout mis à ce moment-là, mais ils n’avaient plus personne pour rouler au sommet donc ça s’est calmé. Avec David, on est restés aux avant-postes pour ne pas se faire piéger. On a eu un peu chaud à un certain moment, mais on était quand même bien dedans et tout le temps à l’avant. C’était important de rester devant car ça s’est vraiment très étiré à plusieurs reprises. On s’en est bien sortis ».

« Il peut y avoir des surprises », Thierry Bricaud

Peu avant l’entrée dans les dix derniers kilomètres, le rouleur suisse et le grimpeur breton sont remontés dans les toutes premières positions du paquet, ont même effectué quelques relais, et ont largement passé le cut des cent premiers coureurs. « C’était tendu car les routes étaient dégagées et qu’il y avait du vent, reprenait Thierry. Pas suffisamment pour que ça pète franchement, mais assez pour que ça reste dangereux. De ce point de vue, Stefan a fait un excellent travail. Il a piloté David sur tout le final, il lui a permis de rester en sécurité, et c’était le plus important ». « David a confiance en moi, ajoutait Stefan. Du coup, je sais qu’il est dans ma roue. Et s’il ne l’est pas, il m’alerte. On fonctionne bien comme ça ». Les deux hommes ont même franchi la ligne quasiment roue dans roue, peu après la vingtième place. Le leader de la Groupama-FDJ demeure ainsi au dixième rang du général avant la double ration du Mont Ventoux programmée mercredi. « C’est un vrai terrain de jeu pour le général, assure Thierry. C’est déjà compliqué de passer le Ventoux une fois, donc il peut évidemment y avoir des surprises avec cette double ascension ».

Ce mardi, l’ensemble des coureurs de l’équipe est arrivé à bon port du côté de Valence, y compris Bruno Armirail malgré une faiblesse passagère. « Bruno a pris un gros coup de froid dimanche, et ça n’allait pas hier, précisait Thierry. On ne savait pas comment il allait réagir au réveil ce matin, mais ça allait visiblement plutôt mieux. Étant donné l’état dans lequel il était hier, il est normal qu’il ait passé une journée compliquée aujourd’hui. Il finit néanmoins sans problème dans un petit gruppetto. Ce sera peut-être encore un peu compliqué pour lui demain, mais ça repartira dans le bon sens ensuite ».  

— Alexandre to www.equipecycliste-groupama-fdj.fr